Guerre en Ukraine : l’ONU salue l’accord russo-ukrainien sur des passages humanitaires sécurisés

Des mères fuient l'Ukraine avec leurs enfants et entrent en Roumanie à la frontière de Siret.
© UNICEF/Alex Nicodim
Des mères fuient l'Ukraine avec leurs enfants et entrent en Roumanie à la frontière de Siret.

Guerre en Ukraine : l’ONU salue l’accord russo-ukrainien sur des passages humanitaires sécurisés

Aide humanitaire

Les Nations Unies ont salué, vendredi, « les informations selon lesquelles les deux parties (Ukraine et Russie) avaient accepté d’organiser des « couloirs humanitaires » pour l’évacuation des civils des zones de combats.

Si l’ONU n’avait pas encore été notifiée formellement de cet accord vendredi en fin de matinée, elle attend de Moscou et de Kiev qu’ils veillent à ce que le passage soit organisé de manière à garantir la sécurité, la dignité et la protection des civils.

« Les organisations humanitaires sont prêtes à travailler avec les parties pour protéger et soigner les civils, qu’ils choisissent de rester ou de quitter les zones concernées », a déclaré lors d’un point de presse de l’ONU à Genève, Jens Laerke, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Selon l’ONU, quatre millions de personnes pourraient vouloir quitter le pays pour échapper à la guerre.

Dans son dernier rapport de situation, l’OCHA indiquait qu’un nombre croissant de personnes sont prises au piège dans des villes constamment attaquées, les évacuations n’ayant pas été possibles dans certains endroits.

« Les organisations humanitaires devraient avoir un accès sûr, sans entrave et durable à ces zones », a ajouté M. Laerke, relevant que « des millions de personnes ont besoin d’urgence d’un passage sûr, d’une protection et d’une aide humanitaire vitale ».

Des personnes fuyant l'Ukraine arrivent dans une gare à Przemysl, en Pologne.
© IOM/Francisco Malavolta
Des personnes fuyant l'Ukraine arrivent dans une gare à Przemysl, en Pologne.

Plus de 1,2 million de réfugiés ukrainiens, selon le HCR

Ces derniers jours, de nombreuses villes ont été la cible de bombardements incessants qui ont causé d’importants dégâts aux infrastructures essentielles et restreint davantage l’accès aux services vitaux. les principaux centres urbains, tels que Kharkiv (est), Kherson (sud), Marioupol (sud-est) et la capitale Kiev, ont été le théâtre des affrontements les plus intenses depuis le début de l’offensive militaire russe, le 24 février.

« Les localités situées le long de la ligne de contact dans des localités de Donetsk et de Louhansk, comme Volnovakha, Shchastia et Stanytsia Louhansk, ont été presque entièrement dévastées », a souligné l’OCHA dans son rapport. Les zones les plus touchées du pays sont confrontées à une « crise humanitaire de grande ampleur ».

Alors que les affrontements s’intensifient, un nombre croissant de personnes sont déplacées chaque jour en Ukraine et au-delà des frontières internationales. Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), 1,2 million de personnes ont fui l’Ukraine. Ce sont pratiquement près de 200.000 personnes de plus que lors du précédent décompte jeudi.

La Pologne accueille de très loin le plus grand nombre, avec 649.903 réfugiés. La Hongrie a accueilli 144.738 ou 12% du total. Pour la Moldavie, le nombre de réfugiés a bondi, passant à 103.254 soit 9,2% du nombre total.

Quelque 90.329 personnes se sont réfugiées en Slovaquie, soit 7,5% du total, selon le HCR. En Roumanie, l’Agence onusienne dénombre 57.194 réfugiés soit environ 4,7% du total. Le HCR a aussi précisé que 110.876 personnes (9,2% du total) avaient poursuivi leur route, une fois la frontière ukrainienne franchie, vers d’autres pays européens.

Une femme et son fils de deux ans quittent Odessa et entrent en Roumanie au poste frontière d'Isaccea.
© UNICEF/Ioana Moldovan
Une femme et son fils de deux ans quittent Odessa et entrent en Roumanie au poste frontière d'Isaccea.

L’UNICEF craint plus de morts et de déplacements d’enfants

Quelque 53.300 personnes ont aussi trouvé refuge en Russie, soit 4,4% du nombre total.

Parmi ces 1,2 million de réfugiés, 500.000 sont enfants contraints de fuir l’escalade du conflit en sept jours seulement. « C’est un phénomène sans précédent par son ampleur et sa rapidité », a affirmé lors d’une conférence de presse, James Elder, porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

L’agence redoute plus de morts et plus de déplacements d’enfants « si la violence et les munitions explosives ne cessent pas ». D’autant qu’au milieu de ces « bombardements qui secouent l’Ukraine », d’autres dizaines de milliers d’enfants se trouvent dans des institutions pour enfants ou dans les hôpitaux ».

« Des millions d’autres risquent d’être pris dans la violence alors que les combats s’intensifient dans et autour des principaux centres urbains du pays », a dit le porte-parole de l’UNICEF. Des enfants ont été tués ou blessés. « Alors que les combats se poursuivent, la nuit dernière, des milliers d’enfants ont passé une nouvelle nuit glaciale et terrifiante dans des bunkers, leurs maisons étant assiégées », a insisté M. Elder.

Face aux violences, les besoins humanitaires à travers le pays « se multiplient d’heure en heure ». Des centaines de milliers de personnes n’ont pas accès à l’eau potable en raison des dégâts subis par les infrastructures du réseau d’adduction d’eau et beaucoup n’ont pas accès à d’autres services essentiels comme les soins de santé.

Des réfugiés ukrainiens reçoivent de la nourriture après être entrés en Pologne au poste frontière de Medyka.
© HCR/Valerio Muscella
Des réfugiés ukrainiens reçoivent de la nourriture après être entrés en Pologne au poste frontière de Medyka.

Un convoi de l’UNICEF attendu samedi, après le matériel de traumatologie et de chirurgie d’urgence de l’OMS

Le premier convoi humanitaire de l’UNICEF arrivera samedi en Ukraine. Il apportera des fournitures médicales d’urgence, des kits d’eau, d’assainissement et d’hygiène, ainsi que des médicaments et du matériel chirurgical.

Les besoins en matière de santé continuant d’ailleurs de croître de manière significative chaque jour. D’une manière générale, les partenaires humanitaires fournissent des équipements et des fournitures médicales essentiels, notamment des kits de traitement des blessures, afin d’aider les systèmes de santé locaux à traiter les personnes souffrant de traumatismes, de brûlures, de blessures par balle et d’autres blessures liées au conflit.

De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a expédié hier jeudi 36 tonnes de matériel de traumatologie et de chirurgie d’urgence. La cargaison permettra de répondre aux besoins de 1.000 patients, et d’autres fournitures sanitaires pour répondre aux besoins de 150.000 personnes.

Plus largement, les organisations humanitaires s’efforcent d’adapter et d’ajuster leurs approches de livraison afin de continuer à fournir une aide malgré les limitations opérationnelles auxquelles elles sont confrontées. Dans les régions les plus touchées de l’est de l’Ukraine, les agences onusiennes et leurs partenaires humanitaires mettent en place des abris temporaires pour les personnes déplacées de Donetsk, Louhansk et Kharkiv, tout en continuant à fournir des articles ménagers essentiels aux abris déjà établis.