Covid-19 : le HCR alerte sur les conséquences désastreuses du sous-financement de la prise en charge des réfugiés

17 septembre 2021

L’urgence Covid-19 figure en tête de liste des 10 situations humanitaires les plus sous-financées en 2021, a prévenu vendredi l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le HCR a appelé la communauté internationale à accorder une plus grande attention et davantage de soutien financier pour contrer l’impact de la Covid-19 sur les personnes déracinées dans le monde entier.

Selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés, seul un tiers des 924 millions de dollars prévus au budget a été reçu. « Ce qui laisse un vide béant dans la capacité du HCR à protéger les plus vulnérables des conséquences de la pandémie », a déclaré lors d’un point de presse à Genève, la Cheffe de la section du HCR pour la santé publique, Ann Burton.

« Malgré les progrès réalisés dans de nombreux endroits où le HCR travaille, de nouveaux cas apparaissent et l’on enregistre encore des pertes en vies humaines », a-t-elle ajouté. Alors que des vaccins sûrs et efficaces peuvent soulager les pressions sur les systèmes de santé et sauver des vies, les inégalités en matière d’accès aux vaccins continuent de frapper le plus durement dans de nombreux États qui accueillent des réfugiés.

Plus de 86% des réfugiés accueillis dans des pays en développement souvent privés de vaccins

Selon le HCR, 86% des réfugiés sont accueillis dans des pays en développement. Cependant, environ 80% de toutes les doses de vaccin ont été administrées dans des pays à revenu élevé ou intermédiaire supérieur.

Si jusqu’à présent, l’agence onusienne été encouragée par « la célérité des pays d’accueil », qui ont inclus les réfugiés dans les programmes de vaccination, le HCR les exhorte à poursuivre dans cette voie. « Cependant, nous avons constaté que de nombreux obstacles à l’accès au vaccin subsistent », a fait valoir Mme Burton.

En attendant, la réponse à la pandémie couvre toutes les régions. Elle englobe tout l’éventail des besoins et reflète les ramifications étendues de la pandémie sur la vie des personnes contraintes de fuir.

À la fin du mois d’août 2021, les besoins non satisfaits les plus importants comprenaient un déficit de 74 millions de dollars en matière d’assistance en espèces. Des lacunes plus modestes mais significatives subsistent également en matière de financement pour atténuer l’impact de la pandémie sur les soins de santé primaires, l’éducation primaire et les services aux personnes ayant des besoins spécifiques.

Des réfugiés touchés de plein fouet les répercussions économiques de la pandémie

Plus globalement, la pandémie affecte les personnes déracinées et les apatrides d’une manière qui va bien au-delà du risque posé par le virus lui-même. Ils subissent en effet de plein fouet les répercussions économiques de la pandémie. « La pénurie des fonds ne fait qu’aggraver leur situation », a insisté la Cheffe de la section du HCR pour la santé publique.

Lorsque les entreprises et les lieux de travail ont fermé, leurs moyens de subsistance précaires ont souvent été les premiers à disparaître. Alors que les gouvernements ont accordé des subventions pour compenser l’impact économique, ou aidé les écoliers à suivre des cours à distance, les personnes déracinées n’ont le plus souvent pas bénéficié de ces mesures.

Ces conséquences économiques impliquent que ces personnes ne peuvent pas payer leur loyer ou se procurer des produits de première nécessité, comme la nourriture, ce qui augmente le risque d’exploitation et de violence sexiste. Dans ces conditions, le HCR appelle les États à inclure les réfugiés dans les régimes de sécurité sociale nationaux et les donateurs à nous soutenir, afin d’aider à combler ces manques.

 

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