Des centaines de milliers d'Ukrainiens ont fui la guerre.

Guerre en Ukraine : l’OIT suspend toute coopération avec la Russie tant que le conflit durera

© IOM/Muse Mohammed
Des centaines de milliers d'Ukrainiens ont fui la guerre.

Guerre en Ukraine : l’OIT suspend toute coopération avec la Russie tant que le conflit durera

À l’ONU

L’Organisation internationale du travail (OIT) a décidé, mercredi, de suspendre son assistance technique à la Russie jusqu’à l’arrêt de la guerre en Ukraine.

« Le Conseil d’administration du Bureau international du Travail décide de suspendre provisoirement toute activité de coopération ou d’assistance technique de l’OIT en faveur de la Fédération de Russie, jusqu’à ce qu’un cessez-le-feu soit convenu et qu’un règlement pacifique soit mis en œuvre », a annoncé cette organisation onusienne basée à Genève.

Dans ce texte voté mercredi, le Conseil d’administration de l’OIT estime que seule l’aide humanitaire pourra faire l’objet d’une collaboration avec la Russie tant que la guerre se poursuit.

La résolution (42 Oui, 2 Non et 8 Abstentions) suspend ainsi les invitations conviant Moscou à participer à toutes les techniques et d’experts. Autre décision, les représentants russes ne seront plus conviés aux réunions qui dépendent du Conseil d’administration.

L’OIT estime que « l’agression contre l’Ukraine que continue de mener la Russie, aidée en cela par le gouvernement du Bélarus, est clairement incompatible avec les buts et objectifs de l’Organisation et avec les principes régissant sa composition ». Par conséquent, elle demande à Moscou d’empêcher davantage « d’impacts dévastateurs » pour les patrons et les travailleurs en Ukraine.

Les Etats doivent eux faire en sorte que ce pays cesse son offensive et arrête de violer les droits des travailleurs, dit la résolution. Le texte demande aussi à Moscou de mettre fin aux souffrances infligées à la population ukrainienne et à s’abstenir de continuer à recourir de manière illégale à la menace ou à l’emploi de la force contre tout État Membre.

Un rapport sur cette résolution attendu en juin prochain

Il s’agit de s’engager sur la voie d’un règlement pacifique, conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international.

Par ailleurs, le Conseil est « très inquiet » des victimes civiles et de la destruction d’infrastructures civiles, mais aussi «l’impact grave sur les travailleurs et les employeurs» qui poursuivent leur activité malgré les violences. Il dénonce les assauts contre les centres de santé, des écoles, des services de transport, des entreprises et des centrales nucléaires, relevant qu’une telle situation fait empirer les difficultés d’accès humanitaire.

A long terme, le Conseil s’est dit préoccupé par l’effet sur les revenus des Ukrainiens et sur l’économie du pays en raison des déplacements massifs et des dommages sur les lieux de travail.

Dans ces conditions, l’OIT demande à la Russie de mettre un terme aux affrontements et de retirer ses troupes.

Dans le même temps, toutes les parties de garantir une possibilité de quitter l’Ukraine à ceux qui le souhaitent, notamment aux marins, de même que celle d’une aide humanitaire.

Plus largement, le Conseil décide de rester saisi de cette question et demande au Directeur général de suivre la situation en Ukraine et de lui soumettre pour examen à sa 345e session (juin 2022) un rapport sur l’application de la présente résolution, y compris toute recommandation jugée nécessaire, en vue de faire face aux conséquences de l’agression en cours commise par la Russie sur les activités de l’OIT, son mandat et ses mandants tripartites en Ukraine.

L’Assemblée de l’UIP invoque la diplomatie parlementaire

De son côté, l’Union interparlementaire (UIP) veut mettre favoriser la diplomatie parlementaire pour mettre un terme à la guerre en Ukraine.

Par une résolution présentée par la délégation néo-zélandaise et adoptée ce mercredi 23 mars par consensus, l’UIP exhorte les parlementaires russes et ukrainiens « à promouvoir les initiatives visant à mettre fin aux hostilités et à résoudre les différends par des moyens pacifiques et diplomatiques ». Le texte appelle l’UIP à servir d’intermédiaire en offrant ses bons offices pour favoriser le dialogue.

A ce sujet, l’Assemblée composée de délégués de quelque 120 Parlements membres préconise la création d’un Groupe de travail sur le terrain. Celui-ci sera composé de représentants de ses différents groupes géopolitiques et chargé de faciliter « l’action des parlements dans la recherche de solutions pacifiques ».

Lors de la 144e Assemblée de l’UIP, tenue à Nusa Dua (Indonésie), des centaines de parlementaires venus des quatre coins de la planète ont condamné “l’usage de la force en cours, perpétré par la Fédération de Russie contre l’Ukraine, en violation de la Charte des Nations Unies, en particulier du principe de souveraineté et d’intégrité territoriale”, dans une résolution relative à un point d’urgence.

Neuf pays dont l’Afrique du Sud et la Chine ont exprimé des réserves sur le texte

Ce point d’urgence, avait été proposé par la délégation néo-zélandaise le 21 mars, sous le titre Résolution pacifique de la guerre en Ukraine, dans le respect du droit international, de la Charte des Nations Unies et de l’intégrité territoriale. Sur les 120 Parlements membres, neuf pays ayant exprimé des réserves sur la résolution Il s’agit de l’Afrique du Sud, Bahreïn, Bélarus, Chine, Émirats arabes unis, Iran Syrie, Viet Nam et Zimbabwe.

Sur un autre plan, la résolution manifeste les inquiétudes des parlementaires quant à la menace que la guerre en Ukraine fait peser sur la paix et la sécurité à long terme de l’Europe. Ses larges répercussions sur la sécurité mondiale sont « susceptibles d’engendrer des incertitudes économiques et des problèmes complexes à l’échelle mondiale ».

Le texte appelle donc tous les Parlements membres de l’UIP à soutenir « tous les efforts pacifiques pouvant contribuer à une désescalade de la violente attaque militaire actuellement menée contre les populations et les villes d’Ukraine ». Les Parlements membres de l’UIP sont également invités à faciliter l’aide humanitaire apportée aux populations qui fuient cette guerre, et à veiller à la participation pleine et égale des femmes aux dialogues de paix entre les parlementaires des deux pays.