Le défi du financement pour les pays accordant la priorité à la santé et au changement climatique (OMS)

8 novembre 2021

De nombreux pays accordent la priorité à la santé et au changement climatique, mais manquent de fonds pour agir, a indiqué lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un dernier rapport.

Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, seul un quart environ des pays consultés ont été en mesure de mettre pleinement en œuvre leurs plans ou stratégies nationaux en matière de santé et de changement climatique. Les pays indiquent que le manque de financement, l’impact de la pandémie de Covid-19 et l’insuffisance des capacités en ressources humaines sont les principaux obstacles aux progrès.

Le rapport de l’enquête mondiale 2021 de l’OMS sur la santé et le changement climatique constate que plus des trois quarts des pays interrogés ont élaboré ou sont en train d’élaborer des plans ou stratégies nationaux en matière de santé et de changement climatique. Quelque 85% des pays disposent désormais d’un point focal désigné responsable de la santé et du changement climatique au sein de leur ministère de la santé.

L’impact de Covid-19 sur le personnel et les ressources de santé alloués au climat

D’une manière générale, l’enquête de l’OMS révèle que l’insuffisance des financements reste la principale pierre d’achoppement pour la mise en œuvre complète des plans nationaux de santé et de changement climatique, citée par 70% des pays (contre 56% en 2019). Les contraintes en matière de ressources humaines constituent le deuxième obstacle le plus important, tandis qu’environ un tiers des pays ont identifié un manque de collaboration intersectorielle comme un obstacle clé.

Environ la moitié des pays indiquent que l’urgence Covid-19 a ralenti les progrès en matière de lutte contre le changement climatique en détournant le personnel et les ressources de santé, et continue de menacer les capacités des autorités sanitaires nationales à planifier et à se préparer aux stress et aux chocs sanitaires liés au climat.

« La nouvelle enquête de l’OMS met en évidence combien de pays ne sont pas soutenus et ne sont pas préparés à faire face aux impacts sanitaires du changement climatique. Nous sommes ici, à la COP26, pour exhorter le monde à mieux soutenir les pays qui en ont besoin et pour faire en sorte qu’ensemble nous fassions un meilleur travail pour protéger les populations de la plus grande menace pour la santé humaine à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui », a déclaré la Dre Maria Neira, Directrice du département Environnement, changement climatique et santé à l’OMS.

La pollution atmosphérique provenant des centrales électriques au charbon est liée au réchauffement de la planète et à d'autres conséquences néfastes pour l'environnement et la santé publique.
Unsplash/Kouji Tsuru
La pollution atmosphérique provenant des centrales électriques au charbon est liée au réchauffement de la planète et à d'autres conséquences néfastes pour l'environnement et la santé publique.

Lever les obstacles empêchant les pays de mettre en œuvre leurs plans

Plus globalement, près des deux tiers des pays interrogés ont réalisé une évaluation de la vulnérabilité et de l’adaptation au changement climatique et à la santé ou sont en train de le faire, tandis que pratiquement tous les pays (94%) intègrent des considérations sanitaires dans leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) à l’Accord de Paris.

« Les arguments sanitaires en faveur d’une action climatique accrue sont très clairs. Par exemple, près de 80% des décès causés par la pollution atmosphérique pourraient être évités si les niveaux actuels de pollution atmosphérique étaient ramenés aux lignes directrices de l’OMS en matière de qualité de l’air », a ajouté la Dre Neira.

Aujourd’hui, « le défi consiste maintenant à lever les obstacles qui empêchent les pays de finaliser et de mettre en œuvre des plans », a conclu Tara Neville, responsable technique au Département Environnement et santé de l’OMS et auteure principale du rapport.

 

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