Alors que la crise s'aggrave au Mali, l'envoyé de l'ONU estime que « tout n'est pas perdu »

29 octobre 2021

En dépit des efforts collectifs, « la réalité est que la situation sécuritaire s'est détériorée et la crise s'aggrave » à travers le Mali, a prévenu vendredi l’envoyé de l’ONU dans ce pays devant le Conseil de sécurité. « Cependant, tout n'est pas perdu », a déclaré El-Ghassim Wane.

Il a souligné la visite d’une délégation du Conseil de sécurité dans le pays il y a moins d’une semaine et l'hommage rendu aux 243 soldats de la paix qui ont été tués au service de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Selon lui, c’est « un rappel brutal des sacrifices consentis au cours des huit dernières années à la recherche de la paix ». « Cela a encore renforcé notre détermination à faire en sorte que chacune de ces vies perdues ne soit pas vaine », a-t-il ajouté.

Selon le Représentant spécial, la situation au Mali reste extrêmement difficile, avec une insécurité croissante dans le nord, le centre et maintenant aussi  dans le sud.

Les attaques ciblant à la fois les forces maliennes et internationales, y compris les Casques bleus de la MINUSMA, se sont poursuivies. Rien que ce jeudi, le camp d'Aguelhok, dans la région de Kidal, a essuyé des tirs indirects de mortiers et de roquettes.

La situation humanitaire est également préoccupante, avec 4,7 millions de personnes nécessitant une assistance et quelque 400.000 personnes déplacées à l'intérieur du pays.

Pour M. Wane, dans ce contexte, la présence de la MINUSMA reste cruciale au Mali.

Le Représentant spécial, qui est également le chef de la MINUSMA, a indiqué que la mission faisait de son mieux pour soutenir les autorités nationales.

Entre mai et octobre, la Mission a répondu à « une myriade de demandes » du gouvernement et des forces de défense et de sécurité, en termes de rations, de carburant, de transport terrestre et aérien et de services d'ingénierie.

M. Wane a toutefois averti que la mission était actuellement « surchargée ». « Toutes ces activités sont entreprises dans les limites des ressources existantes. C'est dans ce contexte que le Secrétaire général a recommandé une augmentation de notre opération », a-t-il informé.

Nécessité d'une réponse politique

Le Représentant spécial estime que la réponse à tous ces défis « ne peut être purement militaire », nécessitant une réponse politique.

Concernant l'Accord de paix de 2015, il s’est dit frustré par la lenteur des progrès dans des aspects clés tels que le désarmement, la démobilisation et la réintégration, les réformes institutionnelles et le développement.

Il a également pointé du doigt certaines « évolutions encourageantes » ces dernières semaines. Selon lui, la transition « a atteint un stade critique ».

À la suite d'un coup d'État militaire en août 2020, le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a accepté une transition politique de 18 mois vers un régime civil.

Désormais, selon M. Wane, les autorités de transition estiment que l'amélioration de la situation sécuritaire et le lancement de certaines réformes fondamentales « sont essentiels pour la tenue d'élections crédibles et pour garantir que le retour à l'ordre constitutionnel et à la stabilité ne soit pas de courte durée ».

Vendredi également, la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies aux droits de l'homme, Ilze Brands Kehris, a annoncé qu'elle effectuerait une visite de six jours dans le pays, à partir du 1er novembre.

Elle rencontrera de hauts responsables gouvernementaux, le chef de la Mission de l'Union africaine au Mali et au Sahel (MISAHEL), des hauts responsables du G5-Sahel, des membres de la communauté diplomatique, ainsi que des responsables des institutions nationales des droits de l'homme et d'autres entités.

 

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