Il faut intensifier les efforts pour éviter les effets dévastateurs du changement climatique - Guterres

23 septembre 2021

Attirant l'attention sur le récent rapport « profondément alarmant » du Groupe intergouvernemental d’experts sur l'évolution du climat (GIEC), le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré jeudi qu'« une action climatique beaucoup plus audacieuse est nécessaire » pour maintenir la paix et la sécurité internationales.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur le climat et la sécurité, il a exhorté les pays industrialisés du G20 à intensifier leurs efforts et à prendre des mesures avant la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP26) qui aura lieu début novembre à Glasgow, en Ecosse.

Sur fond d'incendies de forêt, d'inondations, de sécheresses et d'autres événements météorologiques extrêmes, le chef de l'ONU a déclaré qu'aucune région n'est à l'abri. Il a souligné que la crise climatique est « particulièrement profonde » et est aggravée par la fragilité et les conflits.

Décrivant le changement climatique et la mauvaise gestion environnementale comme des « multiplicateurs de risques », il a expliqué que l'année dernière les catastrophes liées au climat ont déplacé plus de 30 millions de personnes et que 90% des réfugiés viennent des pays les moins capables de s'adapter à la crise climatique.

Beaucoup de ces réfugiés sont accueillis par des États qui souffrent également des impacts du changement climatique, « aggravant le défi pour les communautés d'accueil et les budgets nationaux », a déclaré M. Guterres aux membres du Conseil, ajoutant que la pandémie de Covid-19 sape également la capacité des gouvernements à répondre aux catastrophes climatiques et à renforcer la résilience.

Des panneaux solaires sont utilisés au Cambodge pour aider le pays à répondre à sa demande en énergie.
Photo PNUD/Manuth Buth
Des panneaux solaires sont utilisés au Cambodge pour aider le pays à répondre à sa demande en énergie.

Trois priorités absolues

Affirmant qu'il n'était « pas trop tard pour agir », le haut responsable de l'ONU a souligné trois « priorités absolues », à commencer par plafonner le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius.

Pour éviter des impacts climatiques catastrophiques, il a exhorté tous les États membres à augmenter leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) – des plans par lesquels les pays s'engagent à une action climatique de plus en plus ambitieuse – avant la COP26 et à traduire ces engagements en « action concrète et immédiate ».

« Collectivement, nous avons besoin d'une réduction de 45% des émissions mondiales d'ici 2030 », a-t-il déclaré.

Pour faire face aux effets désastreux du dérèglement climatique, M. Guterres a souligné la nécessité de l'adaptation et de la résilience, qui, selon lui, nécessitent l'engagement d'au moins la moitié du financement climatique mondial au renforcement de la résilience et au soutien à l'adaptation.

« Nous ne pouvons tout simplement pas atteindre nos objectifs climatiques communs - ni réaliser l'espoir d'une paix et d'une sécurité durables - si la résilience et l'adaptation continuent d'être la moitié oubliée de l'équation climatique », a-t-il déclaré.

L'adaptation au changement climatique et la consolidation de la paix « peuvent et doivent se renforcer mutuellement », a-t-il déclaré, soulignant les projets transfrontaliers en Afrique de l'Ouest et du Centre qui ont « permis le dialogue et promu une gestion plus transparente des ressources naturelles rares ».

Vulnérabilité des femmes et des filles

Et notant que « les femmes et les filles sont confrontées à de graves risques à la fois en raison du changement climatique et des conflits », il a souligné l'importance de leur « participation significative et de leadership » pour obtenir « des résultats durables qui profitent à plus de personnes ».

L'ONU tient compte des risques climatiques dans ses initiatives de prévention des conflits et de consolidation de la paix et dans son analyse politique, a expliqué le Secrétaire général.

« Le Mécanisme de sécurité climatique aide les missions sur le terrain, les équipes pays et les organisations régionales et sous-régionales à analyser et traiter les risques que le climat fait peser sur la sécurité et à mettre au point des interventions intégrées et rapides.  Ce travail prend de l’ampleur dans les pays et les régions où le Conseil de sécurité a reconnu que les changements climatiques et écologiques compromettaient la stabilité », a-t-il déclaré.

L'ONU doit faire mieux

Reconnaissant que 80% des propres émissions de carbone de l'ONU proviennent de ses six plus grandes opérations de maintien de la paix, M. Guterres a déclaré que l'Organisation devait faire mieux.

Il a assuré que l'ONU travaillait sur de nouvelles approches pour passer à des producteurs d'énergies renouvelables, qui se poursuivront « au-delà de la durée de vie de nos missions ».

« Nous faisons tous partie de la solution. Œuvrons ensemble pour atténuer les effets du dérèglement climatique et nous y adapter, afin de bâtir des sociétés pacifiques et résilientes », a conclu le Secrétaire général.

Présidant la réunion du Conseil de sécurité, le Premier ministre irlandais, Micheál Martin, a souligné l'importance pour l'organe de 15 membres de jouer un plus grand rôle dans l'évaluation et l'atténuation du changement climatique, notamment par le biais d'opérations et de mandats de maintien de la paix.

« Les personnes touchées par les conflits liés au changement climatique dépendent de ce Conseil pour le leadership », a-t-il déclaré. « Le moment est venu pour le Conseil d'agir ».

 

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