Covid-19 : plus d’un million de personnes relevant de la compétence du HCR ont reçu un vaccin

24 novembre 2021

Alors que la pandémie du nouveau coronavirus continue de mettre en danger tous les habitants de la planète, y compris les personnes déplacées par des conflits ou des persécutions, plus d’un million de réfugiés ou demandeurs d’asile, rapatriés (ex-réfugiés), apatrides et autres catégories qui relèvent de la compétence du HCR ont reçu un vaccin depuis le début de la campagne de vaccination dans le monde, a annoncé mercredi l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

« 61 pays ont rapporté que près de 1.133.589 personnes relevant de la compétence du HCR ont reçu un vaccin depuis le déploiement du vaccin », a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) dans son dernier bulletin sur la Covid-19, ajoutant que près de 113.708 cas de Covid-19 ont été signalés parmi les personnes déplacées de force dans le monde. Au total, dans 128 pays hôtes, ces personnes reçoivent déjà des sérums.

Près d’un quart des familles de réfugiés et de demandeurs d’asile ont reçu la 2e dose en Afghanistan

En Afghanistan par exemple, près d’un quart des familles de réfugiés et de demandeurs d’asile ont reçu la deuxième dose du vaccin contre la Covid-19. « En octobre, cependant, aucun nouveau réfugié ou demandeur d’asile n’a été vacciné en raison du manque de disponibilité du vaccin contre la Covid-19 dans le pays », a précisé le HCR.

Toujours dans cette région asiatique et des Pacifiques, la vaccination des migrants et des réfugiés s’est poursuivie dans toutes les provinces de Malaisie. Alors que les grands centres de vaccination devraient fermer d’ici la fin du mois d’octobre, l’accès aux vaccinations reste possible via les cliniques de soins primaires du gouvernement et certains médecins généralistes privés.

Le HCR, par l’intermédiaire de son partenaire, a commencé à fournir des vaccinations aux jeunes de 12 à 17 ans dans leur clinique de soins primaires.

En Afrique, plus de 26.488 réfugiés ont reçu au moins la première dose d’un vaccin dans la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs. Parmi eux, quelque 10.183 réfugiés sont entièrement vaccinés.

A ce sujet, le ministère de la Santé du Burundi a lancé la campagne nationale de vaccination, qui identifie les réfugiés et les travailleurs de la santé comme des cibles prioritaires. Le ministre de l’Intérieur et le représentant du HCR ont d’ailleurs inauguré le premier centre national de traitement du Covid-19 financé par le HCR.
En Tanzanie, le gouvernement a autorisé le déploiement de la campagne de vaccination dans les camps de réfugiés.

De son côté, Djibouti a entamé à vacciner les réfugiés dans les camps en utilisant des vaccins J&J et Sinovac à dose unique. « Les réfugiés sont libres de choisir entre les vaccins disponibles », a fait remarquer l’agence onusienne.

Des centres de vaccination établis dans certains camps de réfugiés au Ghana

En Afrique occidentale et centrale, les campagnes de vaccination sont en cours dans les 21 pays de la région. Selon le HCR, le vaccin est disponible gratuitement dans les établissements de santé publique.

Mais au Ghana, des centres de vaccination ont été établis dans certains camps de réfugiés. Au Cameroun et au Nigéria, le HCR soutient le déploiement d’équipes de vaccination mobiles dans les zones et les établissements éloignés.

En Afrique australe, un groupe de réfugiés sans papiers a reçu la vaccination en octobre en Angola, grâce à une plateforme mise en place par le ministère de la santé spécifiquement pour faciliter la vaccination des personnes sans papiers. Cette plateforme a été rendue possible en partie grâce au plaidoyer du HCR et de ses partenaires, qui s’emploient actuellement à sensibiliser sur le sort des réfugiés sans papiers et avec cette nouvelle opportunité qui leur est offerte.

Dans cette partie australe de l’Afrique, le taux d’infection a continué de baisser dans toute la région en octobre. Quelque 1.023 cas de Covid-19 ont été signalés parmi les personnes relevant de la compétence du HCR depuis 2020. Selon le HCR, le faible taux est en partie dû au manque d’installations de dépistage et à la dépendance à la déclaration volontaire.

Au Moyen-Orient, malgré les indications d’une quatrième vague, de nombreux pays de la région ont observé une tendance stable à la baisse des infections parmi les réfugiés et les demandeurs d’asile au cours du mois d’octobre. Selon le HCR, cela serait dû en grande partie à l’augmentation du taux de vaccination.

