La Syrie est « prise dans une spirale infernale », déclare le chef des affaires humanitaires de l'ONU au Conseil de sécurité

16 septembre 2021

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU a averti mercredi que la Syrie, après plus d'une décennie de guerre, reste « prise dans une spirale descendante » et que « le pays continuera d'être un lieu de tragédie, tant que le conflit se poursuivra ».

Martin Griffiths a informé le Conseil de sécurité, après une visite dans la région à la fin du mois dernier.

Le Coordinateur des secours d'urgence a souligné l'augmentation des besoins, les problèmes persistants d'accès aux zones difficiles à atteindre et la nécessité d'un financement adéquat pour y répondre.

Pour M. Griffiths, sa visite a été l'occasion de « discussions franches et constructives », notamment à Damas avec le Ministre des affaires étrangères et son adjoint, et à Ankara, avec le porte-parole présidentiel et le Vice-Ministre turc des affaires étrangères.

Sa principale conclusion est que « les besoins humanitaires en Syrie sont plus importants qu'ils ne l'ont jamais été ».

On estime que 13,4 millions de personnes à travers le pays ont besoin d'une aide humanitaire ; une augmentation de 21 % par rapport à l'année précédente et le chiffre le plus élevé depuis 2017.

Même avec ces chiffres, M. Griffiths a déclaré que « la réalité vécue est encore plus désastreuse que les chiffres ne peuvent le décrire ».

« J'ai parlé là-bas avec des femmes, des hommes et des enfants, des effets profonds de plus de dix ans de conflit. Les enfants ont demandé de l'aide pour apprendre, pour recevoir des soins de santé, et du combustible pour survivre à l'hiver prochain », a-t-il fait valoir.

« Les ménages dirigés par des femmes ont parlé des difficultés qu'elles rencontrent pour trouver un revenu, presque aucune d'entre elles n'en disposant, ainsi que pour assurer la survie de leur famille », a-t-il rappelé.

À l'écran, Martin Griffiths, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordinateur des secours d'urgence, s'adresse au Conseil de sécurité sur la Syrie.
Photo ONU/Manuel Elias
À l'écran, Martin Griffiths, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordinateur des secours d'urgence, s'adresse au Conseil de sécurité sur la Syrie.

Des milliards supplémentaires sont nécessaires

Le plan de réponse humanitaire pour la Syrie, d'un montant de 4,2 milliards de dollars par an, est le plus important et le plus coûteux au monde, mais seulement 27 % de la réponse est financée. Un peu plus d'un quart des personnes dans le besoin ont une chance de satisfaire leurs besoins grâce à cette opération humanitaire.

« Même si ce total augmente dans les mois à venir, grâce à la réponse et à la générosité des donateurs - ce que j'espère - le financement ne suit pas le rythme des besoins croissants des Syriens. C'est une réalité fondamentale et objective », a déclaré le responsable des affaires humanitaires.

Il a également demandé aux Nations Unies et à leurs partenaires de faire « beaucoup, beaucoup plus » pour mettre la population syrienne sur la voie du redressement, y compris de nouveaux programmes axés sur le redressement rapide. Il a précisé qu'actuellement, seuls 10 % du plan global de réponse humanitaire sont consacrés au relèvement précoce.

Des enfants se tiennent à l'extérieur de la tente où ils vivent dans un camp isolé du désert du sud de la campagne de Homs, en Syrie.
© UNICEF/Abdulaziz Aldroubi
Des enfants se tiennent à l'extérieur de la tente où ils vivent dans un camp isolé du désert du sud de la campagne de Homs, en Syrie.

Paix et sécurité

Sa visite à Damas a coïncidé avec la persistance de tensions dans le sud de la Syrie, notamment autour du quartier de Dara'a Al-Balad, où 36 000 personnes ont été récemment déplacées.

Il a salué le récent accord, déclarant que le « cessez-le-feu est un développement important », mais a souligné la nécessité de voir s'il tient.

Le responsable de l'action humanitaire estime que « les besoins et les souffrances continueront de croître à court terme », mais il a déclaré être revenu avec « un engagement et une conviction renouvelés pour identifier, développer et investir dans des moyens durables et efficaces d'aider ».

Il a reconnu la complexité de la tâche, mais a déclaré que c'est ce que les membres du Conseil et les pays qu'ils représentent doivent au peuple syrien.

« Ils continuent à souffrir, et ces enfants que j'ai rencontrés dans cette salle de classe à Alep continuent à avoir un avenir incertain, et c'est notre travail d'apporter une sorte de consolation dans cet avenir », a conclu Martin Griffiths.

 

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