Des enfants devant un véhicule détruit à Saada, au Yémen.

L’escalade du conflit au Yémen ces dernières semaines est dangereuse pour la région, prévient l’ONU

© PAM/Jonathan Dumont
Des enfants devant un véhicule détruit à Saada, au Yémen.

L’escalade du conflit au Yémen ces dernières semaines est dangereuse pour la région, prévient l’ONU

Paix et sécurité

L’escalade du conflit au Yémen ces dernières semaines menace la vie de millions de personnes et est également dangereuse pour la région, ont prévenu mardi deux hauts responsables onusiens devant le Conseil de sécurité.

« Les derniers mois d'escalade ont mis en lumière la dimension régionale du conflit au Yémen », a déclaré l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, devant les membres du Conseil.

Selon lui, les attaques d'Ansar Allah (rebelles houthis qui contrôlent le nord du Yémen) contre les Émirats arabes unis le mois dernier, notamment contre un aéroport civil et des zones industrielles voisines où trois civils ont été tués, montrent « à quel point les enjeux sont devenus importants » et à quel point « ce conflit risque de devenir incontrôlable ».

« Pour les Yéménites, le mois écoulé a été marqué par une multiplication des lignes de front et un nombre record effroyable de victimes civiles. La frappe aérienne de la coalition (dirigée par l’Arabie saoudite) sur un centre de détention à Sadaa, tuant ou blessant plus de 300 détenus, a été l'un des pires incidents de victimes civiles en trois ans. La forte augmentation des frappes aériennes au Yémen, y compris sur les zones résidentielles et les infrastructures civiles à Sanaa et Hodeïda, est alarmante », a ajouté M. Grundberg.

Il a précisé qu’il était en train d'élaborer un cadre pour progresser vers un règlement politique inclusif afin de mettre fin au conflit et qu’il commencerait la semaine prochaine une série de consultations bilatérales sur ce cadre. Il a ajouté qu’en parallèle qu’il continuait d'explorer toutes les possibilités de désescalade immédiate du conflit.

Des compromis sont nécessaires

L’Envoyé spécial a toutefois reconnu que la confiance était faible et que « mettre fin à cette guerre nécessitera des compromis inconfortables qu'aucune partie belligérante n'est actuellement disposée à faire ». « Il nous incombe donc à tous, y compris au Conseil, de déployer tous les efforts possibles pour faire comprendre aux parties à ce conflit qu'il n'y a pas de solution militaire durable », a-t-il ajouté.

Le chef de l’humanitaire de l’ONU, Martin Griffiths, a souligné de son côté que la guerre au Yémen continuait de menacer des millions de vies à travers le pays. « Et pour l'instant, cette crise ne montre aucun signe d'apaisement », a-t-il dit devant le Conseil de sécurité.

« Nous avons assisté au cours des six dernières semaines à une escalade brutale et dangereuse du conflit. Cela a eu des conséquences dévastatrices pour les civils et les infrastructures civiles », a-t-il ajouté.

Conférence de bailleurs de fonds le 16 mars

Il a rappelé qu’une conférence de bailleurs de fonds pour le Yémen allait être organisée le 16 mars.

« J'implore tous les bailleurs de fonds de saisir cette occasion pour démontrer leur engagement envers le peuple yéménite en donnant généreusement. Des fonds sont nécessaires le plus rapidement possible », a-t-il dit.

Il a déclaré être parfaitement conscient que la survie des personnes « ne peut pas dépendre uniquement des flux et reflux des cycles de financement humanitaire ». « Une approche plus durable est à la fois nécessaire et réalisable », a estimé M. Griffiths.

« La communauté internationale doit s'unir pour s'attaquer aux facteurs sous-jacents des besoins au Yémen, en particulier l'effondrement de l'économie », a-t-il ajouté, précisant que le cadre proposé par les Nations Unies offrait une voie à suivre à cet égard.

Ce cadre « rassemble des initiatives qui pourraient faire une différence immédiate en augmentant les revenus, en réduisant les prix et en renforçant la stabilité macro-économique », a-t-il dit. Cela comprend des injections de devises, la reprise des vols civils via l'aéroport de Sanaa, la levée des restrictions sur les importations commerciales et l'utilisation des recettes d'importation pour payer les salaires du secteur public.