Témoignage - Combattre les stéréotypes pour prévenir la violence à l'égard des femmes en Azerbaïdjan

1 janvier 2022

La militante azerbaïdjanaise Maryam Majidova se bat pour améliorer l'égalité des sexes dans son pays et relever les défis quotidiens auxquels sont confrontées les femmes et les filles.

Maryam Majidova est co-fondatrice d’une plateforme sociale sur le genre, qui rassemble des groupes de défense, des organisations à but non lucratif, des féministes et des militants des droits humains, pour lutter contre les violences basées sur le genre. La plateforme vise également à autonomiser les femmes et les filles et à les aider à surmonter les défis liés au genre.

« J'ai dû lutter contre les stéréotypes de genre et les discriminations depuis mon enfance, après avoir perdu mon père. À l'école et à l'université, quand je réussissais, les gens me posaient des questions sur ‘l'homme’ qui me soutenait. Ils ne pouvaient pas accepter qu'une femme puisse réussir sans le soutien d'un homme.

Je crois que les stéréotypes de genre ont des effets néfastes sur la capacité des femmes à développer leurs capacités personnelles, à poursuivre leur carrière professionnelle et à faire des choix concernant leur vie. J'ai décidé de lutter contre ces stéréotypes, qui, malheureusement, sont dominants dans tout l'Azerbaïdjan.

De jeunes militantes azéries protestent contre les stéréotypes de genre lors de la Journée internationale des femmes en mars 2021.
Gender Hub
De jeunes militantes azéries protestent contre les stéréotypes de genre lors de la Journée internationale des femmes en mars 2021.

Changer les perceptions

En tant qu'activiste sur le genre, formatrice et experte en politique de la jeunesse, je travaille sur le développement positif de la jeunesse depuis environ dix ans. Au cours de cette période, je me suis associée à des organisations internationales, dont les Nations Unies, sur des projets soutenant la participation des femmes à la vie publique et politique.

D'après l'Enquête nationale sur la violence à l'égard des femmes en Azerbaïdjan, 24% des femmes âgées de 15 à 59 ans ont été victimes de violence de la part d'un non-partenaire ou d'un partenaire intime. Il s'agit d'un problème national et il devrait figurer en tête de l'agenda du gouvernement.

L'engagement actif des hommes et des garçons est essentiel pour prévenir et combattre la violence à l'égard des femmes. Faire en sorte que les hommes s'expriment contre la violence sexiste contribuerait également à changer les perceptions de la société sur les rôles de genre et les normes patriarcales.

Le Neftchi FC a accepté de jouer l'un de ses matches de championnat avec des maillots orange portant le slogan « Stop à la violence contre les femmes ».
ONU Azerbaïdjan
Le Neftchi FC a accepté de jouer l'un de ses matches de championnat avec des maillots orange portant le slogan « Stop à la violence contre les femmes ».

Un carton rouge pour les violences faites aux femmes

Pour sensibiliser aux conséquences de la violence sexiste et aux avantages d'une société égalitaire, mes collègues et moi avons organisé une série d'événements à travers le pays sur l’implication des hommes, un sujet clé des 16 jours de la campagne de l’ONU contre la violence basée sur le genre en Azerbaïdjan cette année.

L'ONU s'est associée à une équipe de football azerbaïdjanaise, le Neftchi FC, qui a accepté de jouer l'un de ses matches de championnat avec des maillots orange portant le slogan « Stop à la violence contre les femmes ». L'ONU a également collaboré avec des influenceurs locaux qui ont aidé à diffuser ce slogan à travers les médias traditionnels et sociaux.

Il est difficile de parvenir à des changements rapides avec un problème culturel et structurel aussi profondément enraciné. Néanmoins, je suis convaincue que ces types de projets envoient le bon message et aident à amener le type de changement dont nous rêvons.

Parfois, les entreprises embauchent des femmes à cause de quotas, pour une inclusion symbolique, mais je ne veux pas être embauchée pour des raisons de chiffres. Je crois aussi que personne ne devrait dire à une femme ce qu'elle mérite, ou comment elle devrait se comporter. Je veux simplement que les femmes aient les mêmes droits que les hommes ».

Quelques chiffres

La représentation des femmes aux niveaux de prises de décision est faible en Azerbaïdjan. Le pays est classé 88e sur 194 pays selon l'indice de développement du genre 2020 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Au parlement national, 18,3% (22 sur 120) des membres sont des femmes. Les hommes dominent également les échelons supérieurs du pouvoir exécutif.

Les femmes sont également marginalement représentées dans le système judiciaire – seulement 57 des 480 juges, 47 des 1.069 procureurs et six des 41 juges de la Cour suprême sont des femmes.

Les stéréotypes de genre sont également utilisés pour justifier la violence à l'égard des femmes, qui reste l'un des principaux problèmes en Azerbaïdjan. Selon le bureau du procureur général du pays, 51 femmes ont été tuées et 24 ont été blessées à la suite de violences domestiques entre janvier et septembre 2021.

 

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