António Guterres : il est temps d'agir pour soutenir les États les plus fragiles

12 octobre 2021

De la Covid-19 à la crise climatique en passant par les inégalités croissantes, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a souligné, lors d'une réunion financière, l'importance d'un engagement et d'une coopération accrus pour un « avenir plus pacifique et plus prospère ».

La pandémie a plongé plus de 100 millions de personnes dans la pauvreté et plus de quatre milliards n'ont que peu ou pas de soutien social, de soins de santé ou de protection des revenus « alors qu'ils en ont un besoin si urgent », a-t-il expliqué lundi lors de l'événement annuel du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

« Les Objectifs de développement durable (ODD) courent un risque réel d'échec. La solidarité manque à l'appel et un sentiment d'injustice se répand - créant un terrain propice à la violence et aux conflits », a déclaré le chef de l'ONU dans son discours liminaire.

La solidarité manque à l'appel et un sentiment d'injustice se répand - António Guterres

« Les personnes vivant dans des États fragiles et touchés par des conflits sont celles qui souffrent le plus. Nous devons tenir les engagements que nous avons pris pour changer de cap », a-t-il ajouté.

M. Guterres a salué la stratégie du FMI pour les États fragiles et touchés par des conflits, qu'il a décrite comme « une étape essentielle pour appliquer une perspective de prévention des crises » aux risques complexes et multidimensionnels découlant de la pandémie et de son rétablissement, en particulier pour les nations sortant de crises et de conflits.

« La fragilité et les conflits ne peuvent être traités que par des politiques macroéconomiques qui favorisent la croissance inclusive et la résilience, centrées sur une transition vers la stabilité et le Programme 2030 pour le développement durable », a-t-il déclaré.

Des femmes congolaises se rassemblent à un point de distribution alimentaire au Nord-Kivu, dans l'est de la RDC (archive)
OCHA/Ivo Brandau
Des femmes congolaises se rassemblent à un point de distribution alimentaire au Nord-Kivu, dans l'est de la RDC (archive)

Scandale moral

Abordant la question de l'inégalité de l’accès aux vaccins, le chef de l'ONU l'a qualifiée de « scandale moral qui condamne le monde à des millions de morts supplémentaires et prolonge un ralentissement économique qui pourrait coûter des milliers de milliards de dollars, frappant le plus durement les pays les plus pauvres ».

Il a souligné la nécessité d'un « effort collectif audacieux » pour mettre fin à la pandémie et assurer une reprise mondiale durable et inclusive - avec un plan de vaccination mondial qui touche tout le monde, partout.

Il a rappelé que, dans le cadre de la stratégie mondiale de vaccination contre la Covid-19 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) - qui vise à vacciner 40% de la population mondiale d'ici à la fin de l'année et de 70% d'ici à la mi-2022 - les pays touchés par la crise auraient besoin d'investissements « ciblés » dans les mécanismes et les capacités de vaccination locaux pour une distribution rapide et équitable, ainsi que pour renforcer les systèmes de santé et contribuer à prévenir les futures pandémies.

L'insécurité du marché du travail ou la pauvreté peuvent rendre les jeunes plus vulnérables aux inégalités de santé
© UNHCR/Roger Arnold
L'insécurité du marché du travail ou la pauvreté peuvent rendre les jeunes plus vulnérables aux inégalités de santé

Une reprise qui bénéficie à tous

Le chef de l’ONU a identifié trois domaines dans lesquels la reprise doit profiter à tous, y compris aux États les plus fragiles, en commençant par l'augmentation des investissements dans les secours à court terme et la reprise à long terme.

« L'initiative de suspension du service de la dette du G20 doit être prolongée l'année prochaine et étendue aux pays à revenu intermédiaire », ainsi qu'une stratégie globale de réforme de l'architecture internationale de la dette, a-t-il déclaré. « Aucun pays ne devrait être contraint de choisir entre le service de sa dette et le service de sa population ».

Deuxièmement, M. Guterres a préconisé de soutenir les gouvernements touchés par la crise en investissant de manière significative dans la protection sociale universelle d'ici 2030 et dans des programmes de requalification et de perfectionnement.

Aucun pays ne devrait être contraint de choisir entre le service de sa dette et le service de sa population - António Guterres

L'accélérateur mondial des Nations Unies pour l'emploi et la protection sociale vise à créer 400 millions de nouveaux emplois dans l'économie verte et l'économie des soins d'ici à 2030, et à étendre la protection sociale aux quatre milliards de personnes qui ne sont toujours pas protégées.

Enfin, pour réaliser des progrès rapidement, la communauté internationale doit « prendre les devants » en travaillant en étroite solidarité dans le cadre du lien entre l'humanitaire, le développement et la paix, afin d'atteindre des objectifs communs.

« Il est possible de renforcer notre travail commun en matière de prévention et de consolidation de la paix, par exemple en facilitant les échanges, en partageant les analyses et en cherchant des points d'entrée pour soutenir les priorités nationales inclusives », a précisé le chef de l'ONU.

« Il est maintenant temps d'agir », a-t-il martelé. « Grâce à un engagement et une collaboration accrus, nous pouvons aider les États les plus fragiles touchés par les conflits et les crises à s'engager dans un avenir meilleur, plus pacifique et plus prospère ».

Le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD): éradiquer la faim et la pauvreté.
Banque mondiale/Jamie Martin
Le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD): éradiquer la faim et la pauvreté.

 

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