Cameroun : l’ONU condamne le meurtre de quatre élèves et un enseignant par des hommes armés dans le Sud-Ouest anglophone

26 novembre 2021

Le Coordinateur humanitaire des Nations Unies au Cameroun a condamné, vendredi, les violences meurtrières contre le secteur de l’éducation mercredi matin dans la région à majorité anglophone du Sud-Ouest.

« Le Coordinateur humanitaire, Matthias Naab, a souligné dans un communiqué que les attaques contre les écoles, les enseignants et les enfants constituent de graves violations du droit international des droits de l’homme et du droit à l’éducation », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, le porte-parole adjoint du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), Jens Laerke, insistant sur la reddition des comptes pour « tous les auteurs de ces actes odieux ». 

Une attaque sanglante a été perpétrée, mercredi, par des hommes armés non identifiés contre un lycée bilingue public dans la localité d’Ekondo Titi », située dans le département de Ndian. L’attaque a entraîné la mort de quatre élèves âgés de 12 à 17 ans ainsi que d’un enseignant. Plusieurs autres élèves et enseignants ont été blessés. 

Depuis le début de la crise anglophone fin 2016, les écoles sont fréquemment ciblées dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun par des hommes armés. 

Le 24 octobre 2020, une attaque similaire contre une école à Kumba dans le Sud-Ouest avait fait au moins huit morts et une douzaine de blessés.

Une classe abandonnée dans une école primaire du sud-ouest du Cameroun. L'école francophone financée par le gouvernement a fermé ses portes après avoir reçu des menaces directes de groupes armés.
OCHA/Giles Clarke
Une classe abandonnée dans une école primaire du sud-ouest du Cameroun. L'école francophone financée par le gouvernement a fermé ses portes après avoir reçu des menaces directes de groupes armés.

Deux écoles sur trois restent fermées dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest 

Selon l’ONU, les étudiants, les enseignants, les autorités scolaires et les installations scolaires ont été ciblés par des incendies criminels, des meurtres et des mutilations. 

Les enseignants et les étudiants sont fréquemment victimes d’enlèvements. 

En juin dernier, des élèves et des examinateurs participant à l’examen du certificat général d’éducation ont été attaqués par des groupes armés non étatiques dans plusieurs localités.

Fin octobre encore, des partenaires humanitaires ont signalé l’enlèvement de trois enfants qui se rendaient à l’école à Mulang, dans la région du Nord-Ouest. D’autres enlèvements ont été signalés dans cette région, dont les enfants sont toujours en captivité.

Les engins explosifs improvisés sont également fréquemment utilisés par les groupes armés non étatiques. Le 10 novembre, de tels engins ont blessé une dizaine d’étudiants dans l’amphithéâtre de l’université de Buea, dans la région du Sud-Ouest.

Face à cette insécurité, deux écoles sur trois dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest restent fermées, privant 700.000 écoliers d’éducation. 

« L’accès humanitaire à travers les régions est sévèrement entravé par l’insécurité », a conclu M. Laerke.

 

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