Soudan du Sud : baisse considérable des violences contre les civils en 2021

17 février 2022

Les violences contre les civils ont considérablement diminué en 2021 au Soudan du Sud, ont indiqué jeudi les Nations Unies, tout en prônabt une reddition des comptes contre « les auteurs de ces actes, d’autant plus que la violence continue de s’intensifier dans plusieurs régions du pays ».

« La violence contre les civils a connu une réduction de 42% en 2021 par rapport à l’année précédente », selon un nouveau rapport publié par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS).

Ce document annuel de la Division des droits de l’homme de la MINUSS sur la violence à l’égard des civils fait état de 3.414 victimes civiles tuées, blessées, enlevées ou victimes de violences sexuelles liées au conflit, au cours de 982 incidents documentés.

Les meurtres ont ainsi diminué de 20% (de 2.425 à 1.907), les cas de blessures de près de 50% (de 1.531 à 842). De plus, les enlèvements ont sensiblement diminué de plus de 70% (de 1.683 à 471). La plupart des victimes étaient des hommes (75%), suivis des femmes (14%) et des enfants (11%). En 2020, la Mission onusienne avait signalé 5.850 victimes civiles.

L’Etat de Warrap signale le nombre de victimes civiles le plus élevé

Dans le même temps, les cas de violences sexuelles liées au conflit ont légèrement diminué, passant de 211 en 2020 à 194 en 2021, « mais sont restés à un niveau inacceptable ».

Face à ces vagues de violence, l’ONU demande instamment au gouvernement sud-soudanais d’enquêter sur les violations et les abus des droits de l’homme.

Selon l’ONU, les conflits infranationaux ont fait le plus grand nombre de victimes en 2021. Warrap est resté l’État où le nombre de victimes civiles a été le plus élevé (24%), suivi de l’Équatoria occidental (19%), de Jonglei et de la zone administrative du Grand Pibor (ZAGP) (17% respectivement).

De nombreuses victimes ont été tuées ou blessées lors d’attaques menées par des milices communautaires armées à travers l’Etat de Jonglei et de la ZAGP. Le point culminant a été observé en mai 2021. Lors de cette phase d’intensification des violences, au moins 230 personnes ont été tuées, 120 blessées, 178 enlevées et 14 femmes ont subi des violences sexuelles liées au conflit.

Une « recrudescence inquiétante » des combats a également été documentée à Tambura, en Équatoria occidental, entre des milices ethniques. Selon l’ONU, ces violences ont fait 440 morts, 18 blessés, 74 enlèvements, 64 victimes de violences sexuelles et environ 80.000 personnes déplacées.

Un officier de la MINUSS discute de la rareté de l'eau avec les agriculteurs afin d'aider à prévenir les conflits entre eux et la communauté agricole à Kworijik, au Sud-Soudan.
MINUSS/Isaac Billy
Un officier de la MINUSS discute de la rareté de l'eau avec les agriculteurs afin d'aider à prévenir les conflits entre eux et la communauté agricole à Kworijik, au Sud-Soudan.

Présence proactive et préventive des Casques bleus dans les points chauds

Face à cette insécurité, la Mission onusienne a déployé des soldats de la paix de manière proactive et préventive dans les points chauds et les zones de conflit.

La Mission a établi 116 bases d’opérations temporaires l’année dernière, ce qui a permis de renforcer la protection des civils grâce à des patrouilles soutenues sur de longues et courtes distances.

Parallèlement, la Mission s’est engagée dans des consultations politiques et communautaires au niveau local, étatique et national, adoptant ainsi « une approche humanitaire, de développement et de paix ».

 

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