Des membres d'un groupe de producteurs agricoles calculent les chiffres des achats dans le village de Dhanapur, Uttar Pradesh, Inde.

Il n’y a pas un moment à perdre dans la course pour atteindre les Objectifs de développement durable, affirme Guterres

PNUD Inde
Des membres d'un groupe de producteurs agricoles calculent les chiffres des achats dans le village de Dhanapur, Uttar Pradesh, Inde.

Il n’y a pas un moment à perdre dans la course pour atteindre les Objectifs de développement durable, affirme Guterres

À l’ONU

Le Président de l'Assemblée générale des Nations Unies a convoqué jeudi la première réunion à l'échelle du système, destinée à galvaniser l'action en vue de la mise en œuvre du projet novateur, connu sous le nom de Notre programme commun, lancé en septembre dernier par le Secrétaire général de l'Organisation.

« Le bien-être des populations du monde entier, la santé de notre planète et la survie des générations futures dépendent de notre volonté de nous rassembler autour d'un engagement à résoudre les problèmes et à agir collectivement », a déclaré lors de la rencontre António Guterres, ajoutant : « Nous n'avons pas un instant à perdre ».

La réunion, la première de cinq réunions thématiques organisées au Siège de l'ONU portant sur ce programme, a été consacrée à l'accélération et à la transposition à plus grande échelle des Objectifs de développement durable (ODD).

Le chef de l’ONU a exhorté les participants à « progresser sur le fond et la recherche d'un consensus, autant que possible cette année ».

Le monde est au bord du précipice, en particulier les laissés-pour-compte, selon le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, alors que des milliers de femmes déplacées au Nigeria, souffrant de la faim et de l'insécurité alimentaire, comptent sur l'O
PAM/Simon Pierre Diouf
Le monde est au bord du précipice, en particulier les laissés-pour-compte, selon le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, alors que des milliers de femmes déplacées au Nigeria, souffrant de la faim et de l'insécurité alimentaire, comptent sur l'ONU pour survivre.

Repartir sur la bonne voie

À huit ans seulement de l'échéance de 2030 et alors que la Covid-19 éloigne encore plus le monde de la voie à suivre, le chef de l'ONU a déclaré que les recommandations du rapport visent à remettre le monde « sur la bonne voie » pour atteindre les ODD. « Chaque proposition favorisera les progrès vers d'autres objectifs, ainsi que notre quête plus large de la paix et des droits de l'homme ».

Il a appelé à un « New Deal » global afin de partager le pouvoir, la richesse et les opportunités, plus largement, au niveau international, et permettre aux pays en développement de concentrer leurs ressources sur un développement durable et inclusif.

« Le New Deal global rééquilibrera le pouvoir et les ressources financières, permettant aux pays en développement d'investir dans l'Agenda 2030 et les ODD », a-t-il déclaré.

Atteindre les objectifs

Soulignant qu' « il n'existe pas de contrat social unique », M. Guterres a rappelé que Notre programme commun propose un Sommet social mondial intergouvernemental en 2025 pour « coordonner les actions et créer une dynamique à l'échelle mondiale » en vue d'atteindre les objectifs, tout en faisant le point sur les efforts déployés pour renouveler le contrat social.

« Mettre fin partout à la pauvreté sous toutes ses formes n'est pas seulement l'objectif de l'ODD 1, mais l'objectif premier de l'Agenda 2030 lui-même », a-t-il déclaré.

« La pauvreté n'est pas seulement l'absence de revenus », a précisé le chef de l’ONU, plaidant pour une économie mondiale qui fonctionne pour tous, notamment en préservant la santé publique, en réformant le système financier mondial et en protégeant l'environnement. 

Crise de l'apprentissage

M. Guterres a mis en évidence trois problèmes « au cœur de notre engagement » à ne laisser personne de côté, qui nécessitent une action urgente.

Tout d'abord, il a évoqué la crise actuelle de l'apprentissage la décrivant comme « un désastre avant tout pour les jeunes du monde entier... [avec] des implications très graves pour l'avenir de nos sociétés ».

Sans systèmes éducatifs performants, a-t-il expliqué, le monde ne sera pas en mesure de répondre aux besoins des marchés du travail, de faire progresser l'égalité des sexes et les droits de l'homme, ou de renforcer les institutions démocratiques.

