Les sept voies par lesquelles le pastoralisme favorise un avenir meilleur (FAO)

13 novembre 2021

Le pastoralisme, mode d’élevage extensif traditionnel, emploie plus de 200 millions de personnes dans 100 pays. Les bergers guident leurs animaux à la recherche de nourriture à travers différents paysages – plaines herbeuses, savanes ou toundra. Cette pratique éprouvée fondée sur le travail avec la nature offre de nombreux avantages.

 

Les activités pastorales exploitent des races locales de diverses espèces qui s’adaptent à des environnements variables, et sont un moyen essentiel de réduire la pauvreté et d’apporter la sécurité alimentaire dans ces milieux. Fondé sur le travail avec la nature, il favorise la productivité, la durabilité et le bien-être animal.

Le pastoralisme contribue de manière essentielle à un avenir meilleur, par sept voies:

1. Diversification de la production alimentaire

Dans un monde caractérisé par une variabilité de plus en plus forte des ressources naturelles disponibles et des conditions climatiques, on peut diluer le risque de déficit de production en répondant à la demande de lait et de viande par différentes méthodes, dont le pastoralisme. Celui-ci apporte des protéines et des nutriments abordables, de qualité élevée, pour satisfaire la demande locale, et peut contribuer à réduire la dépendance d’un pays au regard des importations. À cela s’ajoute le faible niveau des intrants en comparaison des produits, étant donné que les bergers se déplacent avec leurs animaux et utilisent leurs connaissances de la nature pour trouver de l’eau et des pâturages.

2. Action contre le changement climatique

Les études montrent que les paysages pastoraux peuvent avoir un bilan carbone neutre, car les animaux qui paissent stimulent la croissance des plantes, laquelle contribue à la fixation du carbone dans les sols. Dans les systèmes pastoraux, les animaux peuvent également être lâchés dans les jachères et les champs, où ils se nourrissent des résidus de récolte et fertilisent le sol par leurs excréments – les nutriments sont ainsi recyclés dans le cadre d’une bioéconomie circulaire.

Grâce aux déplacements de troupeaux, le pastoralisme permet de diversifier les stratégies d’adaptation au changement climatique. En Mongolie, par exemple, les bergers peuvent utiliser les «otor» – des zones réservées aux périodes de crise, telle qu’une arrivée tardive des pluies – et préserver ainsi les parcours du surpâturage. Les éleveurs pastoraux gèrent en outre les ressources naturelles de manière efficace, et contribuent à la protection de la biodiversité dans tous les types de milieux, des déserts aux forêts, en passant par les zones humides. En reconnaissant et en intégrant les connaissances et les pratiques des éleveurs pastoraux, on peut donc contribuer à préserver ces écosystèmes.

Un berger et ses chameaux sur la route en direction de Tahoua, au Niger, à la tombée du jour.
Photo: UNICEF/Vincent Tremeau
Un berger et ses chameaux sur la route en direction de Tahoua, au Niger, à la tombée du jour.

3. Système d’alerte précoce en cas de pandémie

La pandémie de covid 19 nous a appris que, face aux problèmes sanitaires, il convient de prêter attention à la santé des animaux, de l’environnement et des humains. L’approche Une seule santé aide les pays à mieux suivre et maîtriser les zoonoses (maladies qui se transmettent entre les humains et les animaux). Les éleveurs pastoraux jouent un rôle essentiel dans cette approche, en déclenchant des alertes précoces en cas de nouvelles menaces de maladies infectieuses dans les populations d’animaux sauvages. L’amélioration de l’accès aux services vétérinaires et les mesures de prévention – notamment des vaccins abordables et de qualité – contribuent à répondre aux besoins de production tout en réduisant le risque de transmission de maladies.

