L’ONU adopte un pacte pour aider les Pays les moins avancés à se remettre de la Covid-19 et à prospérer à long terme

La dépendance excessive à l’égard des activités traditionnelles telles que l’agriculture a laissé beaucoup de pays les moins avancés (PMA) extrêmement vulnérables au choc économique causé par la Covid-19.
UNICEF/Asselin
La dépendance excessive à l’égard des activités traditionnelles telles que l’agriculture a laissé beaucoup de pays les moins avancés (PMA) extrêmement vulnérables au choc économique causé par la Covid-19.

L’ONU adopte un pacte pour aider les Pays les moins avancés à se remettre de la Covid-19 et à prospérer à long terme

Développement durable (ODD)

Deux ans après le début de la pandémie de Covid-19, les États membres des Nations Unies ont adopté jeudi un nouveau pacte pour aider les pays dont les vulnérabilités ont été les plus exposées par cette pandémie.

La catégorie des Pays les moins avancés a été créée il y a 50 ans par les Nations Unies. Elle compte actuellement 46 pays, la plupart d'entre eux se situant en Afrique.

Depuis le début de la pandémie, ces pays ont souffert d'inégalités en matière de vaccins, de ressources insuffisantes pour lutter contre la pandémie et d'une escalade de la dette.

L'accord d'aujourd'hui, connu sous le nom de Programme d'action de Doha, vise à garantir que les PMA soient fermement replacés au sommet de l'agenda international. Il a été adopté à l’ouverture de la 5e Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA5), qui s’est ouverte jeudi à New York et se poursuivra en mars prochain à Doha.

A l'ouverture de la conférence, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a appelé à aider les Pays les moins avancés à se relever de la Covid-19 à court terme et à prospérer sur le long terme.

Leur vulnérabilité aujourd’hui « ne relève peut-être pas des mêmes causes qu’il y a 50 ans », a dit M. Guterres, citant notamment la Covid-19 et le changement climatique. Mais, il a estimé que les résultats sont les mêmes : inégalité, faim, pauvreté, défaillance des infrastructures, concurrence pour l’accès à des ressources qui s’amenuisent, insécurité et conflit.

Selon le chef de l’ONU, « les espoirs, les rêves, les vies et les moyens de subsistance d’un huitième de l’humanité reposent entre les pages du Programme d’action de Doha ».

Il a salué le soutien du Qatar et « la détermination de tous les pays ici présents à faire avancer ce programme, notamment en aidant 15 pays supplémentaires parmi les moins avancés à quitter cette catégorie d’ici 2031 et à ne plus y retourner ».

Cinq éléments essentiels

Le Secrétaire général a rappelé cinq éléments essentiels qui figurent dans le Programme d’action de Doha et « qui aideront les pays les moins avancés à se relever à court terme, à atteindre les Objectifs de développement durable à moyen terme, et à se développer et prospérer sur le long terme ».

Le premier de ces éléments vitaux est l’accès aux vaccins.

Alors que les fabricants produisent 1,5 milliard de doses par mois, près de trois milliards de personnes – vivant pour la plupart dans les pays les moins avancés – attendent toujours leur première injection, a noté M. Guterres.

« Notre monde ne peut pas se permettre un redressement de la Covid-19 à deux vitesses. Malgré les nombreuses autres crises que nous connaissons aujourd’hui, nous devons atteindre notre objectif de vacciner 70% de la population de tous les pays d’ici le milieu de l’année », a-t-il dit.

Le deuxième élément vital est un système financier mondial qui donne la priorité aux besoins des pays les moins avancés.

« Plus que jamais, les pays en développement doivent investir dans des secteurs vitaux pour réduire la pauvreté et accroître la résilience : création d'emplois, protection sociale élargie, sécurité alimentaire, soins de santé universels, éducation de qualité et connectivité numérique », a dit le Secrétaire général. « Mais ils sont confrontés à un système financier mondial moralement en faillite qui fait obstacle ».

Selon lui, « cela doit changer – en commençant par réformer l'architecture financière internationale pour soutenir tous les pays ».

Le troisième élément vital consiste à soutenir les transformations structurelles dans les PMA.

« Les PMA ont besoin d'un soutien à la transformation structurelle – maintenant. Ils ont besoin de soutien pour accroître leur participation aux chaînes de valeur mondiales – maintenant », a déclaré le chef de l’ONU.

Selon lui, cela signifie investir dans une main-d'œuvre en bonne santé, éduquée et qualifiée qui peut stimuler la croissance économique ; moderniser les infrastructures et les réseaux de transport et faciliter les flux commerciaux pour réduire les coûts et accroître l'efficacité ; réaliser les avantages de la connectivité numérique universelle, afin que les entreprises puissent être compétitives et prospérer dans l'économie mondiale ; transformer les secteurs extractifs et créer des emplois et des économies plus vertes ; et promouvoir des règles commerciales ouvertes et équitables.

Le quatrième élément vital est l'action climatique.

« Les pays les moins avancés ne sont pas à l'origine de la crise climatique. Mais ils vivent avec ses pires impacts », a rappelé M. Guterres.

Selon lui, les PMA ont besoin d'un soutien technique et financier massif pour déclencher une transition juste vers les énergies renouvelables et les emplois verts. Ils ont également besoin d'un soutien massif pour renforcer leur résilience face aux impacts qui les frappent déjà.

Le cinquième élément vital est la paix et de la sécurité.

« Aujourd'hui, nous sommes confrontés au plus grand nombre de conflits violents depuis 1945. Et les pays les moins avancés représentent la grande majorité de ces points chauds », a noté M. Guterres.

« La paix et la sécurité ne peuvent s'installer en l'absence de développement. Le développement ne peut pas non plus prendre racine en l'absence de paix et de sécurité », a-t-il souligné.

Il a rappelé que sa proposition de nouvel agenda pour la paix appelle la communauté mondiale à travailler comme une seule et même famille humaine pour s'attaquer aux racines des conflits violents en investissant dans le développement.

« Cela inclut un nouveau contrat social au sein de toutes les sociétés » incluant la couverture maladie universelle, et l'éducation et à la formation de tous, a-t-il dit. « Et nous devons mettre en place des institutions nationales et des systèmes judiciaires inclusifs et résilients à la corruption et aux abus de pouvoir, ancrés dans les droits de l'homme et l'Etat de droit ».