Israël doit protéger les défenseurs des droits humains dans le territoire palestinien occupé – experte de l'ONU

11 août 2021

Une experte de l'ONU a exprimé mercredi sa préoccupation face aux arrestations, au harcèlement, à la criminalisation et aux menaces contre les défenseurs des droits humains dans le territoire palestinien occupé et en Israël, et a appelé Israël à veiller à ce que tous les défenseurs des droits humains palestiniens soient protégés.

« Les arrestations et les raids contre les domiciles des défenseurs des droits humains palestiniens font partie d'une répression plus large contre ceux qui défendent les droits humains des Palestiniens dans le territoire palestinien occupé », a déclaré Mary Lawlor, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits humains.

Elle s'est déclarée alarmée par l'arrestation et la détention arbitraires de Farid Al-Atrash, défenseur des droits humains et avocat à la Commission indépendante des droits humains (ICHR). Il a été arrêté par les forces militaires israéliennes après avoir participé pacifiquement à une manifestation à Bethléem le 15 juin et a été libéré sous caution huit jours plus tard.

L’experte de l’ONU a déclaré qu'elle était également préoccupée par le transfert forcé de Palestiniens vivant dans les quartiers Sheikh Jarrah et Silwan de Jérusalem. « Muna Al-Kurd, Mohammed Al-Kurd et Zuhair Al Rajabi, défenseurs des droits humains en première ligne pour protéger leurs communautés contre les déplacements forcés, ont été arrêtés et interrogés », a-t-elle déclaré.

Le cas d'un défenseur des droits humains franco-palestinien

Elle a également cité la situation de Salah Hammouri, un défenseur des droits humains franco-palestinien et avocat de l'association Addameer Prisoner Support and Human Rights, qui risque de voir son permis de séjour permanent à Jérusalem révoqué.

« Je suis choquée que des membres du Health Work Committee, qui fournissent des services de santé aux Palestiniens vivant dans des zones reculées de Cisjordanie, aient été arrêtés, interrogés et puissent être criminalisés en raison de leur travail en faveur des droits humains », a ajouté Mary Lawlor.

La Directrice du comité, Shatha Odeh et son ancienne coordinatrice de projet, Juana Ruiz Sánchez, sont détenues à la prison de Damoun et son comptable, Tayseer Abu Sharbak, à la prison d'Ofer. Ils sont jugés pour avoir participé à ce qui est décrit comme « une organisation illégale ». 

« J'appelle les autorités israéliennes à libérer immédiatement les trois défenseurs des droits humains », a déclaré l’experte de l’ONU. Elle a également exhorté les autorités à enquêter sur les allégations de mauvais traitements contre les deux femmes défenseures des droits humains.

« La détérioration de la santé d'Odeh et l'isolement en cellule de Sánchez sont extrêmement préoccupants », a-t-elle déclaré. Shatha Odeh, qui souffre de problèmes de santé chroniques sous-jacents, s'était initialement vu refuser l'accès aux médicaments nécessaires et à des vêtements propres.

Mary Lawlor a souligné l'importance de protéger les défenseurs des droits humains palestiniens dans le territoire palestinien occupé, en particulier ceux qui protègent les droits de leurs communautés au logement, aux soins de santé et à la liberté de réunion et d'association.

« J'appelle les autorités à cesser de cibler ces défenseurs des droits humains et à leur permettre de mener à bien leur travail légitime et pacifique sans aucune restriction », a-t-elle déclaré.

L'appel de l'experte est appuyé par :

Michael Lynk, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans le territoire palestinien occupé depuis 1967 ; Melissa Upreti (Présidente), Dorothy Estrada-Tanck (Vice-Présidente), Elizabeth Broderick, Ivana Radačić et Meskerem Geset Techane, du Groupe de travail sur la discrimination à l'égard des femmes et des filles; Fernand de Varennes, Rapporteur spécial sur les questions relatives aux minorités ; Reem Alsalem, Rapporteure spéciale sur la violence à l'égard des femmes, ses causes et ses conséquences ; Tlaleng Mofokeng, Rapporteure spéciale sur le droit de chacun de jouir du meilleur état de santé physique et mentale susceptible d'être atteint ; Clément Nyaletsossi Voule, Rapporteur spécial sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association.

 

NOTE

Les Experts indépendants et Rapporteurs spéciaux font partie de ce qu’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel.

 

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