RCA : les défis restent nombreux pour faire avancer le processus de paix, selon l’envoyé de l’ONU

22 février 2022

L’envoyé de l’ONU en République centrafricaine, Mankeur Ndiaye, a fait part mardi devant le Conseil de sécurité des progrès vers la paix et la stabilité dans ce pays, avec toutefois « des défis toujours présents ».

« En RCA, les progrès sont réels, mais les défis restent nombreux », a dit M. Ndiaye devant les membres du Conseil. Selon lui, le rôle actif de la Mission des Nations Unies en RCA (MINUSCA) demeure essentiel pour soutenir les ajustements nécessaires au processus de paix.

Il a rappelé qu’à la suite de l'adoption de la feuille de route conjointe de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, le 16 septembre 2021, et de la déclaration du cessez-le-feu unilatéral par le Président centrafricain Touadéra le 15 octobre, des représentants de cette organisation sous-régionale ont effectué une visite de suivi à Bangui le 14 janvier 2022 pour faire avancer la mise en œuvre effective de cette feuille de route pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.

Le Représentant spécial du Secrétaire général en RCA a appelé le gouvernement à « manifester davantage son engagement pour l’avancement du processus de paix à travers l’adoption de mesures concrètes et rapides ». Selon lui, il s’agit en particulier, concernant la feuille de route, d’en définir les mécanismes de suivi, en les rendant opérationnels, adossés à un calendrier clair et en responsabilisant chacune des parties prenantes.

« Le succès de la feuille de route n'est possible que s'il existe une forte volonté politique et si tous les acteurs matérialisent, sans équivoque et de manière irréversible, leur commune volonté de dépassement de la crise par l’exécution de bonne foi de toutes leurs obligations », a dit M. Ndiaye. « Le peuple centrafricain est toujours en attente des dividendes de la paix. Il est urgent que ce processus politique vienne alléger les souffrances des populations, victimes des violences d’un conflit qui n’a que trop duré ».

Des Casques bleus népalais de la MINUSCA en patrouille à Boyo, en République centrafricaine.
© MINUSCA/Leonel Grothe
Des Casques bleus népalais de la MINUSCA en patrouille à Boyo, en République centrafricaine.

Contribution de la MINUSCA

M. Ndiaye a souligné que les partenaires de la République centrafricaine, la MINUSCA en premier, continuent de jouer « un rôle proactif en soutenant les conditions propices à la poursuite du processus de paix ».

Selon lui, la Mission, à travers ses bons offices, contribue à faire avancer le processus politique. Avec ses partenaires, la MINUSCA s’est employée, auprès du gouvernement et de l'opposition politique républicaine, à instaurer un climat de confiance pour sortir de l'impasse dans laquelle les préparatifs du dialogue républicain se trouvaient, en raison du retrait de l’opposition de ce processus. M. Ndiaye s’est réjouit du retour de l’opposition démocratique au sein du Comité d’organisation du dialogue républicain qui a repris ses travaux. 

Avec son mandat d’assistance électorale, la MINUSCA continue de soutenir les autorités nationales et de travailler avec la communauté internationale afin de s'assurer de la bonne tenue des élections locales. « Le succès de ces élections tant attendues contribuera à l’approfondissement du processus de décentralisation ainsi qu’à l'extension de l'autorité de l'État et à l'élargissement de l'espace politique sur toute l’étendue du pays », a noté l’envoyé de l’ONU.

Violations des droits de l'homme

S’agissant de la situation sécuritaire, M. Ndiaye a noté qu’en dépit de la déclaration du cessez-le-feu unilatéral en octobre 2021, elle demeurait préoccupante.

En effet, dans certaines parties du territoire, des opérations militaires sont en cours contre des groupes armés, membres de la Coalition des patriotes pour le changement. À ces opérations militaires, s’ajoutent les représailles menées par les groupes armés à la fois contre les forces de sécurité nationale et les populations, a-t-il observé.

Le Représentant spécial a noté les progrès réalisés au cours de ces opérations en termes de reprise du contrôle du territoire, précédemment occupé par des groupes armés, mais il a déploré que des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire continuent d'être commises par toutes les parties au conflit.

Il a exhorté les autorités centrafricaines « à mener les enquêtes requises, poursuivre les auteurs de ces violations et rendre ainsi justice aux victimes ». Il a encouragé les autorités nationales « à prendre des mesures tangibles et immédiates pour prévenir les violations des droits de l'homme commises par les forces de défense et de sécurité et les autres personnels de sécurité ».

Par ailleurs, l’envoyé de l’ONU a déploré « le climat délétère entretenu par des campagnes de désinformation qui nuisent aux relations entre le gouvernement, la population et la MINUSCA et alimentent des comportements hostiles de la population et des forces armées et de sécurité intérieure ». M. Ndiaye a appelé le gouvernement « à lutter contre ses agissements, y compris à travers des poursuites judiciaires, pour renforcer notre collaboration dans la mise en œuvre conjointe du mandat que le Conseil de sécurité nous a confié ».

Le Représentant spécial de l'Union africaine et Chef du Bureau de l'Union africaine en République centrafricaine, Bertino Matias Matondo, et le Secrétaire exécutif de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, João Samuel Caholo, ont également fait un exposé mardi devant les membres du Conseil de sécurité.

 

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