Myanmar : l’envoyée de l’ONU profondément préoccupée par l’escalade de la violence

Un enfant déplacé dans l'Etat de Kachin, au Myanmar.
OCHA/P.Peron
Un enfant déplacé dans l'Etat de Kachin, au Myanmar.

Myanmar : l’envoyée de l’ONU profondément préoccupée par l’escalade de la violence

Paix et sécurité

La nouvelle Envoyée spéciale des Nations Unies pour le Myanmar, Noeleen Heyzer, s’est déclarée lundi 27 décembre « profondément préoccupée par l’escalade de la violence » dans le pays et a appelé à un cessez-le-feu entre la junte et ses opposants.

La diplomate originaire de Singapour et nommée en octobre dernier « est profondément inquiète de l’escalade continue de la violence dans l’État de Kayin et dans d’autres régions du Myanmar », a déclaré son bureau dans un communiqué.

Selon Mme Heyzer, ces violences ont entraîné le déplacement de centaines de milliers de civils, dont des femmes et des enfants, dont beaucoup ont cherché à se réfugier au-delà des frontières pour obtenir protection et assistance, tandis que beaucoup d’autres sont pris au piège dans le pays. 

« La population du Myanmar a déjà énormément souffert et la situation socio-économique et humanitaire a été aggravée par la pandémie de Covid-19 », a-t-elle ajouté, rappelant à « ceux infligeant des souffrances à leur propre peuple », qu’ils doivent « faire taire leurs armes et protéger les gens en période de grand besoin ».

« L’avenir des enfants du Myanmar en dépend », a fait valoir Mme Heyzer.

L’ONU demande une enquête

L’Envoyée spéciale exhorte toutes les parties à agir dans l’intérêt supérieur de la nation et à protéger les civils ainsi qu’à fournir aide humanitaire à ceux qui en ont besoin, y compris les civils qui ont été contraints de fuir la violence. À cette fin, elle lance un appel à un cessez-le-feu pour le Nouvel An dans tout le Myanmar. 

Depuis le début de sa mission au milieu du mois, l’Envoyée spéciale consulte activement toutes les parties prenantes en vue de soutenir un processus dirigé par le Myanmar. 

Soutenue par son Bureau, elle prévoit des contacts directs avec tous ceux qui sont touchés par la crise actuelle, qui a pris de multiples visages et qui a de graves implications régionales, et les écoutera attentivement.

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, s’est dit, dimanche 26 décembre, « horrifié par les informations sur une attaque contre des civils » au Myanmar vendredi. Il a qualifié de « crédibles » les informations sur la découverte de « 35 corps » dans des véhicules calcinés dans l’Etat de Kayah (est).

« Je condamne ces faits graves [et] appelle les autorités à lancer immédiatement une enquête sérieuse et transparente. (…) Je demande aux forces gouvernementales et à tous les groupes armés au Myanmar de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les civils », a dit M. Griffiths.