Les déplacés internes sont plus vulnérables aux formes contemporaines d’esclavage, selon un expert

17 septembre 2021

Les nombreuses violations des droits de l’homme subies par les personnes déplacées sont bien connues et ce qui est souvent négligé et moins compris, c’est la mesure dans laquelle ces personnes sont affectées par les formes contemporaines d’esclavage, a alerté vendredi à Genève un expert indépendant de l’ONU.

Plusieurs facteurs rendent les personnes déplacées vulnérables aux formes contemporaines d’esclavage. Parmi ceux-ci, figurent la pauvreté, la discrimination fondée sur de multiples motifs, le statut migratoire d’une personne, l’emploi informel, ou encore l’exposition aux groupes criminels et aux passeurs.  

« Ces facteurs sont souvent exacerbés par des situations d’urgence telles que les conflits armés, les catastrophes et les effets d’une crise sanitaire comme la Covid-19 », a déclaré le Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage, Tomoya Obokata.

Devant le Conseil des droits de l’homme, il s’est penché sur le lien entre déplacement et formes contemporaines d’esclavage. Les personnes déplacées sont exposées à l’esclavage et à des pratiques semblables à l’esclavage avant même le déplacement, en transit et dans les lieux de destination.  

Inclure et intégrer les déplacés dans les communautés d’accueil

Le travail forcé, par exemple, les concerne dans l’agriculture, la construction, la restauration, l’hôtellerie, le nettoyage et dans l’industrie des services généraux. Ces secteurs et d’autres se caractérisent par la précarisation de la main-d’œuvre, ce qui facilite l’exploitation des personnes vulnérables par les employeurs, a fait valoir le Rapporteur spécial.  

L’accès des personnes déplacées à l’emploi formel peut les empêcher d’être victimes des formes contemporaines d’esclavage 

Il a ensuite souligné la nature sexospécifique de certaines formes contemporaines d’esclavage, telles que le mariage forcé et précoce et la servitude domestique, car les femmes et les filles déplacées sont gravement touchées par ces pratiques et font face à un risque supplémentaire de violence sexuelle, ce qui peut équivaloir à de l’esclavage sexuel.    

Malgré les préoccupations mentionnées dans son rapport, M. Obokata a aussi identifié des bonnes pratiques, s’agissant notamment de l’accès des personnes déplacées à l’emploi, ce qui peut les empêcher d’être victimes des formes contemporaines d’esclavage. Dans de nombreux pays, les réfugiés et les apatrides peuvent travailler légalement.  

Pour l’expert indépendant, les États doivent néanmoins faire beaucoup plus, en particulier dans les situations d’urgence. Une façon de rappeler que leur inclusion et leur intégration dans les communautés d’accueil sont essentielles pour établir des solutions durables.  

Les solutions temporaires sont pour la plupart inadéquates compte tenu de la nature prolongée des déplacements d’aujourd’hui, dont la plupart durent plus de 10 ans, a conclu M. Obokata.

 

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