Une mère tient son nouveau-né dans les bras dans un hôpital de Kyïv, en Ukraine.

Face à une situation qui s’aggrave en Ukraine, l’ONU alloue 40 millions de dollars de plus à l’aide humanitaire

© UNICEF/Andriy Boiko
Une mère tient son nouveau-né dans les bras dans un hôpital de Kyïv, en Ukraine.

Face à une situation qui s’aggrave en Ukraine, l’ONU alloue 40 millions de dollars de plus à l’aide humanitaire

Aide humanitaire

Alors que la situation en Ukraine ne cesse de s’aggraver au dix-neuvième jour de l’invasion russe, le Secrétaire général de l’ONU a annoncé lundi un accroissement de l’assistance humanitaire pour venir en aide aux Ukrainiens dans le besoin. 

Lors d’un point de presse au siège des Nations Unies à New York, António Guterres a également prévenu des lourdes conséquences de la guerre en Ukraine sur le système alimentaire mondial.

Selon le Secrétaire général de l’ONU, « à chaque heure qui passe, deux choses deviennent de plus en plus claires : Tout d'abord – la situation ne cesse de s'aggraver. Et deuxièmement, quelle que soit l'issue, cette guerre n'aura pas de gagnants, mais que des perdants».

« Les Nations Unies et les partenaires humanitaires s'efforcent d'assurer un passage sûr depuis les zones assiégées et de fournir une aide là où la sécurité le permet. Plus de 600.000 personnes ont reçu une forme d'aide », a-t-il dit, soulignant « l'importance cruciale du respect du droit international humanitaire ».

Au moins 1,9 million de personnes sont déplacées à l'intérieur de l’Ukraine et plus de 2,8 millions de personnes ont quitté le pays pour trouver refuge ailleurs.

Alors que des millions de personnes en Ukraine sont confrontées à la faim et à la diminution de l'approvisionnement en eau et en médicaments, António Guterres a annoncé ce lundi que les Nations Unies allaient allouer 40 millions de dollars supplémentaires du Fonds central d'intervention d'urgence (CERF) pour accroître l'aide humanitaire.

Ce financement aidera à acheminer de la nourriture, de l’eau, des médicaments, ainsi qu'à fournir une aide en espèces à ceux qui en ont besoin.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU, Martin Griffiths, qui gère le CERF, a noté qu’il s'agit de la deuxième allocation depuis le début de l’invasion russe. L’octroi de 20 millions de dollars avait été annoncé le 24 février.

« Face à cette crise sinistre et qui s'aggrave, nous mobilisons un effort de secours massif », a déclaré M. Griffiths, qui a rappelé qu’un appel de fonds éclair de 1,7 milliard de dollars a également été lancé le 1er mars à Genève.

Eviter un « ouragan de faim »

Le Secrétaire général de l’ONU a aussi prévenu que cette guerre allait bien au-delà de l'Ukraine et qu’elle pesait notamment sur les pays en développement.

La Russie et l'Ukraine représentent en effet plus de la moitié de l'approvisionnement mondial en huile de tournesol et environ 30% de l’approvisionnement en blé.

L'Ukraine fournit à elle seule plus de la moitié de l'approvisionnement en blé du Programme alimentaire mondial (PAM). 

Quarante-cinq pays africains et pays les moins avancés importent au moins un tiers de leur blé d'Ukraine ou de Russie, et 18 de ces pays en importent au moins 50%. Cela comprend des pays comme le Burkina Faso, l'Égypte, la République démocratique du Congo, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et le Yémen.

António Guterres a appelé le monde entier à faire tout son possible pour éviter un « ouragan de faim » et un effondrement du système alimentaire mondial.

Dans ce contexte, il a annoncé la création d'un Groupe mondial de réponse aux crises en matière d’alimentation, d'énergie et de financement au sein du Secrétariat de l'ONU.

Il a également demandé à la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, de diriger un comité directeur interinstitutions avec des partenaires pour superviser cet effort.

Des réfugiés ukrainiens à Varsovie, en Pologne.
© IFRC
Des réfugiés ukrainiens à Varsovie, en Pologne.

Réunion du Conseil de sécurité sur la coopération de l’ONU avec l’OSCE 

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la coopération entre l’ONU et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une organisation régionale de sécurité, la cheffe des affaires politiques de l’ONU, Rosemary DiCarlo, a souligné que le conflit en Ukraine illustrait « de façon éclatante l'importance des mécanismes pour maintenir et renforcer la paix et la sécurité européennes et internationales ».

« Conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies, l'OSCE travaille en complément de l'ONU, notamment pour résoudre les conflits dans la région », a rappelé Mme DiCarlo.

Selon elle, la guerre en Ukraine est « le test le plus sévère auquel l'OSCE et les cadres régionaux connexes aient été confrontés depuis leur création ». « L'invasion russe a profondément ébranlé les fondements de l'architecture de sécurité européenne », a-t-elle ajouté.

La cheffe des affaires politiques s’est dite préoccupée par « le démantèlement des mesures de confiance depuis longtemps établies, des traités de maîtrise des armements et d'autres cadres qui ont été conçus et convenus pour soutenir la sécurité régionale ».

« Les processus dirigés par l'OSCE et soutenus par la communauté internationale sont désormais ouvertement remis en question par les parties qui y participent », a estimé Mme DiCarlo.

« L'ONU soutient tous les efforts visant à restaurer la confiance et le respect mutuels entre les parties prenantes régionales, ce qui est essentiel pour préserver le continent de nouveaux conflits et le monde d'une nouvelle instabilité », a-t-elle ajouté.