Afrique occidentale et centrale : appel à l’action pour mettre fin au VIH/Sida

3 novembre 2021

Un sommet régional de trois jours sur le sida, co-organisé par l'ONUSIDA et l'Institut de la société civile sur le VIH et la santé en Afrique occidentale et centrale, s'est conclu à Dakar, au Sénégal, par un appel à l'action pour réinventer la réponse à la pandémie de VIH et mettre fin au sida en Afrique occidentale et centrale. 

Cet appel à l’action demande un soutien plus fort aux réponses de santé menées par les communautés, des politiques fondées sur la science et les données, un investissement accru dans la réponse au VIH et placer la réponse au VIH au centre de la préparation aux futures pandémies. 

Dans son discours de clôture, le Président du Sénégal, Macky Sall, s'est engagé à porter cet appel à l'action auprès de l'Union africaine.

« Le mot clé aujourd'hui plus que jamais est la mobilisation. Mobilisons-nous pour le financement, pour la recherche et pour la vaccination », a-t-il indiqué. Il s’est engagé à verser 3,5 millions de dollars supplémentaires pour le mettre en œuvre au Sénégal et dans toute la région. 

4,7 millions de personnes vivant avec le VIH en Afrique occidentale

L'Afrique occidentale et centrale compte 4,7 millions de personnes vivant avec le VIH, soit 12% des personnes vivant avec le VIH dans le monde, mais enregistre 22% de tous les décès liés au sida dans le monde. 

En moyenne, les pays de la région ont connu une baisse plus lente des infections à VIH que les autres pays du continent et la prévalence du VIH chez les femmes est nettement plus élevée que chez les hommes. L'accès au dépistage et au traitement du VIH a atteint 73 % des personnes vivant avec le VIH en 2020, contre 38% en 2015. Cela reste en deçà de l'objectif de 81 % qui avait été fixé pour 2020.

La région compte le plus grand nombre de femmes enceintes séropositives au monde qui attendent encore un traitement, et seuls 24% des enfants vivant avec le VIH ont une charge virale indétectable.

« Les soins pédiatriques sont faibles dans notre région. Les enfants nés avec le VIH meurent trop souvent de maladies liées au sida », explique Christine Kafondo, Présidente de l’Association Espoir pour Demain. « Pour la société civile, l’Appel de Dakar représente un nouveau départ ».

La Directrice exécutive d'ONUSIDA, Winne Byanyima.
Photo ONU/Amanda Voisard
La Directrice exécutive d'ONUSIDA, Winne Byanyima.

Quatre domaines principaux d’action 

Au cours du sommet, les gouvernements, les acteurs de la société civile, les organisations dirigées par les communautés, les scientifiques et d'autres partenaires ont examiné les nouvelles données et les progrès réalisés contre le VIH au cours des cinq dernières années. 

En effet, « la riposte au sida est plus efficace lorsque les organisations dirigées par la communauté fournissent des services en tant que partie intégrante de la réponse publique, qu'elles sont impliquées en tant que co-planificateurs, qu'elles peuvent mettre en avant leurs expériences et leurs préoccupations et qu'elles jouent leur rôle essentiel pour garantir que chaque partie prenante soit tenue responsable », a expliqué Vinnie Byanyima, Directrice exécutive d’ONUSIDA.

L'Appel de Dakar demande donc une action urgente dans quatre domaines principaux : 

  1. Renforcer les infrastructures des organisations communautaires pour renforcer les systèmes de santé des pays grâce à l’adoption de politiques sanitaires adéquates, et à la mobilisation de financements durables. 
  2. Mettre à jour les politiques de santé pour les aligner sur les données scientifiques les plus récentes pour répondre à la pandémie de VIH.
  3.  Augmenter de 33% les ressources nationales et internationales consacrées au VIH dans la région d'ici 2025 et supprimer les obstacles financiers à l’accès individuel des personnes vivant avec le VIH aux services de santé. 
  4. Placer la réponse au VIH, et la Covid-19, au centre du dispositif pour préparer et répondre à l’émergence possible de futures pandémies. 

Ces quatre actions qui devraient être mises en œuvre au cours des trois prochaines années, permettraient à la région de se rapprocher de l'objectif mondial de 2025, à savoir que 95% des personnes connaissent leur statut VIH, 95% des personnes connaissant leur statut VIH commencent un traitement et 95% des personnes sous traitement soient sous suppression virale. Elles contribueraient aussi à une réduction spectaculaire du nombre de décès liés au sida et de nouvelles infections à VIH dans la région.

Mettre fin au sida dans le cadre du programme de développement durable 2030 est une priorité, bien que la région est confrontée à de multiples défis, notamment la réponse à la pandémie de la Covid-19, les nombreuses crises économiques et sécuritaires et le changement climatique. 

Pour Peter Sands, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, « les pandémies telles que la Covid-19, le VIH et la tuberculose exacerbent les inégalités et s'en nourrissent », appelant à ce que le monde prenne des mesures pour lutter contre les inégalités et les autres obstacles à la santé afin de mettre fin au sida.

Le sommet a été co-organisé par l'ONUSIDA et l'Institut de la société civile sur le VIH et la santé en Afrique occidentale et centrale, sous l’égide du Président du Sénégal, Macky Sall. Il s'est tenu avec le soutien du Luxembourg et de la Fondation Bill et Melinda Gates.

 

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