Sommet mondial du Web à Lisbonne : l’ONU appelle à exploiter les données pour le bien de tous

1 novembre 2021

Le Secrétaire général de l’ONU a appelé lundi les quelques 40.000 participants attendus au Sommet de Lisbonne sur le Web à construire un avenir numérique « plus ouvert, libre, diversifié et sûr pour tous ».

Selon António Guterres, ce Sommet, considéré comme l’un des plus importants du monde concernant l’Internet, se déroule cette année « à une période charnière ».

Si la pandémie de Covid-19 a mis en lumière la puissance et les promesses de la technologie numérique, elle a également mis en évidence de profondes fractures, a souligné le chef de l’ONU, qui fait partie des plus de 1.000 intervenants et 1.250 startups attendus au Sommet du 1er au 4 novembre cette année.

« La moitié de l'humanité - en particulier les femmes et les filles des pays en développement et les populations vulnérables - n'a pas accès à l'Internet ; et ceux qui sont en ligne sont confrontés à des menaces qui ont été amplifiées par la pandémie », a expliqué M. Guterres dans un message vidéo.

Contrer les périls de l’Internet

La propagation du harcèlement, de la désinformation et des fausses informations devient épidémique et les cybercrimes sont en augmentation, a fait valoir M. Guterres.

La portée croissante des plateformes numériques et l'utilisation abusive des données seraient toutefois parmi les plus grands périls, selon lui. « Une vaste bibliothèque d'informations est en train d'être constituée sur chacun d'entre nous. Pourtant, nous n'avons pas les clés de cette bibliothèque », a averti le chef de l’ONU.

« Nous ne savons pas comment ces données ont été collectées, par qui et à quelles fins. Mais nous savons qu'elles sont exploitées pour influencer les opinions, manipuler les comportements et violer les droits de l'homme », a-t-il souligné.

Cela érode la confiance, menace le contrat social et sape la démocratie, a regretté M. Guterres.

Les gouvernements d'un nombre croissant de pays perturbent intentionnellement Internet pour contrôler le flux d'informations.
Unsplash/Avi Richards
Les gouvernements d'un nombre croissant de pays perturbent intentionnellement Internet pour contrôler le flux d'informations.

Exploiter les données « pour le bien de tous »  

António Guterres a appelé les participants à « aller au-delà du paysage fragmenté actuel de la gouvernance numérique pour exploiter les données pour le bien de tous ».

Cela exigerait l’établissement d’un consensus « pour garantir que les droits de l'homme hors ligne sont les mêmes que les droits de l'homme en ligne » a-t-il soutenu, soulignant que les Nations Unies offrent une plateforme « naturelle » pour faire avancer ce programme.  

M. Guterres a évoqué la Feuille de route pour la coopération numérique qu’il a présentée l’année dernière. Cette dernière vise « un avenir numérique plus ouvert, libre, diversifié et sûr pour tous », où l'Internet est un droit humain fondamental.

Il a signalé que cette feuille de route menait désormais à une destination : « un Pacte numérique mondial entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile, lors du Sommet du Futur en 2023 ».

« Plus que jamais, la technologie rapproche les gens : libérons ses promesses pour façonner un monde plus sûr, plus durable et plus inclusif », a dit le chef de l’ONU.

 

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