L’ONU appelle à préserver la santé et les droits des femmes et des filles

11 juillet 2021

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de bouleverser le monde et que les femmes et les filles ont été les plus durement touchées, l’ONU appelle à garantir les droits à la santé procréative pour chaque personne, partout dans le monde, à l’occasion de la Journée mondiale de la population.

« Aux millions de vies tragiquement perdues, il faut ajouter un bilan plus insidieux : une augmentation choquante de la violence domestique, les épouses étant contraintes de s’isoler avec un conjoint qui les maltraite ; des maternités vides, les femmes repoussant la maternité ; et des grossesses non désirées en raison de l’accès restreint aux services de contraception », a souligné le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message pour cette journée célébrée chaque année le 11 juillet.

D’après les dernières estimations, la pandémie de Covid-19 fera basculer 47 millions de femmes et de filles dans la pauvreté extrême, et de nombreuses filles qui ont dû arrêter l’école risquent de ne jamais y retourner.

« Aux quatre coins du monde, nous assistons à un recul par rapport aux acquis durement gagnés, ainsi qu’à une érosion des droits, des choix et du libre-arbitre des femmes en matière de procréation. Lorsque la pandémie s’est déclenchée, les ressources destinées aux services de santé sexuelle et reproductive ont été détournées », a noté le chef de l’ONU. « Ces lacunes dans l’accès aux droits de santé sont inadmissibles. Les femmes ne peuvent être seules dans ce combat ».

Le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) a également souhaité cette année souligner les besoins et vulnérabilités particulières des femmes et des filles pendant cette pandémie, ainsi que les efforts nécessaires pour assurer leur santé et garantir leurs droits.

« Aucune organisation, aucun pays ne peut accomplir cela seul », a déclaré le Dr Natalia Kanem, Directrice exécutive de l’UNFPA, dans un communiqué.

Des risques accrus par la pandémie

Dans le monde entier, les femmes doivent faire face à des risques accrus par la pandémie. Les soignant·e·s qui travaillent en première ligne, qui sont majoritairement des femmes, sont par exemple directement à risque de contracter la Covid-19.

Les femmes et les filles qui ont besoin de recourir à des services de santé sexuelle et procréative peuvent être angoissées par leur exposition potentielle au virus lors des soins, voire abandonner complètement ces soins. D’autres n’ont plus accès aux soins à cause des restrictions de déplacement et de la capacité d’accueil réduite des services de santé.

De nombreux hôpitaux et centres de santé rapportent une baisse du nombre de femmes et de filles recevant des soins essentiels de santé sexuelle et procréative, que ce soit en matière de services prénatals, d’accouchement médicalisé ou de planification familiale.

L’UNFPA et ses partenaires estiment que six mois d’importantes perturbations dans les services de santé pourraient avoir pour conséquence la perte des moyens de contraception pour 47 millions de femmes dans les pays à faibles et moyens revenus, ce qui provoquerait 7 millions de grossesses non désirées. Il est également probable que le nombre de décès maternels augmente.

L’UNFPA travaille à assurer un accès constant aux services et aux équipements de santé procréative. En Gambie, par exemple, où la pandémie a fait baisser le nombre de femmes ayant recours à des services de santé, l’UNFPA fournit des équipements de protection aux soignant·e·s, aide à améliorer les communications communautaires autour de la maladie et assure la continuité des programmes de planification familiale et de formation des sages-femmes.

Violence basée sur le genre

Les circonstances sont encore plus éprouvantes dans les situations de crise humanitaire. Au Venezuela, il a fallu envoyer des fournitures médicales pour soutenir le système de santé local, qui était déjà en crise avant l’explosion de la pandémie.

Des tensions de plus en plus nombreuses au sein du foyer, provoquées par la pression économique et les restrictions de déplacement, se traduisent par des violences partout dans le monde. Les femmes qui sont confinées chez elles, en compagnie de leurs agresseurs, n’ont bien souvent personne vers qui se tourner. De nouvelles formes de violence pourraient également augmenter, comme le cyberharcèlement, note l'UNFPA.

L’agence onusienne estime que six mois de confinement pourraient provoquer l’émergence de 31 millions de cas de violence basée sur le genre, puis 15 millions par trimestre supplémentaire de confinement.

De plus, l’accès aux refuges et aux rendez-vous de soutien psychologique est limité par la pandémie, ce qui n’arrange pas la situation. L’UNFPA et ses partenaires travaillent pour assurer le maintien des services aux survivantes partout où c’est possible, ainsi que pour augmenter le nombre d’opérations à distance.

 

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