Les femmes et les enfants sont confrontés à un risque élevé d'être réduits en esclavage

2 décembre 2021

L’esclavage continue de sévir dans le monde, les femmes et les filles représentant la majorité des victimes de ce fléau, a rappelé jeudi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, à l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage.

« La servitude pour dettes, le servage et le travail forcé, la traite des personnes à des fins d’exploitation – y compris l’exploitation sexuelle, le mariage forcé, le travail des enfants – et le recrutement d’enfants dans les conflits armés sont des manifestations contemporaines de l’esclavage, qui toutes constituent des crimes et sont des violations flagrantes des droits humains », a-t-il noté dans un message.

Aujourd’hui, sur les plus de 40 millions de personnes victimes de l’esclavage, une sur quatre est un enfant ; trois sur quatre sont des femmes et des filles.

« Les femmes et les filles issues de groupes minoritaires sont parmi les plus vulnérables », a souligné M. Guterres, rappelant qu’il y a vingt ans, la Déclaration et le Programme d’action de Durban soulignaient le lien entre le racisme, la discrimination et la traite des êtres humains.

Fonds de contributions volontaires

Selon le chef de l’ONU, la pandémie de Covid-19 a mis en évidence qu’une plus grande vigilance s’imposait. Il a demandé aux États membres, à la société civile et au secteur privé de renforcer leur action collective « pour mettre fin à cette pratique abominable qu’est l’esclavage ».

Il a invité instamment tous les pays à redoubler d’efforts pour identifier et protéger les victimes et les survivants, notamment en contribuant au fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour la lutte contre les formes contemporaines d’esclavage.

Selon des experts indépendants de l'ONU, dont Tomoya Obokata, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d'esclavage, des défis mondiaux tels que la Covid-19, le changement climatique et les conflits armés ont amplifié les vulnérabilités existantes.

Dans un communiqué de presse conjoint, ces experts estiment que « les inégalités entre les sexes sont au cœur des formes contemporaines d'esclavage », mais notent que ces pratiques sont également alimentées par des formes de discrimination croisées, telles que la race, le statut social et économique, l'âge, le handicap, l'orientation sexuelle et le statut migratoire.

Selon eux, « il faut en priorité faire en sorte que les auteurs rendent des comptes, car actuellement l'impunité prévaut dans beaucoup trop de cas ».

« L'esclavage sous toutes ses formes doit cesser pour tout le monde, y compris les femmes et les enfants dans les contextes de conflit armé. L'esclavage est une honte pour l'humanité qui, au XXIe siècle, ne peut être tolérée », concluent-ils.

 

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