Afghanistan : l'UNESCO appelle à garantir la liberté d'expression et le droit à l’éducation

Des journalistes lors d'un événement à Kaboul, à l'occasion de la Journée nationale des journalistes afghans (mars 2019), en faveur de la liberté des médias et de la solidarité avec les journalistes en Afghanistan.
MANUA/Fardin Waezi
Des journalistes lors d'un événement à Kaboul, à l'occasion de la Journée nationale des journalistes afghans (mars 2019), en faveur de la liberté des médias et de la solidarité avec les journalistes en Afghanistan.

Afghanistan : l'UNESCO appelle à garantir la liberté d'expression et le droit à l’éducation

Droits de l'homme

La Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, a appelé vendredi à garantir la liberté d'expression et la sécurité des journalistes en Afghanistan, dans le plein respect des normes internationales et des obligations en matière de droits de l'homme. 

« L'accès à des informations fiables et à un débat public ouvert, grâce à des médias libres et indépendants, est essentiel pour que les Afghans puissent vivre dans la société en paix qu'ils méritent », a déclaré la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). 

« En cette période critique, personne ne doit avoir peur de dire ce qu'il pense, et la sécurité de tous les journalistes, notamment des femmes, doit être tout particulièrement garantie », a ajouté Mme Azoulay.

Un secteur des médias professionnels dynamique et diversifié 

L'UNESCO dit rester déterminée à continuer de soutenir par tous les moyens possibles la liberté d'expression et l'accès à l'information pour tous les Afghans. 

Au cours des dernières décennies, l'UNESCO a participé à l'épanouissement d'un secteur des médias professionnels dynamique et diversifié en Afghanistan, « qui continue de faire preuve d'un engagement extraordinaire au bénéfice du public, même face à la violence et aux menaces ».

Au cours de cette seule année, au moins sept journalistes, dont quatre femmes, ont été tués dans l'exercice de leur fonction, selon les données de l’UNESCO.

L'agence onusienne souhaite que les importants progrès réalisés ne soient pas réduits à néant et que les femmes journalistes en particulier puissent poursuivre leur travail essentiel. 

Les femmes journalistes en particulier doivent pouvoir poursuivre leur travail essentiel sans menace ou représailles

L'UNESCO a pris note des récentes déclarations selon lesquelles aucune menace ou représailles ne seront exercées à l'encontre des journalistes. Elle demande que cet engagement soit « respecté et suivi rigoureusement dans tout le pays ».

Au cours des vingt dernières années, le travail de l'UNESCO a consisté à aider à la formulation de nouveaux cadres législatifs, à contribuer au développement des médias communautaires, à améliorer l'enseignement du journalisme, à promouvoir l’égalité hommes-femmes dans les médias, ainsi qu'à renforcer la radiodiffusion éducative. 

Plus récemment, l'agence onusienne a soutenu les réseaux de vérification des faits et les médias afin qu’ils puissent rendre compte de la crise due à la pandémie de Covid-19 de manière professionnelle.

Une jeune fille en Afghanistan montre un robot qu'elle a mis au point lors d'une exposition à Kaboul.
© UNICEF/Omid Fazel
Une jeune fille en Afghanistan montre un robot qu'elle a mis au point lors d'une exposition à Kaboul.

Rien ne doit entraver le droit fondamental à l’éducation

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S'agissant de l'éducation, la Directrice générale de l'UNESCO a également déclaré que « rien ne doit entraver le droit fondamental à l’éducation, en particulier pour les filles et les femmes ».

Mme Azoulay a affirmé que l’UNESCO ne ménagerait aucun effort pour soutenir tous les Afghans afin de garantir ce droit fondamental, indispensable à l'exercice des autres droits de l’homme et au développement de l’Afghanistan. 

« Les importants progrès réalisés dans le pays, notamment en matière d'éducation, ne doivent pas être perdus. L’éducation doit se poursuivre pour les filles et les femmes. L’avenir de l’Afghanistan dépend d’elles », a ajouté la cheffe de l’UNESCO.

L’agence onusienne appelle à garantir le droit à l’éducation sans aucune discrimination.

Les étudiants, les enseignants et autres personnels de l’éducation doivent avoir accès à des environnements sûrs. Les filles et les femmes, en particulier, doivent continuer à apprendre et à enseigner sans aucune restriction. 

Depuis 1948, l’UNESCO fournit une assistance technique pour renforcer l'éducation en Afghanistan. Par le biais de son bureau à Kaboul, elle a investi dans la politique éducative, en particulier pour l'éducation des filles. 

À travers la plus grande campagne d’alphabétisation de l'histoire de l’agence, 1,2 million d’Afghans, dont 800.000 femmes, ont été touchés.

Plus récemment, l’UNESCO a soutenu les efforts visant à faire face à la pandémie de Covid-19, en aidant le système éducatif à promouvoir un retour à l’école en toute sécurité, tout particulièrement pour les filles.