L’ONU donne le coup d’envoi de la Décennie d'action pour la sécurité routière

29 octobre 2021

La Décennie d'action pour la sécurité routière 2021-2030, lancée cette semaine, fixe l'objectif ambitieux de prévenir au moins 50% des décès et des blessures dus aux accidents de la route d'ici 2030.

Pour concrétiser cette vision, l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en coopération avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU) et d'autres partenaires, ont élaboré un plan mondial.

Dans le monde, plus de 3 500 personnes meurent chaque jour sur les routes, ce qui représente près de 1,3 million de décès évitables et environ 50 millions de blessés chaque année. Cela en fait la première cause de mortalité des enfants et des jeunes dans le monde.

On estime que les accidents de la route devraient causer 13 millions de décès et 500 millions de blessures supplémentaires au cours de la prochaine décennie, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

Des décès évitables

Selon l’OMS, ces chiffres sont inacceptables, tant en termes absolus que relatifs. Les accidents de la route restent une cause majeure de décès dans le monde, alors que chacun de ces décès et blessures pourrait être évité.

« La perte de vies et de moyens de subsistance, les handicaps causés, le chagrin et la douleur, ainsi que les coûts financiers engendrés par les accidents de la route représentent un fardeau intolérable pour les familles, les communautés, les sociétés et les systèmes de santé », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.

« Une grande partie de cette souffrance pourrait être évitée en rendant les routes et les véhicules plus sûrs et en encourageant la marche à pied, le cyclisme et l'utilisation des transports publics. Le Plan mondial pour la Décennie d'action pour la sécurité routière présente les mesures pratiques, fondées sur des données probantes, que tous les pays et toutes les communautés peuvent prendre pour sauver des vies », a-t-il ajouté.

« Nous devons changer de vitesse en matière d'engagement politique et d'orientation, en plaçant la sécurité au cœur de la mobilité durable pour réaliser l'Agenda 2030 », a déclaré la Secrétaire exécutive de la CEE-ONU, Olga Algayerova, précisant que la « CEE-ONU est prête à aider les pays grâce à ses outils juridiques et politiques, et est fière de soutenir le travail vital de l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la sécurité routière et du Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière ». 

Une femme traverse un passage pour piétons au Brésil.
OPS
Une femme traverse un passage pour piétons au Brésil.

Accélérer les actions visant à sécuriser la marche, le vélo et l'utilisation des transports publics

Le plan mondial décrit les actions nécessaires pour atteindre cet objectif. Il s'agit notamment d'accélérer les actions visant à sécuriser la marche, le vélo et l'utilisation des transports publics, qui sont aussi des modes de transport plus sains et plus écologiques, à assurer la sécurité des routes, des véhicules et des comportements, et à garantir des soins d'urgence rapides et efficaces.  

Il vise aussi à inspirer les pays, notamment les gouvernements et les partenaires, à agir de manière audacieuse et décisive, en utilisant les outils et les connaissances acquis lors de la dernière Décennie d'action pour changer de cap.

« Le Plan mondial offre un cadre d'actions nécessaires aux pays et aux villes pour atteindre notre objectif de réduire de moitié le nombre de morts et de blessés sur les routes d'ici 2030 », a indiqué l'Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la sécurité routière, Jean Todt. « Le Plan reconnaît les liens entre la sécurité routière et d'autres programmes de développement importants, tels que l'atténuation du changement climatique, la santé des enfants, les villes durables, le redressement de la Covid-19 et la technologie ». 

En effet ces liens aident le monde à comprendre le véritable avantage qu'il y a à investir dans la sécurité routière, a-t-insisté, indiquant que le Fonds des Nations Unies pour la sécurité routière « sera un outil essentiel pour mobiliser des financements ». Jean Todt a appelé tous les gouvernements et leurs partenaires à faire davantage pour sauver des vies sur les routes du monde.

« Plus de 50 millions de personnes sont mortes sur les routes du monde depuis l'invention de l'automobile. C'est plus que le nombre de morts de la Première Guerre mondiale ou de certaines des pires épidémies », a déclaré le Dr Etienne Krug, Directeur du département des déterminants sociaux de la santé à l'OMS. « Il est temps de mettre en œuvre ce que nous savons être efficace et de passer à un mode de transport beaucoup plus sûr et plus sain. Ce nouveau plan conduira les pays sur une voie plus durable ».

 

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