Pour y remédier, un Sommet de la transformation de l'éducation se tiendra en septembre afin de raviver un engagement collectif en faveur de l'éducation et de l'apprentissage tout au long de la vie en tant que bien public primordial, de mobiliser des actions pour récupérer les progrès perdus et de promouvoir une ré-imagination de l'éducation et de l'innovation.

La Vice-Secrétaire générale de l'ONU dirigera les préparatifs du Sommet et M. Guterres compte nommer un Conseiller spécial dans les semaines à venir.

L'égalité des sexes

Bien que les femmes et les filles soient au cœur de tout contrat social, le chef de l'ONU a souligné que « leurs besoins et aspirations spécifiques sont largement ignorés et leur travail est régulièrement sous-évalué ».

La pandémie a mis en lumière le travail de soins non rémunéré - principalement effectué par les femmes - qui permet à une grande partie de la société de fonctionner, tout en intensifiant une pandémie parallèle de violence accrue à l'égard des femmes et des filles.  

Dans ce contexte, M. Guterres a demandé à la Vice-Secrétaire générale de revoir la capacité de l'ONU en matière de genre « afin de garantir que l'égalité des sexes soit au cœur de tout ce que nous faisons ».

« J'encourage les États membres à profiter de ces consultations pour examiner mes propositions et la manière dont les processus intergouvernementaux peuvent améliorer la situation de la moitié de la population mondiale », a déclaré le Secrétaire général.

De jeunes Syriens participant à une session de formation réfléchissent à la création d'initiatives de jeunes pour résoudre les problèmes liés au développement durable.
Basel Almadani
De jeunes Syriens participant à une session de formation réfléchissent à la création d'initiatives de jeunes pour résoudre les problèmes liés au développement durable.

La jeunesse, une force motrice

Abordant la jeunesse, M. Guterres a souligné le pouvoir de l'engagement des jeunes et l'importance de leur voix à travers le système des Nations Unies et au-delà, rappelant sa proposition de créer un Bureau de la jeunesse.  

« La création d'une entité dédiée aux jeunes [...] aurait une importance bien au-delà de sa signification institutionnelle », rendant l'ensemble du système des Nations Unies « responsable de l'action menée pour et avec les jeunes », a-t-il expliqué.

Non seulement elle signalerait une transformation culturelle, mais elle enverrait également un message fort indiquant que les jeunes sont « une force motrice » au sein de l'Organisation.  

L'ONU doit aller de l'avant

Lors de la consultation inaugurale sur le programme commun jeudi, le Président de l'Assemblée générale Abdulla Shahid a rappelé que sa « présidence de l'espoir » était « axée sur les solutions et les actions concrètes qui visent à améliorer la situation des personnes, de la planète et assurer la prospérité ».

Il a déclaré que ses priorités comprenaient une reprise durable après la pandémie, « le respect des droits de tous, la protection de la planète et la revitalisation de l'ONU ».

« Notre monde est un monde qui a besoin d'espoir. Un espoir qui ne peut être inspiré que par l'unité, la solidarité et l'action collective », a-t-il déclaré, ajoutant que « ce processus consultatif... est essentiel pour concrétiser chacune de ces priorités ».

« Les Nations Unies doivent faire un pas en avant ; nous devons devenir plus réactifs et plus efficaces pour les personnes que nous servons », a-t-il déclaré.

Trouver des « points communs »

Malgré nos différences « nous ne formons qu'une seule famille », a maintenu M. Shahid, encourageant chacun à « trouver une voie à suivre » sur les propositions de l'Agenda.

« Nous devrions essayer de trouver les bons mécanismes pour faire en sorte que nous parvenions à des accords communs », a-t-il dit.

Comme les pêcheurs, « remplissons nos bateaux de poissons », plutôt que de « couper l'hameçon et de revenir au rivage les mains vides », a ajouté le diplomate maldivien.

Le Président de l'Assemblée générale a conclu en exhortant les États membres à opérer « de bonne foi, dans la confiance et le respect mutuels, et avec l'objectif commun d'améliorer notre travail et le monde qui nous entoure ».