La France appelle à construire des réponses pragmatiques et solidaires aux défis globaux

27 septembre 2021

Au dernier jour du débat général annuel de l’Assemblée générale des Nations Unies, lundi 27 septembre, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a réclamé des réponses pragmatiques et solidaires aux défis globaux tels la Covid-19, la relance économique et la crise climatique.

S’agissant du défi de la Covid-19, le chef de la diplomatie française a rappelé, dans un discours vidéo pré-enregistré, que « la santé des uns dépend de la santé de tous ».

« Il n’est pas possible que nous laissions se creuser encore la fracture vaccinale qui existe aujourd’hui entre le Nord et le Sud. Parce que le sens et la crédibilité mêmes du multilatéralisme sont en jeu dans cette épreuve. Et parce que nous savons que l’immunité sera globale ou ne sera pas », a-t-il ajouté.

Il a donc jugé urgent d’obtenir une accélération des livraisons, de s’assurer que chaque vaccin livré soit bien administré et de renforcer les capacités de production sur tous les continents.

« La France continuera d’y travailler en étroite concertation avec ses partenaires, notamment ceux du continent africain. Notre engagement de donner 60 millions de doses sera tenu d’ici la fin de l’année », a dit M. Le Drian. « Et nous sommes fiers de contribuer à financer un projet de transfert de technologie en Afrique du Sud qui devra permettre de développer sur le continent des capacités autonomes de production de vaccins à ARN messager ». 

 

Le défi de la relance économique

Le chef de la diplomatie française a également jugé nécessaire que la solidarité internationale prévale face au défi de la relance économique.

Selon lui, l’initiative de suspension de la dette prise au G20, puis l’établissement d’un cadre commun pour son traitement ont d’ores et déjà permis d’apporter une réponse à l’urgence. « Mais il faut aller plus loin, en construisant, avec l’Afrique, le nouveau pacte que le Président Macron a appelé de ses vœux au Sommet sur le financement des économies africaines en mai dernier », a-t-il dit. 

Selon M. Le Drian, le G20 doit s’engager pour que l’allocation des droits de tirage spéciaux décidée au Fonds monétaire international (FMI) soit rapidement complétée par la réallocation d’une partie d’entre eux aux pays qui en ont le plus besoin. Il a précisé que la France était prête à transférer 20% de son allocation de DTS vers les économies africaines, afin de renforcer la résilience des sociétés et d’accompagner la transition vers un modèle de développement soutenable et conforme aux objectifs pour le climat et l’environnement. 

L’urgence environnementale

La France estime aussi que l’urgence environnementale doit être « au cœur de chacun de nos choix d’avenir ».

« Il est urgent d’agir mais il n’est pas trop tard ! », a déclaré M. Le Drian, tout en mettant en garde contre les demi-mesures.

Selon lui, la Conférence des Nations Unies sur le climat, la COP26, début novembre à Glasgow, sera un moment de vérité.

« Chacun d’entre nous doit, en responsabilité, y apporter une contribution à la mesure des enjeux. A savoir des milliers de vies humaines, la stabilité internationale, l’avenir des nouvelles générations. Avant qu’il ne soit trop tard, nous devons nous retrouver autour de l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050 », a-t-il dit. « Là encore, la France sera solidaire : elle apportera six milliards d’euros par an et consacrera plus d’un tiers de ses financements à l’adaptation climatique ».

Le chef de la diplomatie française a estimé que le combat pour le climat devait aller de pair avec le combat pour la biodiversité. Il a rappelé qu’à Marseille, lors du Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui s’est tenu début septembre, « nous avons pris des engagements forts, qu’il nous faut maintenant mettre en œuvre, en particulier, concrétiser le projet emblématique de la Grande muraille verte au Sahel ».

« Nous devons aussi mettre en œuvre la finance climat au service de la biodiversité, tant les liens entre les deux sujets sont désormais avérés. Dans cette période de redémarrage de l’économie mondiale, nous devons, enfin, veiller à ce que nos pratiques commerciales soient bien compatibles avec notre volonté de solidarité internationale et nos objectifs climatiques et environnementaux », a déclaré M. Le Drian.

 

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