Au Conseil des droits de l’homme, le Soudan interpellé sur les obstacles au processus de transition démocratique

Un manifestant brandit le drapeau soudanais, à Khartoum, la capitale du Soudan.
Salah Naser
Un manifestant brandit le drapeau soudanais, à Khartoum, la capitale du Soudan.

Au Conseil des droits de l’homme, le Soudan interpellé sur les obstacles au processus de transition démocratique

Droits de l'homme

Plusieurs Etats membres du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies ont interpellé, mercredi, à Genève, le Soudan sur le verrouillage de la transition démocratique dans ce pays.

Pour de nombreuses délégations, les grands espoirs éveillés à Khartoum par le processus de transition démocratique ont cédé désormais la place à une évaluation plus critique. Lors de la 40ème session de l’Examen Périodique Universel (EPU), des Etats ont ainsi demandé au Soudan de « rétablir un gouvernement de transition dirigé par des civils et d’organiser des élections libres et équitables ».

Pour les Etats-Unis par exemple, il est même impératif que la communauté internationale soutienne fermement les aspirations démocratiques du peuple soudanais, seul moyen de forger un Soudan stable.

« Le peuple soudanais veut la démocratie et a perdu confiance dans la transition après la prise du pouvoir par les militaires », a déclaré Benjamin Moeling, Représentant-adjoint de la Mission permanente auprès de l’ONU à Genève.

Pour une transition vers la démocratie dirigée par des civils

Alors que le Soudan s’est engagé ces dernières années « sur le chemin historique d’une gouvernance démocratique et de la réconciliation nationale », la Suisse redoute pour sa part que « les récents événements compromettent sérieusement les avancées réalisées ». Pour rétablir la confiance, « les parties prenantes soudanaises sont invitées à se mettre d’accord sur un processus de transition vers la démocratie dirigée par des civils et capable de faire progresser les demandes de liberté et de justice de la population ».

A ce sujet, Washington recommande au Soudan de rétablir immédiatement une transition vers la démocratie dirigée par des civils, avec la facilitation des Nations Unies. Il s’agit aussi de lever l’état d’urgence et d’assurer la protection des manifestants pacifiques.

Outre la mise en place d’organes législatifs, judiciaires et électoraux, l’urgence est d’annoncer les dates de la passation de pouvoir au Conseil souverain et à des élections. « Il faut protéger la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association, en respectant la liberté des médias et en évitant tout usage disproportionné de la force ou le recours à des arrestations et détentions arbitraires », a souligné la délégation suisse.

Face aux critiques de pays occidentaux, Khartoum a regretté que « certaines délégations aient délibérément politisé ce mécanisme, cet exercice, en sortant du calendrier couvert par le rapport ». Devant le Conseil, le Soudan affiché sa détermination et sa « volonté politique » à « honorer ses obligations et engagements internationaux ».

Khartoum demande plus de coopération

« Nous promouvons la mise en œuvre de valeurs démocratique, mais il faut une certaine coopération », a déclaré le chargé d’affaire de la Mission du Soudan auprès de l’ONU à Genève, Osman Abufatima Adam Mohammed. « A cette fin, il faut déployer des efforts sans cesse et c’est ce que nous faisons » a-t-il fait remarquer, ajoutant que les recommandations des Etats feront l’objet d’un examen.

Dans le bloc africain, certains pays ont constaté que, malgré les difficultés récentes, le Soudan a enregistré « des progrès dans ses efforts pour protéger les droits de l’homme de toutes les personnes se trouvant sur son territoire ». Par exemple, la Namibie fait état s’agit des amendements législatifs visant à alourdir la peine pour les infractions liées à la traite des femmes et des enfants et de la ratification de certains traités internationaux fondamentaux en matière de droits de l’homme.

Le Togo a également évoqué « les progrès accomplis notamment diverses modifications du Code pénal de 1991, comme celles portant, entre autres, sur l’abolition du crime d’apostasie, la suppression de la peine de mort pour les meurtres commis par des enfants et la suppression de la peine de mort et de la flagellation pour sodomie ».