Sahel : l’ONU s’inquiète de l'aggravation de l’insécurité dans la « zone des trois frontières »

30 septembre 2021

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) s’est inquiété, jeudi, de la poursuite de la détérioration de la situation sécuritaire dans la « zone des trois frontières », l’épicentre des violences au Sahel.

« Le contexte humanitaire dans la zone transfrontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger continue de se détériorer », a indiqué l’OCHA dans son dernier bulletin humanitaire. Selon l’ONU, les tendances sécuritaires montrent une augmentation continue du nombre d’incidents dans la région.

Depuis le début de l’année, les organismes humanitaires ont recensé au moins 292 incidents ayant causé la mort de 650 personnes. Et cette violence a « de graves répercussions sur les moyens de subsistance fragiles et la capacité des personnes à subvenir à leurs besoins ».

Selon l’OCHA, cette insécurité met à rude épreuve des services sociaux de base déjà faibles.

Sahel : des femmes déplacées préparent de la nourriture dans un camp informel à Bagoundié, au Mali.
© OCHA/Michele Cattani
Sahel : des femmes déplacées préparent de la nourriture dans un camp informel à Bagoundié, au Mali.

2,4 millions de déplacés internes au Sahel central dont 1,42 million au Burkina Faso

« Les déplacements à grande échelle ont un fort impact sur les ressources naturelles rares, avec des conséquences négatives tant sur les populations déplacées que sur les communautés d’accueil, renforçant le risque de mise en péril de la cohésion sociale », souligne l’Agence onusienne. Selon l’ONU, 5,2 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë.

Dans ces conditions, l’aide humanitaire est essentielle pour 10,8 millions de personnes. Cependant, seuls 22 % des fonds nécessaires à la réponse ont été reçus.

Sur le terrain, de plus en plus de personnes fuient leurs maisons pour se réfugier « dans les champs ou les villages voisins, parfois à plusieurs reprises ». Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, près de 2,4 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur de ces trois pays.

Au Burkina Faso seulement, l’un des pays les plus touchés par ces mouvements de populations, les régions du Centre-Nord, du Sahel, de l’Est et du Nord restent les plus affectées. Elles comptent à elles seules près de 1,42 million de déplacés internes. Selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés, il s’agit d’une augmentation de 4 % par rapport à juillet 2021.

Après l’attaque armée de Solhan, Au Burkina Faso, l’UNICEF vient en aide à 9.000 enfants déplacés et leurs familles.
@UNICEF
Après l’attaque armée de Solhan, Au Burkina Faso, l’UNICEF vient en aide à 9.000 enfants déplacés et leurs familles.

Poursuite des opérations humanitaires malgré les difficultés d’accès dans certaines régions

De son côté, le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) note que la sécuritaire a continué de se détériorer au Burkina Faso. Cette détérioration est marquée par « des menaces et des actes d’intimidation, le pillage de biens, notamment de bétail, l’utilisation d’engins explosifs improvisés (EEI) et des enlèvements ciblés suivis de meurtres de civils ».

Dans l’ensemble, le HCR a constaté au cours du mois d’août, « une intensification des attaques des groupes armés contre les Forces de défense et de sécurité (FDS) du gouvernement ». « L’exemple le plus marquant est l’attaque sur la route d’Arbinda, dans la région du Sahel, le 18 août, par des groupes armés contre un convoi de FDS et de civils, qui a fait plus de 30 morts et 19 blessés parmi les civils et plus de 14 morts parmi les FDS », souligne le HCR dans un rapport de situation daté du 22 septembre 2021.

Même si la situation reste volatile, l’Agence onusienne poursuit tout de même ses opérations au Burkina Faso.

« Malgré les difficultés d’accès dans certaines zones du pays, notamment dans les régions de l’Est, du Sahel, du Centre-Nord, du Nord et de la Boucle du Mouhoun », conclut le HCR.

 

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