Investissements directs étrangers : des flux de plus de 850 milliards de dollars au 1er semestre 2021, mais une reprise très inégale (CNUCED)

19 octobre 2021

Les flux mondiaux d'investissement étranger direct (IED) ont avancé plus que prévu de janvier à juin pour atteindre plus de 850 milliards de dollars, selon un nouveau rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) publié ce mardi à Genève.

L’étude montre une dynamique de rebond plus forte que prévu, mais la reprise rapide des IED et les perspectives optimistes masquent des disparités croissantes des flux d’IED entre les économies développées et celles des pays en développement, signale la CNUCED.

Elle montre aussi « le décalage des investissements et le retard pris dans la reprise généralisée des investissements nouveaux dans les capacités productives », a déclaré James Zhan, Directeur des investissements et des entreprises à la CNUCED.

Les économies des pays développées enregistrent la plus forte hausse

Trois quarts des flux de relance, soit 373 milliards de dollars, ont été menés vers les pays riches, plus que doublant. Alors qu'ils n'ont augmenté que de 30 % vers les pays à revenus intermédiaires et qu'ils ont reculé de 9 % vers les pays pauvres. 

Les IED ont atteint près de 430 milliards de dollars dans les pays riches sur six mois, plus de trois fois plus que l'année dernière. Les arrivées vers les Etats-Unis ont augmenté de 90%.

D’une manière générale, les économies développées ont enregistré la plus forte hausse, les IED atteignant un montant estimé à 424 milliards de dollars au premier semestre 2021. Il s’agit de plus de trois fois le niveau exceptionnellement bas de 2020. 

En Europe, bien que la majeure partie de la croissance soit due à des renversements de tendance dans les pays où les mouvements de conduits sont importants, plusieurs grandes économies ont connu des augmentations considérables, ne restant en moyenne que 5 % en dessous des niveaux trimestriels pré-pandémiques.

Hausse appréciable des flux d’IDE dans les pays en développement 

Les flux d’IED dans les économies en développement ont également augmenté de manière significative. Le volume dans les pays en développement est similaire à celui des pays riches, mais il porte sur davantage d'Etats. 

Les IED totalisent 427 milliards de dollars au premier semestre 2021. L'Est de l'Asie a observé une accélération de 25 %, tandis que l'Amérique du Sud est revenue à ses niveaux proches d'avant la pandémie.

Selon la CNUCED, une augmentation a aussi été identifiée en Afrique et dans le reste de l'Asie.

Par ailleurs, les dispositifs financiers internationaux ont augmenté d'un tiers en nombre et près de trois quarts en termes de montants. Cette extension a été identifiée dans la plupart des régions aisées, en Asie et dans une partie de l'Amérique latine.

Tableau contrasté pour la confiance des investisseurs

Toutefois, les perspectives d’investissement dans les infrastructures sont solides grâce aux plans de relance COVID-19, mais les investissements dans l’industrie restent faibles.

Dans le secteur des infrastructures, cette confiance des investisseurs est la plus manifeste, grâce aux conditions de financement à long terme favorables, aux mesures de relance et aux programmes d’investissement à l’étranger. Les opérations internationales de financement de projets ont augmenté de 32 % en nombre (74 % en valeur), avec des hausses importantes dans la plupart des régions à revenu élevé ainsi qu’en Asie et en Amérique du Sud.

En revanche, la confiance des investisseurs dans l’industrie et les chaînes de valeur mondiales reste « chancelante ». 

Les annonces de nouveaux projets d’investissement ont continué à baisser (-13 % en nombre, -11 % en valeur au cours des trois premiers trimestres). Le nombre de nouveaux projets dans les industries à forte intensité de chaînes de valeur mondiales (telles que l’électronique, l’automobile et la chimie) a encore diminué.

Recul de certains investissements liés à des composantes importantes des ODD

Sur un autre plan, le financement international de projets dans le domaine des énergies renouvelables et des services publics reste le secteur à plus forte croissance. 
Toutefois, la reprise des flux d’investissement vers les secteurs pertinents pour les objectifs du développement durable (ODD) dans les pays en développement reste « fragile ». 

En effet, dans les pays en développement, les investissements dans des composantes importantes pour les ODD ont reculé depuis le début de la pandémie. Cette partie de la planète a d’ailleurs beaucoup souffert pendant la pandémie, avec des baisses à deux chiffres dans presque tous les secteurs. 

« Les incertitudes restent nombreuses », a précisé James Zhan. Dans les pays les moins avancés par exemple, le nombre de projets d’investissement en rapport avec les ODD continue de diminuer rapidement. Le nombre total des projets d’investissement liés aux ODD dans les économies des pays en développement a encore diminué de 6 %.

Des prévisions mondiales meilleures que prévu

Plus globalement, les annonces de nouveaux projets écolos ou verts ont chuté de 51 %, et les opérations de financement de projets d’infrastructure de 47 %. Selon la CNUCED, les chiffres font suite à des baisses de 28 % pour ces deux types de projets en 2020. La valeur totale des projets a augmenté, gonflée par un seul grand projet renouvelable.

Les prévisions pour l'ensemble de cette année sont aussi meilleures que prévu. Mais l'augmentation des flux sera moins importante que pendant les six premiers mois, même si ceux-ci devraient dépasser les niveaux d'avant la pandémie. 

L'incertitude reste sur la vaccination ou les investissements dans la relance, a ajouté l'ONU. 

« La durée de la crise sanitaire et le rythme des vaccinations, notamment dans les pays en développement, ainsi que la vitesse de mise en œuvre des mesures de relance des investissements en infrastructures, restent d’importants facteurs d’incertitude », a détaillé le rapport de la CNUCED.

D’autres facteurs de risque importants, notamment les goulets d’étranglement au niveau de la main-d’œuvre et de la chaîne d’approvisionnement, les prix de l’énergie et les pressions inflationnistes, auront également une incidence sur les résultats de l’année finale.
 

 

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