Bélarus : l’ONU demande la libération immédiate des prisonniers politiques

Des manifestants lors de la Marche pour la paix et l'indépendance à Minsk, au Bélarus (photo d'archives).
Unsplash/Andrew Keymaster
Des manifestants lors de la Marche pour la paix et l'indépendance à Minsk, au Bélarus (photo d'archives).

Bélarus : l’ONU demande la libération immédiate des prisonniers politiques

Droits de l'homme

Au moins un millier d’activistes, membres de l’opposition et journalistes sont détenus au Bélarus sur la base d’« accusations politiquement motivées », a dénoncé jeudi la Cheffe des droits de l’homme de l’ONU, qui a appelé à leur libération.

« 1085 personnes sont actuellement emprisonnées pour des motifs politiques, dont des défenseurs des droits humains, des journalistes, des membres de l’opposition et de simples citoyens », a déclaré la Haute-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet.

Selon les informations recueillies par l’ONU, la torture et les mauvais traitements étaient « généralisés et systématiques » depuis les manifestations de grande ampleur ayant suivi la crise post-électorale de 2020.

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S’exprimant devant le Conseil des droits de l’homme, Mme Bachelet a exhorté le gouvernement du Bélarus à « libérer immédiatement tous les prisonniers condamnés pour des motifs politiques ».

Il s’agit aussi de mettre fin à toutes les autres violations des droits de l’homme en cours, notamment la répression systématique de la société civile, des médias indépendants et des groupes d’opposition.

L’ONU dénonce une situation de complète impunité

Le rapport présenté ce jeudi montre qu’entre mai 2020 et mai 2021, au moins 37.000 personnes ont été détenues, dont beaucoup ont été placées en détention administrative pour une durée pouvant aller jusqu’à 15 jours. Sur ce total, quelque 13.500 personnes ont été arrêtées et détenues arbitrairement entre le 9 et le 14 août seulement.

Selon l’ONU, les personnes étant ciblées pour leur opposition réelle ou supposée au gouvernement ou aux résultats des élections.

« Les actions à grande échelle menées par les autorités pour écraser la dissidence et réprimer la société civile, les médias indépendants et les groupes d’opposition, tout en protégeant les auteurs de ces actes, témoignent d’une situation d’impunité totale au Bélarus », avait déclaré la semaine dernière Mme Bachelet.

Les derniers épisodes de cette répression ont eu lieu lors des manifestations sur le référendum constitutionnel du 27 février 2022. Au moins 908 personnes auraient été placées en détention. Selon les services de la Haute-Commissaire Bachelet, Minsk tente de supprimer toute forme de critique, et empêche toute reddition des comptes de la justice.

Michelle Bachelet en appelle aux autres juridictions des Etats membres

En l’absence d’enquêtes efficaces, il n’est pas raisonnable d’attendre des systèmes nationaux qu’ils rendent justice. D’autant que l’ampleur et les caractéristiques des violations identifiées dans le présent rapport, ainsi que les preuves d’une politique officielle concernant leur exécution collective par de multiples organes de l’État, « justifient une évaluation plus approfondie, notamment du point de vue du droit pénal international applicable ».

En outre, Mme Bachelet demande des enquêtes rapides, transparentes et indépendantes. Compte tenu des circonstances actuelles au Bélarus, d’autres États membres peuvent également œuvrer de manière complémentaire à l’établissement des responsabilités par le biais de procédures nationales, sur la base des principes reconnus de compétence extraterritoriale et universelle, conformément aux normes internationales, a-t-elle insisté.

Face au tableau décrit par la Cheffe des droits de l’homme de l’ONU, la délégation du Belarus a rejeté son rapport. Selon Minsk, le document est truffé d’allégations et de fausses accusations.

« Ses conclusions et recommandations visent à soutenir toutes les structures et organisations, tant qu’elles travaillent contre le Belarus », a regretté, Andrei Taranda, Conseiller de la Mission permanente du Bélarus auprès de l’ONU à Genève.