Afghanistan : l’UNESCO vivement préoccupée par l'exclusion des filles de la réouverture des écoles

18 septembre 2021

Suite à l'annonce faite en Afghanistan de réouvrir progressivement et uniquement les écoles secondaires aux garçons et leurs enseignants masculins, laissant pour compte les filles et les femmes, la Directrice générale de l’UNESCO a appelé samedi « tous les acteurs concernés en Afghanistan à veiller à ce que tous les enfants aient un accès sans entrave à l'éducation dans le cadre de la réouverture progressive des écoles ».  

« L'avenir de l'Afghanistan dépend de l'éducation des filles et des garçons », a déclaré Audrey Azoulay, à son arrivée à New York pour l'ouverture de l'Assemblée générale des Nations Unies, appelant au respect du droit à l'éducation de tous les apprenants, en particulier des filles, en cette période critique. 

La cheffe de l’Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a souligné qu’il est « tout aussi important que l’ensemble des enseignantes soient autorisées à retourner à l'école pour enseigner, offrant ainsi un environnement d'apprentissage sûr et inclusif pour les enfants en Afghanistan ».

Pour l’UNESCO, le maintien de l’interdiction du retour des filles constituerait une violation importante du droit fondamental à l'éducation des filles et des femmes.

L’agence onusienne a appelé les responsables de cette annonce « à clarifier la situation et à rouvrir les écoles pour tous les élèves afghans, garçons et filles ».

Des conséquences irréversibles qui creusent les inégalités

L’organisation onusienne pour l’éducation a mis en garde contre les conséquences irréversibles que pourrait engendrer le fait de ne pas permettre aux filles de retourner rapidement à l'école à tous les niveaux d'enseignement. 

« Un retour retardé des filles dans l'enseignement secondaire risque de les mettre à l’écart dans l'éducation et, à terme, dans la vie », a averti l’UNESCO, soulignant que cette décision pourrait creuser les inégalités et signalant le risque accru d’abandon de leur éducation et de l’adoption de mécanismes d'adaptation négatifs tels que le mariage précoce.

« Notre engagement envers les enfants afghans est sans équivoque et notre responsabilité collective est de veiller à ce que le droit fondamental à l'éducation de chacun d'entre eux soit pleinement respecté », a affirmé l’UNESCO. 

Sauvegarder les progrès 

L’UNESCO a souligné les progrès remarquables qu’a connus l'éducation en Afghanistan au cours des deux dernières décennies, notamment pour les filles et les femmes.

Depuis 2001, le taux d'alphabétisation des femmes a pratiquement doublé ; le nombre de filles à l'école primaire était presque nul en 2001 et a atteint 2,5 millions en 2018 ; et le nombre de femmes dans l'enseignement supérieur est passé d’environ 5.000 en 2001 à 90.000 en 2018, selon un rapport récent de l'UNESCO. 

« Ces acquis essentiels pour le développement du pays sont menacés si le retour des filles à l'école se fait attendre » a affirmé l’UNESCO.

 

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