Myanmar : un expert appelle la communauté internationale à agir face à la propagation dangereuse de la Covid-19

14 juillet 2021

Au Myanmar, l'augmentation des cas de Covid-19, un système de santé qui s’est effondré et une profonde méfiance de la population à l'égard de la junte militaire, pourraient entraîner de nouvelles pertes en vies humaines, a prévenu mercredi l'expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits humains dans ce pays.

Dans un communiqué de presse, Tom Andrews a déclaré qu'une aide « d'urgence » pour le Myanmar était nécessaire pour sauver des vies. « Le meilleur état de santé possible est l'un des droits fondamentaux de chaque être humain et ce droit est refusé à la plupart des habitants du Myanmar. La communauté internationale doit agir », a-t-il dit.

Il a réitéré son appel de la semaine dernière à une Coalition d'urgence pour la population du Myanmar, afin de fournir une aide humanitaire au pays, alors que celui-ci est confronté à de graves pénuries de fournitures médicales et d'oxygène.

La capacité de vaccination et de dépistage à travers le Myanmar est également très limitée. Parmi les personnes testées, 26% ont été déclarées positives, a dit M. Andrews, avertissant que le pays courait un « risque grave de devenir un État super-propagateur de Covid-19 », affectant un nombre incalculable de personnes à la fois à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières.

« La junte manque de capacités, de légitimité »

En particulier, l’expert a souligné que la junte « manque de ressources, de capacités et de légitimité » pour maîtriser cette crise.

« La crise au Myanmar est particulièrement meurtrière en raison de la méfiance généralisée à l’égard de la junte militaire », a-t-il déclaré, appelant la communauté internationale à aider à faciliter un organisme politiquement neutre pour coordonner une réponse à la Covid-19 incluant un programme de vaccination « auquel la population du Myanmar fera confiance ».

« Les États membres, les organisations internationales, les organismes régionaux et les organisations non gouvernementales qui sont disposés et capables de fournir une aide indispensable doivent le faire avant qu'un nombre incalculable ne périsse et que le Myanmar ne devienne un super vecteur de propagation de ce virus mortel », a souligné l'expert.

Le Rapporteur spécial s'est également alarmé de la situation des communautés vulnérables du Myanmar, notamment des prisonniers détenus dans des établissements surpeuplés. « La population carcérale du Myanmar, y compris les milliers de prisonniers politiques qui sont arbitrairement détenus depuis le coup d'État, est en grave danger. Les prisonniers, en particulier ceux qui souffrent d'affections sous-jacentes, pourraient voir leur détention devenir une condamnation à mort », a-t-il averti.

Près de 6.000 personnes ont été arbitrairement détenues au Myanmar depuis que l'armée a renversé le gouvernement élu et pris le pouvoir le 1er février. En outre, environ 900 personnes, dont des enfants, ont été tuées et d'innombrables autres blessées.

« Les voisins du Myanmar sont bien placés pour aider et ont un intérêt à le faire, mais il n'y a pas de temps à perdre », a exhorté M. Andrews. « Ceux qui ont une influence sur les dirigeants de la junte doivent immédiatement chercher à obtenir leur coopération. L'ONU et d'autres membres de la communauté internationale sont en mesure de fournir une assistance immédiate pour faire face à cette crise qui se détériore rapidement ».

NOTE :

Les rapporteurs spéciaux et experts indépendants font partie de ce que l'on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Procédures spéciales, le plus grand groupe d'experts indépendants du système des droits de l'homme des Nations Unies, est le nom général des mécanismes indépendants d'enquête et de suivi du Conseil qui traitent soit de situations spécifiques à des pays, soit de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des Procédures spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne font pas partie du personnel de l'ONU et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

 

 

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