Face à une crise de l'eau imminente, l'OMM appelle à une meilleure gestion de la ressource

5 octobre 2021

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) met en garde dans un nouveau rapport contre l'augmentation du nombre de personnes souffrant de pénuries d'eau. Face à l’augmentation des catastrophes liées aux inondations depuis 2000 et celle de la durée des sécheresses, le document souligne la nécessité d'intégrer les systèmes de gestion, de prévision et d'alerte rapide.

L'OMM appelle à une action urgente pour améliorer la gestion des services d'eau et « accroître les investissements dans ce bien précieux ».

L'agence a publié mardi le rapport « The State of Climate Services 2021: Water » (Situation des services climatologiques 2021 : L'eau). Le document établi par une vingtaine d’institutions rappelle que le changement climatique provoque de plus en plus d'événements aux extrêmes opposés.

Ainsi, le nombre d'aléas hydrologiques, tels que les inondations et les sécheresses, augmente sous l'effet du changement climatique. On s'attend à ce que le stress hydrique, aggravé par la croissance démographique et la diminution des ressources disponibles, s’amplifie massivement.

Or, selon le rapport multi-institutions, la gestion, la surveillance, les prévisions et les alertes précoces dans le domaine de l’eau sont parcellaires et inadaptées, tandis que les financements alloués au niveau mondial à l'action climatique restent insuffisants.

Un enfant porte des jerricans vides qu'il remplit d'eau à partir d'un robinet voisin fournissant de l'eau non traitée provenant du Nil, à Juba, au Soudan du Sud
© UNICEF/Phil Hatcher-Moore
Un enfant porte des jerricans vides qu'il remplit d'eau à partir d'un robinet voisin fournissant de l'eau non traitée provenant du Nil, à Juba, au Soudan du Sud

Bilan des 20 dernières années

Depuis 2000, le nombre de catastrophes liées aux inondations a augmenté de 134%, tandis que la durée des sécheresses a augmenté de 29%. Le nombre de personnes souffrant de ces situations ne fait qu'augmenter, alors que les systèmes de gestion, de prévision météorologique et d'alerte sont encore insuffisants.

Le Secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, a déclaré que la hausse des températures entraînait une modification du régime des précipitations et des saisons agricoles. L'impact sur la sécurité alimentaire et la santé humaine est donc très important.

M. Taalas a rappelé que les phénomènes météorologiques extrêmes liés à l'eau, tels que les inondations excessives au Japon, en Chine, en Indonésie et au Népal, sont de plus en plus constants. Des millions de personnes se sont retrouvées sans abri et des centaines sont mortes.

Vue aérienne de la fonte des glaciers sur l'île King George, en Antarctique.
Photo ONU/Eskinder Debebe
Vue aérienne de la fonte des glaciers sur l'île King George, en Antarctique.

Europe et Afrique

En Europe, des inondations « catastrophiques » ont également causé de nombreux décès et la destruction de biens. Dans le même temps, le chef de l'OMM a souligné que « les pénuries d'eau restent un énorme problème dans plusieurs pays, notamment en Afrique ».

Plus de 2 milliards de personnes dans le monde souffrent d'un manque d'accès à l'eau potable et à un assainissement adéquat. Petteri Taalas a insisté sur le fait que le monde doit « se réveiller face à la crise de l'eau imminente ».

Les données du rapport montrent en outre qu'en 2018, 3,6 milliards de personnes ont été confrontées à un accès insuffisant à l'eau pendant au moins un mois dans l'année. Mais d'ici 2050, 5 milliards devraient être touchées.

A Khanke, en Iraq, des fondations en ciment ont été construites par l'UNICEF dans le cadre d'un projet d'infrastructures d'eau et d'assainissement pour 20.000 personnes. Photo OCHA/Iason Athanasiadis
A Khanke, en Iraq, des fondations en ciment ont été construites par l'UNICEF dans le cadre d'un projet d'infrastructures d'eau et d'assainissement pour 20.000 personnes. Photo OCHA/Iason Athanasiadis

ODD 6

Au cours des 20 dernières années, la réserve d'eau territoriale, c'est-à-dire la quantité d'eau provenant de l'humidité des sols, de la glace et de la neige, a diminué d'environ 1 cm par an. Les principales pertes ont eu lieu en Antarctique et au Groenland.

L'OMM révèle que la situation est encore pire, puisque seulement 0,5% de l'eau sur Terre est fraîche et prête à être consommée. Ainsi, le monde est loin d'avoir atteint l'Objectif de développement durable numéro 6 (ODD 6), qui prévoit l'accès à l'eau et à l'assainissement pour tous.

Dans l'ensemble, le monde entier a pris beaucoup de retard dans la course pour parvenir à l'Objectif de développement durable 6 des Nations Unies, qui porte sur la disponibilité et la gestion durable de l'eau et de l'assainissement pour tous. 

En 2020, 3,6 milliards de personnes ne disposaient pas de services d'assainissement gérés de manière sûre, 2,3 milliards n'avaient pas accès à des services d'hygiène de base et plus de 2 milliards vivaient dans des pays soumis à un stress hydrique, sans accès à l'eau potable.

Le rapport énumère plusieurs recommandations aux gouvernements. Il s'agit notamment d'investissements dans les ressources de gestion intégrée de l'eau, les systèmes de prévision des sécheresses et des inondations, en particulier dans les pays les moins développés, et l'expansion des données sur les services climatiques dans le secteur de l'eau.

 

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