En Jordanie, près de 50% de la population réfugiée âgée de plus de 12 ans (soit environ 33.000 personnes) a reçu au moins une dose de vaccin. Dans le cadre des efforts du gouvernement pour augmenter la vaccination parmi les réfugiés, une station mobile de vaccination au centre d’enregistrement du HCR à Amman a été lancée le 31 octobre dernier. L’objectif est d’encourager la vaccination et sensibiliser le public.

Des journées de vaccination mensuelles mises en place dans certains pays européens

Au Liban voisin, le HCR a déployé des équipes mobiles de vaccination dans les camps de réfugiés. Ce qui a permis d’administrer 7.438 vaccins depuis le lancement en septembre dernier.

Sur le continent européen, les campagnes de vaccination ont progressé dans les centres d’accueil en Grèce, en Italie, à Malte, en Roumanie, en Serbie ainsi qu’en Bosnie-Herzégovine, où des journées de vaccination mensuelles ont été mises en place afin d’atteindre au mieux les résidents des centres d’accueil et d’asile. En Grèce, le taux de vaccination des personnes relevant de la compétence du HCR a été estimé « officieusement à 48% ».

« Il s’agit d’une évolution positive, compte tenu du faible taux de vaccination alarmant des mois précédents », a toutefois tempéré le HCR, qui s’est engagé à veiller à ce que les réfugiés, les apatrides et les autres personnes sous son mandat aient le même accès à la vaccination que le reste de la population résidente.

La Suisse décale une livraison de doses du vaccin Moderna au profit de COVAX

Des vaccins contre la Covid-19 fournis par la France grâce au mécanisme COVAX arrivent en Somalie.
ONU Somalie/Mokhtar Mohamed

 

La Suisse est devenue le premier pays à décaler son approvisionnement en doses de vaccin contre le coronavirus pour favoriser l’acheminement des sérums vers les pays en développement. Selon GAVI, l’Alliance des vaccins, Berne a accepté, mercredi, de décaler une livraison d’un million de doses du vaccin Moderna pour que le mécanisme international Covax puisse les distribuer d’ici fin décembre.

La Suisse devient ainsi le premier pays à répondre à l’appel consistant à échanger sa place avec COVAX, mécanisme lancé pour un accès équitable aux vaccins contre le coronavirus, dans les files d’attente des fabricants de l’industrie pharmaceutique. Cette entente permettra aux participants du dispositif de l’ONU d’avoir accès à un million de doses du vaccin Moderna plus tôt, c’est-à-dire au dernier trimestre de cette année.

En échange, la Suisse prendra la place de Covax, plus tard l’année prochaine. « Cette collaboration montre qu’il existe un moyen rapide et pragmatique pour les gouvernements de s’assurer que les participants au programme COVAX dans les pays en développement ont accès aux vaccins dès maintenant », a déclaré dans un communiqué le Dr Seth Berkley, PDG de Gavi.

L’Alliance mondiale du vaccin (GAVI) a salué chaleureusement cet engagement important de la Suisse. Selon cette institution basée à Genève, c’est un exemple qui montre à quel point il est facile d’améliorer la livraison de doses vers les pays en développement qui en manquent.

Alors que la pandémie continue d’avoir un impact sur des milliers de vies, l’Alliance GAVI appelle les autres gouvernements à faire de même. « J’encourage les autres gouvernements à suivre cet exemple et à travailler avec COVAX et les fabricants pour modifier les calendriers de livraison, en veillant à ce que les engagements pris dans le cadre des contrats d’achat de COVAX puissent être respectés en priorité », a insisté le Dr Berkley.

Plus de 7 milliards de doses de vaccin administrées dans le monde dont plus 500 millions livrés par COVAX

Selon les rapports des médias, la Suisse a par ailleurs promis quatre millions de doses pour Covax. Les premières avaient été acheminées en octobre dernier en Sierra Leone.

Selon un décompte établi le 22 novembre 2021 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 7,4 milliards de doses de vaccin ont été administrées dans le monde dont la majorité dans les pays riches. Et dans le cadre du déploiement de vaccins le plus important et le plus complexe de l’histoire, COVAX a jusqu’à présent livré plus d’un demi-milliard de doses à 144 pays.

Malgré les difficultés d’approvisionnement initiales, les livraisons continuent de s’accélérer régulièrement et continueront de le faire jusqu’à la fin de l’année et en 2022. 

 

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