41 millions de personnes menacées par la famine dans le monde (PAM)

18 juin 2021

Le nombre de personnes qui sont au bord de la famine a augmenté depuis le début de l’année, passant de 34 millions à 41 millions, a alerté vendredi, le PAM, le Programme alimentaire mondial de l’ONU.

Selon le dernier Plan d’intervention opérationnel mondial du PAM, la famine - provoquée par les conflits et alimentée par les chocs climatiques et le ralentissement économique provoqué par la Covid-19 - pourrait bientôt devenir une réalité pour des millions de personnes.  

« Les niveaux de la faim dans le monde augmentent à mesure que les conflits, les chocs climatiques et la pandémie de Covid-19 entrent en collision. Et le moindre choc fera basculer dans la famine ces millions de personnes », a déclaré Tomson Phiri, porte-parole du PAM, lors d’un point de presse de l’ONU à Genève.
 
Le nombre de personnes au bord de la famine est ainsi passé de 34 millions à 41 millions. « Sans une aide alimentaire d’urgence immédiate, ces personnes risquent elles aussi de mourir de faim, car le moindre choc les fera basculer dans la famine », a insisté M. Phiri.

Yeshialem, 27 ans, tient sa fille de 6 mois qui souffre de malnutrition au centre de santé d'Aby Adi, dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie.
© UNICEF
Yeshialem, 27 ans, tient sa fille de 6 mois qui souffre de malnutrition au centre de santé d'Aby Adi, dans la région du Tigré, dans le nord de l'Éthiopie.

Inquiétudes en Éthiopie, à Madagascar, au Soudan du Sud et au Yémen

Ainsi, c’est quelque 584.000 personnes qui seront probablement confrontées cette année à des conditions proches de la famine en Éthiopie, à Madagascar, au Soudan du Sud et au Yémen.

Le Nigéria et le Burkina Faso sont également particulièrement préoccupants car ils ont connu ces derniers mois des poches de population proches de cette situation de « catastrophe ». Celle-ci, communément appelée phase 5 est la plus élevée sur l’échelle à cinq niveaux du cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Plus généralement, l’agence de l’ONU basée à Rome prévient que le monde ne progresse plus vers la faim zéro. Les progrès ont marqué le pas et se sont inversés. Le PAM estime que plus de 270 millions de personnes seront en situation d’insécurité alimentaire aiguë ou à haut risque cette année.

« La situation en 2021 n’a rien d’habituel et elle s’aggrave. Nous sommes extrêmement préoccupés par les personnes les plus vulnérables du monde, alors que les prix des denrées alimentaires continuent d’augmenter dans le monde entier », a détaillé le porte-parole du PAM.

Pour la plus grande opération de son histoire, le PAM cible 139 millions de personnes

En attendant, le prix de « l’inaction » face à ces besoins alimentaires croissants se mesure inévitablement en termes de vies perdues. Pour l’agence onusienne, une grave insécurité alimentaire a également un impact économique à long terme, qu’il s’agisse de la perte de productivité ou de l’augmentation des coûts des soins de santé, sans parler du coût incalculable que représente la perte du potentiel humain de générations entières et qui compromet l’avenir d’une nation.

Pour éviter la concrétisation de ces scénarios, le PAM a entrepris la plus grande opération de son histoire en ciblant 139 millions de personnes cette année. Il s’efforce ainsi d’augmenter l’aide alimentaire et nutritionnelle vitale pour répondre aux besoins essentiels des personnes les plus démunies.

Il s’agit surtout de surmonter les difficultés d’accès et d’étendre les transferts en espèces, en prévoyant d’importantes augmentations dans plusieurs opérations, notamment en Éthiopie, au Liban, en Afghanistan, au Soudan et en Syrie.

Une mère attend de recevoir de la nourriture pour son enfant dans le sud de Madagascar affecté par la sécheresse.
© WFP/Fenoarisoa Ralaiharinony
Une mère attend de recevoir de la nourriture pour son enfant dans le sud de Madagascar affecté par la sécheresse.

Le PAM a besoin de 5 milliards de dollars en 2021

Mais pour éviter la famine et répondre aux besoins alimentaires et nutritionnels des personnes les plus menacées, le PAM a besoin de toute urgence de 5 milliards de dollars en 2021.

« Le prix de l’inaction est exponentiellement plus élevé », a mis en garde Tomson Phiri. Les 5 milliards de dollars destinés à l’atténuation de la famine représentent environ un tiers du total des besoins en ressources du PAM, soit 15 milliards de dollars pour 2021.

A noter qu’un ensemble de critères est retenu pour définir une situation de famine. Ils sont regroupés dans un « cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire » (IPC), qui est le standard utilisé par les Nations Unies.

L’IPC distingue cinq phases possibles dans la situation alimentaire d’un pays, la cinquième étant celle de « catastrophe/famine ». Quand plus de 20% de la population d’une région est en « catastrophe » et qu’une malnutrition aiguë touche plus de 30% de la population, l’état de famine est déclaré.

 

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