Covid-19 : la pandémie continue de reculer dans le monde (OMS)

22 septembre 2021

Le nombre d’infections quotidiennes du nouveau coronavirus a continué sa tendance baissière dans le monde, en reculant largement la semaine dernière pour la seconde fois en plus de deux mois, selon des données publiées mardi soir par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

D’après le bulletin épidémiologique de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, un niveau similaire ou un ralentissement de la pandémie a été observé dans toutes les régions du monde. Près de 3,6 millions de nouvelles infections ont été identifiées sur une semaine, ce qui correspond à un recul d’environ 10%. Et un peu moins de 60.000 décès sont également signalés entre le 13 et le 19 septembre dernier.

Si l’Europe et l’Afrique ont rapporté des nombres de cas similaires à ceux de la semaine précédente, le continent africain a tout de même enregistré une hausse de 4% (plus de 98.000 cas). Dans le même temps, les autres régions ont signalé une baisse de l’incidence hebdomadaire des cas. Les régions de la Méditerranée orientale (22%) et de l’Asie du Sud-Est (16%) enregistrent la baisse la plus importante.

Plus forte baisse des décès notée en Asie du Sud-Est

S’agissant des décès aussi, une légère embellie est observée mais elle n’a pas atteint toutes les régions. Au total, près de 60.000 personnes ont succombé au coronavirus, soit une baisse de 7% sur une semaine. L’amélioration la plus significative a été identifiée en Méditerranée orientale et en Asie du Sud-Est, qui a enregistré, comme lors du dernier bulletin, la plus forte baisse en pourcentage (27%).

En revanche, le nombre de victimes a augmenté dans le Pacifique occidental (7 %). Dans le même temps, le nombre de décès signalés dans les Amériques (-2%) et en Europe (+1%) était similaire à celui de la semaine précédente.

Les régions rapportant les taux d’incidence hebdomadaire de cas et de décès pour 100.000 habitants les plus élevés restent les mêmes que la semaine précédente. Il s’agit des Amériques (135 nouveaux cas pour 100.000 habitants ; 2,4 décès pour 100.000 habitants) et la Région européenne (117 nouveaux cas pour 100.000 habitants ; 1,6 décès pour 100.000 habitants).

Le nombre le plus élevé de morts a été signalé par les États-Unis. Avec près de 13.000 nouveaux décès, il s’agit d’une hausse de 2%.

Des doses de vaccin contre la Covid-19 fournies par le COVAX arrivent au Vénézuéla.
Photo : PAHO/OMS
Des doses de vaccin contre la Covid-19 fournies par le COVAX arrivent au Vénézuéla.

Plus de 5,77 milliards de doses de vaccins administrées dont 296 millions via COVAX

Suivent la Russie (5.469 nouveaux décès ; semblable à la semaine dernière), le Brésil (3.727 nouveaux décès ; augmentation de 17%), le Mexique (3.689 nouveaux décès ; baisse de 20%) et l’Iran (2.967 nouveaux décès ; baisse de 21%).

Comme la semaine dernière, les nouveaux cas les plus nombreux ont été signalés aux États-Unis (plus d’un million de nouvelles contaminations). Suivent l’Inde (211.242 nouveaux cas, soit une diminution de 15%), le Royaume-Uni (203.077 nouveaux cas, soit une baisse de 21%), la Turquie (183.962 nouveaux cas, soit une hausse de 16 %) et les Philippines (141.522 nouveaux cas, comme la semaine dernière) ;

Au total, la pandémie de coronavirus a fait près de 4,69 millions de morts dans le monde depuis son apparition en Chine fin décembre 2019. Selon un décompte établi par l’OMS mercredi, 228.807.631 cas confirmés de Covid-19 ont été recensés dans le monde.

A la date 20 septembre 2021, un total de 5.776.127.976 doses de vaccin ont été administrées dont la majorité dans les pays riches. À ce jour, le dispositif COVAX a expédié plus de 296 millions de vaccins dans 141 pays et territoires.

