Myanmar : l’envoyée de l’ONU appelle le Conseil de sécurité à agir

18 juin 2021

L'Envoyée spéciale de l'ONU pour le Myanmar a déclaré vendredi qu'elle avait appelé le Conseil de sécurité à agir rapidement en réponse à la crise actuelle dans ce pays d'Asie du Sud-Est résultant du coup d'État militaire de février.

S'adressant aux journalistes à la suite d’un briefing à huis clos devant les membres du Conseil, Christine Schraner Burgener a qualifié la situation au Myanmar de « très préoccupante » et de « très mauvaise ».

Quelque 600 personnes ont été tuées au cours des cinq mois qui ont suivi le coup d'État, a-t-elle déclaré, et 6.000 ont été arrêtées, dont 5.000 sont toujours en détention. Une centaine de personnes ont « disparu » sans laisser de trace.

La crise a déraciné quelque 175.000 personnes, ce qui a aggravé les déplacements internes qui existaient avant que l'armée ne prenne le pouvoir et n'arrête des dirigeants politiques, dont le Président U Win Myint et la Conseillère d'État Aung San Suu Kyi. Environ 10.000 réfugiés ont fui vers l'Inde et la Thaïlande.

« J'ai demandé au Conseil de sécurité une action et un soutien opportuns. C'est vraiment primordial », a-t-elle déclaré. « Nous avons une situation alarmante sur le terrain pour tous les civils car le système de santé s'est complètement effondré et la sécurité alimentaire est également en danger ».

Mme Schraner Burgener a averti qu'environ la moitié de la population pourrait vivre en dessous du seuil de pauvreté l'année prochaine si la situation persiste.

« J'ai exhorté le Conseil à parler dans l'unité et surtout contre la violence, et aussi que les prisonniers politiques soient libérés le plus rapidement possible », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur le manque d'unité du Conseil sur le Myanmar, l'Envoyée spéciale a répondu qu'elle avait également eu des entretiens bilatéraux avec des ambassadeurs. «  Il est clair que tous ne partagent pas la même position, ce qu'ils doivent faire ensemble, mais mon rôle est toujours de les inciter à passer à l'action et à être unis », a-t-elle dit.

Débats et dialogues

Mme Schraner Burgener a en outre signalé que les violations des droits humains se sont multipliées au Myanmar, tandis que la violence se produit dans des régions où elle ne s'était pas produite auparavant.

Elle a déclaré que la violence émanait également « d’organisations ethniques armées qui ont également été attaquées par des frappes aériennes de l'armée, ou qui gardent des personnes d'autres régions sous leur protection ». Selon elle, il est important d’avoir « un dialogue sans exclusive avec toutes les parties prenantes ».

« Je suis en contact avec presque toutes les organisations ethniques armées pour discuter de la manière dont nous pouvons résoudre le problème global dans le pays afin de trouver une solution pacifique. Et je suis sûre que parler est toujours mieux que la violence », a-t-elle ajouté.

Mme Schraner Burgener, qui a fait un exposé devant l'Assemblée générale des Nations Unies vendredi après-midi, doit poursuivre son engagement dans la région. Elle a déclaré qu'elle avait récemment eu une « discussion ouverte » à Jakarta avec le commandant en chef de l'armée, et a exprimé l'espoir que les discussions se poursuivront.

« De toute évidence, je peux imaginer qu'il n'aimerait pas me voir maintenant au Myanmar parce que les gens me connaissent... et ils seraient probablement très encouragés par ma présence, donc je pense que ce n'est pas dans l'intérêt de l'armée », a-t-elle déclaré. « Mais tant que je peux avoir des contacts avec eux, c'est la chose la plus importante. Et je vais bientôt aussi les recontacter pour les amener également à un dialogue ».

De son côté, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi une résolution non contraignante qui condamne le coup d’Etat au Myanmar et appelle « tous les Etats membres à empêcher l’afflux d’armes » dans ce pays.

Ce texte a été approuvé par 119 Etats, 36 s’étant de leur côté abstenus. Un pays, le Bélarus, a voté contre.

 

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