Éthiopie : 6 millions de personnes touchées par la sécheresse dans l’est et le sud du pays ont besoin d’une aide

7 janvier 2022

Plus de 6,4 millions de personnes auront besoin cette année d’une aide alimentaire dans toutes les zones touchées par la sécheresse en Ethiopie, a annoncé vendredi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Dans son dernier bulletin, l’agence onusienne estime que parmi ces personnes vulnérables, 3 millions d’entre elles vivent dans la région Somali, 2,4 millions dans l’est de l’Oromia et 1 million dans le sud de l’Oromia.

« La sécheresse a un impact dévastateur sur la vie et les moyens de subsistance des communautés pastorales et agro-pastorales vivant dans la région après la troisième saison des pluies consécutivement ratée », explique l’OCHA.

Selon le Bureau de gestion des risques de catastrophes de la région de Somali, des pertes de récolte importantes ont été signalées dans les zones de Fafan et Sitti. Dans cette partie de la région de Somali, il y a jusqu’à 70% de pertes sur la récolte prévue de sorgho et de maïs, 30% de la récolte prévue de blé ainsi que 30% de la récolte prévue d’oignons et de tomates. De même, les autorités locales font état d’une moyenne de 70% de pertes de récolte a été signalée dans le sud de l’Oromia.

Plus largement, l’état nutritionnel des communautés touchées par la sécheresse « se détériore en raison de la faible disponibilité du lait et des faibles revenus tirés de l’élevage ».

Dans ces conditions, les admissions pour malnutrition aiguë sévère sont en augmentation dans la plupart des zones touchées par la sécheresse. Dans la région Somali par exemple, le dépistage nutritionnel mené en décembre dernier par le Bureau régional de la santé dans toute la région (93 woredas et six administrations municipales) a révélé un taux de malnutrition aiguë globale de 18%, supérieur au seuil mondial de 15%.

Sans mesures d’atténuation, OCHA redoute une aggravation de la situation

Sur les 813.000 enfants de moins de cinq ans dépistés pour la malnutrition, près de 14.000 enfants, soit 1,7%, ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition sévère. Dans le même tems plus de 137.000 enfants, soit environ 17%, ont été diagnostiqués comme souffrant de malnutrition modérée.

De même, sur les 222.000 femmes enceintes et allaitantes dépistées, environ 72.000, soit le tiers étaient modérément malnutries. « Les communautés pastorales et agro-pastorales vulnérables risquent de souffrir davantage de l’impact de la sécheresse si des mesures d’atténuation ne sont pas prises d’urgence », a mis en garde l’OCHA.

Par ailleurs, quelque 3 millions de personnes (2,3 millions en Somali et plus de 870.000 dans le sud de l’Oromia) sont actuellement confrontées à une pénurie d’eau et ont besoin d’une aide pour le transport de l’eau par camion. La sécheresse a également affecté la scolarité de plus de 155.000 élèves (99.000 en Somali et 56.000 dans le sud de l’Oromia) en raison de la fermeture des écoles et de l’absence de programmes d’alimentation scolaire.

Face à cette situation préoccupante, l’ONU estime que des réponses humanitaires urgentes sont nécessaires, notamment l’acheminement d’eau par camion, la fourniture de produits alimentaires et non alimentaires. Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU mise également sur le prépositionnement de fournitures nutritionnelles pour les enfants et les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que le déploiement de cliniques mobiles de santé et de nutrition dans les zones difficiles à atteindre, l’alimentation des animaux et le déploiement de vétérinaires.

« Sans mesures d’atténuation et d’intervention opportunes, la situation pourrait potentiellement s’aggraver au début de cette année », a prévenu l’OCHA.

Conflit au Tigré : l’ONU salue la libération de personnalités de l'opposition

De son côté, en lien avec le conflit dans la région du Tigré, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a salué la libération de prison, vendredi, de nombreux détenus, dont des personnalités de l’opposition, par le gouvernement éthiopien.

Selon la presse, des dirigeants du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), parti combattant le gouvernement central du Premier ministre Abiy Ahmed, font partie des personnes libérées.

Dans une déclaration à la presse, le Secrétaire général de l’ONU a appelé les parties prenantes « à tirer parti de cette importante mesure de confiance en convenant d'une cessation des hostilités et d'un cessez-le-feu durable, ainsi qu'en lançant un dialogue national crédible et inclusif et un processus de réconciliation ».

Il a souligné qu’il resterait « activement engagé avec toutes les parties prenantes pour aider l'Éthiopie à mettre fin aux combats et à rétablir la paix et la stabilité ».

« À la suite de mon dernier contact avec le Premier ministre Abiy Ahmed, j'espère également une amélioration significative de l'accès humanitaire à toutes les zones touchées par le conflit qui dure depuis un an », a-t-il ajouté.

 

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