Le chef de l'ONU appelle à renforcer la résilience démocratique face aux prochaines crises

15 septembre 2021

Alors que le monde peine à sortir de la pandémie de Covid-19 et à se remettre de ses conséquences désastreuses, le Secrétaire général de l’ONU a estimé, à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, qu'il fallait « tirer les enseignements de ces 18 derniers mois pour faire en sorte qu’à l’avenir, en période de crise, la démocratie soit plus forte ». 

António Guterres a exhorté les gouvernements à élaborer et cultiver de bonnes pratiques de gouvernance dans les situations d’urgence, que ce soit dans le domaine de la santé publique, de l’environnement ou des finances.

En outre, il a appelé à lutter contre les injustices criantes mises au jour par la crise, qu’il s’agisse des inégalités omniprésentes liées au genre, des lacunes des systèmes de santé ou encore de l’accès inégal aux vaccins, à l’éducation, à Internet et aux services en ligne.

« En plus de faire payer un lourd tribut aux plus démunis, ces inégalités de longue date menacent la démocratie » a-t-il ajouté 

Inclure les peuples et les communautés exclus dans les prises de décisions

Des membres de la communauté Madheshi de Biratnagar au Népal participent à un rassemblement politique pour réclamer des régions fédérales autonomes et une plus grande représentation au Parlement. (2008)
Photo ONU/Agnieszka Mikulska
Des membres de la communauté Madheshi de Biratnagar au Népal participent à un rassemblement politique pour réclamer des régions fédérales autonomes et une plus grande représentation au Parlement. (2008)

« Consolider la démocratie implique également d’accepter sans réserve que les peuples et les communautés qui en ont communément été exclus participent activement à la prise de décisions − notamment par des manifestations pacifiques − et de leur donner de vrais moyens de se faire entendre », a-t-il insisté.  

Selon le Secrétaire général, « le fait de réduire au silence les femmes, les minorités religieuses et ethniques, les peuples autochtones, les personnes en situation de handicap, les défenseurs et défenseuses des droits humains et les journalistes entrave la création de sociétés florissantes ».

« La démocratie ne peut tout simplement pas survivre, et encore moins s’épanouir, en l’absence d’espace civique », a-t-il ajouté.

Selon M. Guterres, « pour protéger la démocratie, il faut aussi mettre fin progressivement aux pouvoirs exceptionnels et autres mesures d’urgence au fur et à mesure que la situation sanitaire s’améliore », ajoutant que certains États et certaines institutions du secteur de la sécurité ont eu recours aux pouvoirs exceptionnels car ils représentent un raccourci facile.

« Avec le temps, ces pouvoirs peuvent s’infiltrer dans le cadre juridique et devenir permanents, compromettant ainsi l’Etat de droit et ébranlant les libertés fondamentales et les droits humains qui forment le socle de la démocratie », a mis en garde le Secrétaire général de l’ONU.

Protéger la démocratie 

Il a souligné que toute crise représente une menace pour la démocratie, « car on a vite fait de méconnaître les droits des peuples, et en particulier ceux des personnes les plus vulnérables. C’est pourquoi j’ai accordé à la protection des droits en temps de crise une place centrale dans mon appel à l’action en faveur des droits humains ».

La Journée internationale de la démocratie est l’occasion de commencer à se projeter au-delà de la pandémie de Covid-19.

« Engageons-nous à construire un avenir dans lequel les droits humains et l’Etat de droit seront considérés comme faisant partie intégrante de la démocratie. Engageons-nous à défendre les principes d’égalité, de participation et de solidarité afin de traverser les prochaines crises plus sereinement », a conclu le chef de l'ONU.

 

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