Entre 2016 et 2019, la FAO a vacciné quelque 30 millions d’animaux contre la peste des petits ruminants dans les régions pastorales d’Éthiopie. L’Organisation aide par ailleurs les agriculteurs et les éleveurs pastoraux à utiliser de manière responsable les antimicrobiens pour contribuer à la lutte contre l’apparition et la propagation d’agents pathogènes pharmacorésistants dans la chaîne d’approvisionnement et dans l’environnement.

4. Renforcement de la main-d’œuvre et possibilités d’emploi

Le pastoralisme assure la subsistance de millions de personnes dans les trois quarts des pays du monde, mais a été ignoré pendant des années par les politiques et les investissements. La promotion de l’accès des éleveurs pastoraux à l’éducation, à la formation, à l’information, aux marchés, aux services vétérinaires et à l’appui à la production animale, ainsi qu’aux services sanitaires et financiers, et les mesures facilitant les déplacements transfrontaliers peuvent apporter des avantages économiques et sociaux substantiels.

5. Réduction de la concurrence entre consommation humaine et animale

La demande croissante d’aliments provenant d’animaux élevés de manière naturelle et nourris à l’herbe entraîne un développement du marché de détail de ces produits, ce qui ouvre des débouchés à l’exportation et des possibilités d’améliorer la rentabilité. D’après les estimations, 811 millions de personnes souffraient de la faim en 2020. Les systèmes d’élevage à l’herbe peuvent contribuer à réduire l’insécurité alimentaire en diminuant la concurrence entre les céréales utilisées pour nourrir les animaux et celles destinées à la consommation humaine.

6. Protection de la diversité animale

L’élevage pastoral est pratiqué depuis des milliers d’années, et les troupeaux présentent des niveaux de diversité génétique et de résilience parmi les plus importants au monde. Cette diversité des races locales est le résultat d’une étroite interdépendance entre l’environnement, les éleveurs pastoraux et les animaux. Par la sélection génétique et l’utilisation des connaissances écologiques locales, les éleveurs améliorent continuellement les races, et peuvent les adapter aux changements environnementaux, aux maladies et à l’évolution des préférences du marché. La nécessité d’interagir et de travailler avec d’autres troupeaux favorise également une plus grande diversité génétique.

Des éleveurs et leur troupeaux au Soudan du Sud. En janvier 2019, les cours internationaux des prix de la viande bovine, porcine et de volaille sont restés stables, tandis que les prix de la viande ovine ont diminué.
FAO/Sarah Wright
Des éleveurs et leur troupeaux au Soudan du Sud. En janvier 2019, les cours internationaux des prix de la viande bovine, porcine et de volaille sont restés stables, tandis que les prix de la viande ovine ont diminué.

7. Contribution au développement des forêts

Le pastoralisme et les forêts sont interdépendants. Dans certaines régions, les forêts riveraines (forêts proches d’une masse d’eau) constituent un espace de pâturage important pour le bétail durant les saisons sèches. En contrepartie, le pastoralisme contribue à maintenir et à régénérer ces terres. Dans les forêts des zones arides, par exemple, les ruminants facilitent la germination des graines d’acacia en les digérant, processus qui permet à l’eau et à l’air de passer à travers l’enrobage extérieur ramolli des semences. En Europe, les bergers suppriment les ronciers qui empêchent les arbres de repousser. Ils contribuent également à la prévention des incendies de forêt grâce aux prélèvements de biomasse effectués par les animaux dans les forêts.

Malgré les nombreux avantages qu’il procure – de la lutte contre le changement climatique à la préservation du patrimoine et de la biodiversité –, le pastoralisme est menacé par l’exode rural et, dans certaines régions, par des problèmes de discrimination, des conflits et l’insécurité. La FAO contribue à soutenir les éleveurs pastoraux à l’échelle de la planète, et coopère avec les pouvoirs publics locaux, des centres de recherche et des organisations pastorales à l’amélioration des connaissances, des méthodes et des outils afin de s’attaquer à ces difficultés et d’aider à la préservation et au développement du pastoralisme dans le monde entier.

 

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