L’ONU met en garde contre une escalade de la violence au Yémen

Destruction causée par le conflit au Yémen.
PNUD Yémen
Destruction causée par le conflit au Yémen.

L’ONU met en garde contre une escalade de la violence au Yémen

Paix et sécurité

Les Nations Unies sont préoccupées par l’escalade du conflit au Yémen, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, déplorant les récentes frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur la capitale yéménite Sana’a qui ont fait de nombreuses victimes civiles.

Le chef de l’ONU « rappelle à toutes les parties leurs obligations en vertu du droit international humanitaire de protéger les civils, en respectant les principes de proportionnalité, de distinction et de précaution », a déclaré son porte-parole dans une note à la presse publiée mardi.

« Le Secrétaire général appelle à nouveau toutes les parties à faire preuve d'un maximum de retenue et à empêcher une nouvelle escalade et une intensification du conflit. Il réitère ses appels aux parties pour qu'elles s'engagent de manière constructive et sans conditions préalables dans les efforts de médiation de l'Envoyé spécial Grundberg pour faire avancer le processus politique afin de parvenir à un règlement global négocié pour mettre fin au conflit au Yémen », a-t-il ajouté.

Les attaques aériennes contre la capitale du Yémen ont fait suite à des frappes de missiles et de drones lundi sur des cibles aux Émirats arabes unis, qui est un membre de la coalition menée par l’Arabie saoudite. Revendiquées par les forces rebelles d'Ansar Allah - plus communément appelées Houthis - les attaques ont frappé l'aéroport international d'Abu Dhabi et une zone industrielle voisine, faisant apparemment trois morts parmi les civils.

Le Secrétaire général a condamné ces attaques, rappelant que les attaques contre les civils et les infrastructures civiles sont interdites par le droit international humanitaire.

L'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, Hans Grundberg, s'exprime lors d'une conférence de presse en 2021.
OSESGY
L'envoyé spécial de l'ONU au Yémen, Hans Grundberg, s'exprime lors d'une conférence de presse en 2021.

Le niveau de violence en janvier pourrait dépasser celui de décembre

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est également dit mardi profondément préoccupé par l'escalade du conflit au Yémen.

Les dernières données du HCDH indiquent que le niveau de violence ce mois-ci pourrait bientôt dépasser celui de décembre, à en juger par le nombre de frappes aériennes, de drones et de roquettes utilisés par toutes les parties à ce conflit.

« Les chiffres recueillis par notre bureau indiquent que, jusqu'à présent en janvier, il y a eu 839 frappes aériennes par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, contre 1.074 pour l'ensemble du mois de décembre », a expliqué une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, s'exprimant à Genève.

« Il y a eu quelque 16 frappes de drones, 12 missiles balistiques et trois autres projectiles tirés par les forces d'Ansar Allah vers le territoire saoudien en décembre. À ce jour en janvier, des rapports indiquent qu'il y a eu 10 frappes de drones vers l'Arabie saoudite.

Mme Shamdasani a indiqué que les hostilités avaient commencé cette année par une vaste contre-offensive des forces gouvernementales contre les Houthis dans le gouvernorat de Shabwah, au sud-ouest de Marib, riche en pétrole.

Les combats s'étendent désormais plus loin dans les gouvernorats de Marib et d'Al Baydah, a déclaré la porte-parole du HCDH, avec « des dizaines de frappes aériennes et de frappes d'artillerie lancées par les parties avec apparemment peu de respect pour les civils ».

« Le 13 janvier, des frappes aériennes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ont blessé quatre civils et partiellement endommagé les services d'urgence et d'hospitalisation d'un hôpital de la région d'Al Sawad, dans le district de Sanhan, dans le gouvernorat de Sana’a », a poursuivi Mme Shamdasani. « Les frappes aériennes auraient visé un camp militaire, situé à proximité de l'hôpital ».

Toutes les parties doivent assurer la protection des civils et des biens de caractère civil, conformément à leurs obligations en vertu du droit international, a insisté la porte-parole du HCDH. « Les parties au conflit doivent prendre toutes les mesures possibles pour vérifier que les cibles sont bien des objectifs militaires et suspendre une attaque s'il apparaît que la cible n'est pas un objectif militaire ou que l'attaque serait disproportionnée. Le non-respect des principes de distinction et de proportionnalité pourrait constituer des crimes de guerre ».