Pauline Vaiangina, son mari et ses enfants sur l'île de Mango, à Tonga.

Tsunami aux Tonga : « Les enfants criaient comme si une guerre éclatait »

© ONU Tonga
Pauline Vaiangina, son mari et ses enfants sur l'île de Mango, à Tonga.

Tsunami aux Tonga : « Les enfants criaient comme si une guerre éclatait »

Aide humanitaire

Le voyage d'une famille tongane en visite sur l'île de Mango au début du mois a tourné au cauchemar, lorsque le pays a été dévasté par l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga Hunga Ha'apai et le tsunami qui a suivi.

Pauline Vaiangina, son mari et leurs quatre jeunes enfants, qui vivent à Tongatapu, l'île principale des Tonga, rendaient visite à leur grand-mère sur la minuscule île isolée, lorsque le Hunga Tonga Hunga Ha'apai est entré en éruption.

Des explosions soudaines

« C'était un samedi comme les autres », a raconté Pauline.« Nous venions de manger du poisson pour le dîner et je lavais les assiettes, quand les chiens ont commencé à aboyer sans arrêt, comme s'ils essayaient de nous prévenir de quelque chose... ils étaient tenaces ».

Soudain, ils ont entendu des explosions provenant du volcan qui étaient si fortes et si intenses qu'elles pouvaient être entendues et ressenties à plus de 800 kilomètres de là, aux Fidji.

Après la deuxième explosion, plus forte, Pauline a remarqué un changement inhabituel dans le mouvement de la marée. « Elle sortait et rentrait. Chaque fois que la marée est sortie, la plage est restée de plus en plus sèche, et le niveau de la mer a augmenté ».

 Une maison détruite dans le village de Kolomotu'a sur l'île principale de Tonga, Tongatapu, sept jours après l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai et le tsunami à Tonga.
© UNICEF/Malani Wolfgramm
Une maison détruite dans le village de Kolomotu'a sur l'île principale de Tonga, Tongatapu, sept jours après l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai et le tsunami à Tonga.

Courir vers la montagne

C'est là qu'elle a crié : « Cours vers la montagne ! Nous avons crié à tous les voisins de se réfugier en hauteur - les vagues et le volcan étaient si forts ».

Comme Pauline l'avait deviné, un tsunami était sur le point de frapper l'île de Mango. Comme pour le volcan, les effets du tsunami se sont propagés bien au-delà des Tonga, avec des impacts ressentis jusqu'au Pérou et en Californie aux États-Unis. 

Le mari de Pauline a porté les quatre enfants en haut de la montagne et est revenu pour porter également sa grand-mère de 80 ans.

Assis sous un cocotier, ils ont regardé les cendres et les rochers tomber du ciel, et les énormes vagues s'abattre sur l'île. Pratiquement toutes les structures ont été détruites, laissant les habitants sans abri. 

Chanter des hymnes pendant que le volcan grondait

Abrités seulement par de petites bâches et des nattes, tous ceux qui ont suivi Pauline et sa famille dans la montagne se sont serrés les uns contre les autres pendant la nuit et ont chanté des hymnes tandis que le volcan grondait et que les éclairs illuminaient le ciel. 

« Nous n'avons quitté la montagne que le lundi matin », a raconté Pauline. « Nous sommes descendus sur une île qui avait été complètement anéantie. Nous nous sommes baignés dans la mer, nous avons cherché nos derniers vêtements. À ce stade, nous sommes juste reconnaissants d'être en vie »

Une famille sèche ses affaires à l'extérieur de sa maison après qu'elle ait été endommagée par l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai et le tsunami.
© UNICEF/Malani Wolfgramm
Une famille sèche ses affaires à l'extérieur de sa maison après qu'elle ait été endommagée par l'éruption du volcan sous-marin Hunga Tonga-Hunga Ha'apai et le tsunami.

Toute la population des Tonga a été touchée

Tweet URL

Le gouvernement des Tonga et les partenaires humanitaires ont indiqué que toute la population des Tonga, soit environ 105.000 personnes, a été touchée par les cendres et le tsunami.

Au moins 62 personnes originaires de l'île de Mango ont été initialement évacuées vers l'île de Nomuka et, le 21 janvier, vers Tongatapu. Le faible nombre de victimes est attribué au bon fonctionnement du système d'alerte précoce et au succès des activités de préparation.

Au plus fort de la crise, quelque 3 000 personnes ont dû se réfugier sur des terrains plus élevés, soit chez des parents et des amis, soit dans des centres d'évacuation, mais la grande majorité a pu rentrer chez elle. 

Le gouvernement des Tonga et les partenaires humanitaires, notamment les sociétés de la Croix-Rouge tongane, les ONG internationales, les donateurs et les agences des Nations Unies, continuent de procéder à une première évaluation des dommages et fournissent une assistance humanitaire d'urgence aux personnes dans le besoin.

26 membres du personnel des Nations Unies sur le terrain continuent de soutenir les efforts de redressement du gouvernement tongien dans le pays, et les équipes des Nations Unies dans toute la région du Pacifique ont mobilisé des fournitures de secours immédiates, y compris, ce qui est crucial, l'accès à l'eau potable, l'accès à la communication (Internet et lignes téléphoniques internationales, téléphones satellites), des kits WASH (eau, assainissement et hygiène) et des abris.