COVAX : le chef de l’OMS remercie l’Inde pour la reprise en octobre des exportations de vaccins

C’est dans ce contexte que le Chef de l’Agence sanitaire mondiale a remercié, mercredi, l’Inde, qui a annoncé la reprise de ses exportations de livraisons cruciales des sérums anti-Covid à partir d’octobre. Le Directeur général de l’OMS a également déclaré que cette mesure aidera l’OMS à atteindre son objectif de 40% de vaccination dans tous les pays d’ici la fin de l’année.

« Merci au Ministre de la Santé, Mansukh Mandaviya, d’avoir annoncé que l’Inde reprendra ses livraisons cruciales des vaccins Covid-19 par le biais de COVAX en octobre. Il s’agit d’un développement important pour soutenir l’atteinte de l’objectif de 40% de vaccination dans tous les pays d’ici à la fin de l’année. #EquitéVaccinale », a déclaré dans un tweet, le Dr Tedros.

Cette déclaration du Chef de l’OMS est intervenue après que le ministre indien de la Santé, Mansukh Mandaviya, a annoncé qu’au quatrième trimestre de 2021, le gouvernement indien reprendra l’initiative « Vaccine Maitri », qui vise à fournir des vaccins aux pays du monde entier et reprendre à assumer ses responsabilités dans le cadre de COVAX.

Afin de répondre en priorité à la deuxième vague épidémique qui l’a submergé à une vitesse fulgurante en février dernier, New Delhi avait officiellement décrété en fin mars, la suspension temporaire des exportations du vaccin anti-Covid-19 AstraZeneca produit par le Serum Institute of India (SII) pour faire face à sa demande interne.

Une chercheuse en Géorgie effectue des expériences sur la Covid-19.
Photo ADB\Tengo Giorbelidze
Une chercheuse en Géorgie effectue des expériences sur la Covid-19.

Le variant Delta a largement remplacé les trois autres variants préoccupants

Par ailleurs, l’OMS indique que le variant Delta, présent dans 185 pays et au-dessus de tous les autres, a pris la place des trois autres variants « préoccupants », Alpha, Bêta et Gamma.

Selon le dernier bulletin épidémiologique de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, ce variant, initialement détecté en Inde, a très largement supplanté les autres variants dans le monde.

« Le variant Delta représentait 90% des séquences soumises, avec une date de prélèvement d’échantillons (entre le 15 juin et le 15 septembre 2021) », a annoncé l’OMS, relevant que « la révision décrite ci-dessous reflète la propagation rapide et la prédominance actuelle du variant Delta dans la plupart des régions du monde ».

Plus transmissible, le variant Delta s’est propagé partout dans le monde, et a été signalé dans pas moins de 185 pays. Ce variant continue ainsi d’atteindre de nouvelles zones, soit cinq nouveaux pays en une semaine. « Ce virus est devenu plus fort, il est plus transmissible et il est en train de concurrencer, de remplacer les autres virus qui circulent », a indiqué Maria Van Kerkhove, Directrice de l’équipe technique Covid-19 à l’OMS, lors d’une rencontre virtuelle mardi dédiée aux médias sociaux.

Alpha, Bêta et Gamma représentent moins de 1% des séquences actuellement disponibles

En fait, moins de 1% des séquences actuellement disponibles sont (les variants préoccupants) Alpha (britannique), Bêta (sud-africain) et Gamma (brésilien). Selon l’OMS, chacun de ces trois variants, tous considérés comme « préoccupants », ne représente que 1% des contaminations dans le monde.

À l’échelle mondiale, des cas du variant Alpha ont été signalés dans 193 pays, territoires ou zones. Selon l’OMS, aucun nouveau pays n’a été ajouté ces deux dernières semaines. Dans le même temps, un nouveau pays a signalé le variant Bêta, portant le total dans le mode à 142 pays. S’agissant du variant Gamma, quatre nouveaux pays l’ont notifié à l’OMS depuis la semaine dernière, soit 96 pays et territoires au total.

L’apparition de variants fait partie du cycle normal d’un virus. Mais pour le SARS-CoV-2, certaines mutations peuvent induire une plus grande transmission (Delta) ou une certaine forme de résistance aux vaccins. C’est pourquoi l’OMS a établi une classification des variants « préoccupants », « variant d’intérêt » et de variants « à suivre » ou « variants sous surveillance » (VSS), qui font donc l’objet d’une attention accrue des autorités sanitaires en raison de certaines de ces mutations.

