Le Conseil de sécurité exige que le territoire afghan ne soit pas utilisé pour abriter des terroristes

30 août 2021

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté lundi une résolution sur l’Afghanistan dans laquelle il exige notamment que le territoire afghan, désormais contrôlé par les Talibans, ne soit pas utilisé pour abriter ou entraîner des terroristes.

Dans ce texte, qui était présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni et a été adopté par 13 voix pour et deux abstentions (Russie et Chine), les membres du Conseil condamnent dans les termes les plus vigoureux les attaques perpétrées, le 26 août, aux abords de l’aéroport international de Kaboul, qui ont été revendiquées par l’État islamique-Province du Khorassan, entité affiliée à l’État islamique d’Iraq et du Levant (Daech), et qui ont fait plus de 300 morts ou blessés parmi les civils et 28 victimes parmi les membres du personnel militaire.

Ils notent la condamnation de cette attaque par les Talibans, qui ont pris le pouvoir en Afghanistan le 15 août avec la chute de la capitale Kaboul.

Dans ce contexte, le Conseil exige que « le territoire afghan ne soit pas utilisé pour menacer ou attaquer tout autre pays ni pour abriter ou entraîner des terroristes, ou pour planifier ou financer des actes terroristes ». Il réaffirme qu’il importe de combattre le terrorisme en Afghanistan et note les engagements pris par les Talibans en la matière.

Le Conseil de sécurité prend note de la déclaration du 27 août, dans laquelle les Talibans se sont engagés à ce que les Afghans puissent se rendre à l’étranger, quitter l’Afghanistan quand ils le souhaitent et le faire par n’importe quel point de passage de la frontière, par voie aérienne ou terrestre, y compris depuis l’aéroport de Kaboul rouvert et sécurisé, sans que personne ne les empêche de voyager. Il dit compter que les Talibans « respecteront ces engagements et tous les autres, notamment en ce qui concerne le départ d’Afghanistan ».

Le Conseil prend note aussi de la situation dangereuse en matière de sécurité qui règne autour de l’aéroport international de Kaboul et s’inquiète de ce que, d’après les renseignements, de nouvelles attaques terroristes puissent se produire dans la zone. Il invite les parties concernées à travailler avec les partenaires internationaux pour prendre des mesures visant à renforcer la sécurité et à éviter toutes nouvelles victimes et demande que tout soit mis en œuvre afin de permettre la réouverture rapide, en toute sécurité, de l’aéroport de Kaboul et de ses environs.

Harsh Vardhan Shringla, Secrétaire aux affaires étrangères d'Inde, qui préside le Conseil de sécurité en août, lors d'une réunion sur l'Afghanistan.
Photo ONU/Eskinder Debebe

 

Respecter les droits humains

La résolution réaffirme qu’il importe de respecter les droits humains, « y compris ceux des femmes, des enfants et des minorités », et encourage toutes les parties « à rechercher un règlement politique inclusif et négocié qui prévoie la participation entière, égale et véritable des femmes et qui réponde à l’aspiration des Afghans de conserver et de consolider les acquis obtenus par le pays ces 20 dernières années dans le respect de l’Etat de droit ».

Le texte adopté par le Conseil demande également le renforcement des efforts visant à fournir une assistance humanitaire à l’Afghanistan et demande à toutes les parties de permettre l’accès complet, en toute sécurité et sans entrave de l’ONU et de ses partenaires pour veiller à ce que l’aide humanitaire parvienne à toutes les personnes qui en ont besoin.

Le Conseil de sécurité demande à tous les donateurs et aux acteurs humanitaires internationaux d’apporter une aide humanitaire à l’Afghanistan et aux principaux pays accueillant des réfugiés afghans.

Une crise de la protection de l'enfance

Lors d’un point de presse lundi devant des journalistes basés à New York, le Représentant de l’UNICEF en Afghanistan, Hervé Ludovic De Lys, a rappelé qu’environ 10 millions d’enfants en Afghanistan ont désespérement besoin d’aide humanitaire.

« Il s'agit d'une crise de la protection de l'enfance dans un pays qui est déjà l'un des pires endroits au monde pour être un enfant », a dit M. De Lys.

Il a noté que dans un contexte de conflit et d'insécurité, les enfants vivent dans des communautés qui manquent d'eau à cause de la sécheresse. « Il leur manque des vaccins vitaux, notamment contre la polio, une maladie qui peut paralyser les enfants à vie. Beaucoup sont tellement malnutris qu’ils sont allongés dans des lits d'hôpitaux trop faibles pour saisir un doigt tendu », a-t-il expliqué.

« Ces enfants sont privés de leur droit à une enfance saine et protégée. C'est pour chacun de ces enfants que l'UNICEF reste. Nous sommes en Afghanistan depuis 65 ans et nous sommes ici pour fournir une aide essentielle et fournir des services à ceux qui en ont le plus besoin », a-t-il ajouté.

 

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