Réunion d’urgence de l’Assemblée générale sur l’Ukraine : le chef de l’ONU appelle à l’arrêt immédiat des combats

28 février 2022

L’Assemblée générale des Nations Unies a tenu lundi une réunion d’urgence sur la situation en Ukraine cinq jours après le début de l’offensive russe contre ce pays. Le Secrétaire général de l’ONU a appelé à l’arrêt immédiat des combats.

« Les combats en Ukraine doivent cesser. Ils font rage dans tout le pays, depuis les airs, la terre et la mer. Il faut que cela s'arrête maintenant », a déclaré le chef de l’ONU, António Guterres, au début de cette réunion d’urgence.

« Les missiles et les bombardements aériens russes frappent jour et nuit les villes ukrainiennes », a-t-il ajouté. « Cette escalade de la violence, qui se solde par la mort de civils, y compris d'enfants, est totalement inacceptable. Trop c'est trop. Les soldats doivent retourner dans leurs casernes. Les dirigeants doivent s’orienter vers la paix. Les civils doivent être protégés ».

Solution diplomatique

Selon le Secrétaire général, « il n'est jamais trop tard pour s'engager dans des négociations de bonne foi et régler pacifiquement tous les problèmes ». Il a souhaité que les pourparlers directs qui se déroulent actuellement entre des délégations ukrainienne et russe « aboutissent non seulement à un arrêt immédiat des combats, mais aussi à une solution diplomatique ».

La réunion d’urgence de l’Assemblée générale des Nations Unies a été organisée à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU. Les membres du Conseil, lors d’un vote procédural dimanche, ont adopté une résolution réclamant cette session extraordinaire.

Depuis 1950, le Conseil de sécurité, qui compte quinze membres, a très rarement utilisé cette procédure pour réclamer une réunion d’urgence de l’Assemblée générale, qui réunit 193 Etats membres.

Vendredi, la Russie a opposé son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité qui déplorait l'invasion de l’Ukraine par la Russie. La Chine, l'Inde et les Émirats arabes unis se sont abstenus, tandis que les 11 membres restants ont voté pour.

La menace nucléaire

Outre la tragédie en Ukraine, le Secrétaire général de l’ONU a souligné lundi que le monde était confronté « à une crise régionale majeure avec des implications potentiellement désastreuses pour nous tous ».

« Hier, les forces nucléaires russes ont été mises en alerte maximale. C'est une évolution effrayante. La simple idée d'un conflit nucléaire est tout simplement inconcevable. Rien ne peut justifier l'utilisation d'armes nucléaires », a-t-il déclaré.

Il a également estimé que la guerre en Ukraine pourrait déboucher sur « la pire crise humanitaire et de réfugiés en Europe depuis des décennies, le nombre de réfugiés et de déplacés internes se multipliant de minute en minute ».

Le chef de l’ONU a souligné que « les Nations Unies travaillaient « 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour évaluer les besoins humanitaires et intensifier la fourniture d'une aide vitale ».

Il a rappelé qu’il avait alloué 20 millions de dollars du Fonds central d'intervention d'urgence pour soutenir les opérations d'urgence le long de la ligne de contact dans régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk et dans d'autres parties du pays et qu’il avait nommé Amin Awad au poste de  Coordinateur de crise des Nations Unies pour l'Ukraine.

Il a indiqué que l’ONU lancerait mardi deux appels de fonds d'urgence pour l'Ukraine et la région, l'un répondant aux besoins humanitaires croissants à l'intérieur du pays et l'autre répondant aux besoins des personnes traversant les frontières internationales pour chercher refuge dans les pays voisins de l'Ukraine.

Le Président de l’Assemblée générale réclame un retour complet à la diplomatie et au dialogue

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Abdulla Shahid, a également appelé lundi « à un cessez-le-feu immédiat, à ce que toutes les parties fassent preuve d'un maximum de retenue, et à un retour complet à la diplomatie et au dialogue ».

« La Charte des Nations Unies, rédigée si peu de temps après la Seconde Guerre mondiale, est fondée sur le principe de l'égalité souveraine. Elle décrit un monde où les États membres règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, sans menace, ni recours à la force », a-t-il souligné dans son discours lors de la réunion d’urgence de l’Assemblée générale.

« L'offensive militaire en cours est incompatible avec cela. C'est un affront aux fondateurs de cette organisation et à tout ce qu'elle représente. La violence doit cesser », a-t-il ajouté. « Le droit humanitaire et le droit international humanitaire doivent être respectés. Et la diplomatie et le dialogue doivent prévaloir ».

Le Procureur de la CPI décide de procéder à l’ouverture d’une enquête

Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.
Photo : ONU/Rick Bajornas
Le siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

Le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a annoncé lundi qu’il avait décidé de procéder à l'ouverture d'une enquête sur la situation en Ukraine, « aussi rapidement que possible ».

L'Ukraine n'est pas un État partie au Statut de Rome de la CPI, ce pays ne peut donc pas lui-même soumettre la situation au bureau du Procureur, a-t-il précisé.

« J'ai examiné les conclusions du Bureau découlant de l'examen préliminaire de la situation en Ukraine et j'ai confirmé qu'il existe une base raisonnable pour procéder à l'ouverture d'une enquête », a ajouté M. Khan.

Il s’est dit en particulier convaincu qu'il existe « une base raisonnable pour croire que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés ont été commis en Ukraine en relation avec les événements déjà évalués lors de l'examen préliminaire par le Bureau ».

« Compte tenu de l'expansion du conflit ces derniers jours, j'ai l'intention que cette enquête englobe également tous les nouveaux crimes présumés relevant de la compétence de mon Bureau qui sont commis par toute partie au conflit sur n'importe quelle partie du territoire de l'Ukraine », a-t-il ajouté.

 

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