Un homme de 76 ans montre sa carte de vaccination après avoir reçu une dose du vaccin contre la Covid-19 à Kasoa, au Ghana.
UNICEF/Francis Kokoroko
Un homme de 76 ans montre sa carte de vaccination après avoir reçu une dose du vaccin contre la Covid-19 à Kasoa, au Ghana.

Trois variants déclassés et renommés « à suivre » par l’OMS

A ce sujet, la catégorie des « alertes à surveiller » a été renommée « variants sous surveillance » (VSS). « Le changement ne concerne que le nom, la définition restant la même », précise l’OMS, ajoutant que « les principales mesures à prendre par les États membres et l’OMS après l’identification d’un nouveau VSS sont également décrites ».

Les variants Eta (B.1.525), présent dans plusieurs pays, Iota (B.1.526 ; Etats-Unis) et Kappa (B.1.617.1 ; Inde) ont été reclassés comme « anciens variants d’intérêt » sur la base du dernier cycle d’évaluations, et après consultation avec le groupe de travail sur l’évolution des virus le 13 septembre 2021. Ils seront désormais évalués en tant que variants à suivre.

Bien que ces trois variants soient porteurs de mutations dont « l’impact phénotypique est suspecté et/ou établi », le nombre de détections signalées de ces variants a diminué au fil du temps aux niveaux mondial, régional et national. Les données de séquençage dont dispose l’OMS indiquent une baisse substantielle de leur incidence respective dans le monde, et représentent donc des risques moindres pour la santé publique par rapport aux autres variants.

Déclin significatif d’Eta, Iota et Kappa

C’est le cas du variant Eta (B.1.525), qui a été détecté dans 81 pays depuis son identification initiale en décembre 2020. Depuis un pic de circulation en avril 2021, l’OMS observe une baisse continue de la détection de ce variant. Sa prévalence est restée très faible au niveau mondial, régional et national depuis juillet dernier.

Concernant le variant Iota (B.1.526), détecté pour la première fois aux États-Unis en novembre 2020, il a été désigné comme variant d’intérêt le 24 mars 2021, à la suite d’une augmentation du nombre de séquences soumises dans plusieurs pays (identifié dans au moins 49 pays). En avril 2021, un pic d’un peu plus de 3% a été atteint, la majorité des séquences étant signalées par les États-Unis.

Mais depuis lors, la proportion de ce variant n’a cessé de diminuer, avec « un déclin significatif et continu de la proportion d’Iota aux États-Unis. Selon l’OMS, il n’a été trouvé que dans des cas très sporadiques depuis fin juillet 2021.

La mère d'une famille issue d'un groupe autochtone au Brésil reçoit une inoculation de Covid-19.
© OPS
La mère d'une famille issue d'un groupe autochtone au Brésil reçoit une inoculation de Covid-19.

Lambda (Pérou) et Mu (Colombie), deux variants d’intérêt en Amérique latine

S’agissant de Kappa (B.1.617.1) signalé pour la première fois par l’Inde au début d’octobre 2020, il s’est depuis propagé dans 57 pays. Désigné variant d’intérêt le 4 avril dernier Kappa a atteint un pic de 1% durant cette période. Mais ce variant indien a depuis montré un « déclin abrupt et continu ». Selon l’OMS, la prévalence de Kappa au niveau mondial et national est restée « très faible depuis juillet 2021 ».

Selon l’OMS, l’évaluation de l’impact des variants prend en compte les risques mondiaux posés par les variants. Mais au niveau des pays, « les autorités nationales peuvent choisir de continuer à désigner Eta, Iota et Kappa comme des variants d’intérêt local ». En outre, ces variants continueront d’être surveillés, et si leurs caractéristiques évoluent dans le temps, cette classification sera réévaluée.

Par ailleurs, la liste révisée des variants d’intérêt actuels inclut maintenant Lambda (Pérou) et Mu (Colombie), tout deux circulant en Amérique latine, où le variant Delta a commencé à circuler mais n’est pas encore devenu dominant.  

 

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