Tigré : 33.000 enfants sont en danger de mort imminent alors que le conflit accroît la menace de famine (UNICEF)

14 juin 2021

Au moins 33.000 enfants vivant dans des régions inaccessibles du Tigré, en Éthiopie, souffrent de malnutrition sévère et risquent de mourir s'ils ne reçoivent pas une aide immédiate. C’est le cri d’alarme lancé aujourd’hui par l’UNICEF, Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance.

 « Ces enfants font partie des plus de 2,2 millions d'habitants du nord de l'Éthiopie qui souffrent d'une insécurité alimentaire aiguë, dont au moins 140.000 au Tigré qui sont déjà confrontés à des conditions proches de la famine », a indiqué Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF dans un communiqué.

« Au cours du seul mois dernier, nous avons constaté une multiplication par quatre des admissions hebdomadaires d'enfants pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère », a-t-elle expliqué, relevant que l'UNICEF prévoit que 56.000 enfants de moins de cinq ans du Tigré devront être traités cette année pour malnutrition aiguë sévère, soit près de six fois plus que le nombre annuel moyen de cas dans la région. 

« Les taux de malnutrition chez les femmes enceintes et allaitantes sont constamment supérieurs à 40%, ce qui menace la vie des nouveau-nés et de leurs mères », a-t-elle ajouté. 

Pour aggraver les choses, la crise de la malnutrition dans la région a coïncidé avec des dommages importants aux systèmes et services essentiels dont dépendent les enfants pour leur survie. Des équipes mobiles de santé et de nutrition ont été attaquées et harcelées. Des installations sanitaires ont été pillées ou endommagées et la capacité de vaccination essentielle s'est arrêtée. De nombreux agents de santé n'ont pas repris le travail. La destruction des infrastructures hydrauliques a entraîné une pénurie extrême d'eau potable.

Ces développements pourraient conduire à des épidémies de maladies, « mettant les enfants mal nourris en danger de mort », a indiqué la Directrice exécutive. 
De plus, en raison de la surpopulation et des conditions insalubres, les sites accueillant des enfants et des familles déplacés sont particulièrement vulnérables à la transmission de maladies. 

Après examen, le médecin a fourni à Zinabu des médicaments, du sel de réhydratation et a consulté la mère sur la manière de gérer l'hygiène des enfants.
© UNICEF
Après examen, le médecin a fourni à Zinabu des médicaments, du sel de réhydratation et a consulté la mère sur la manière de gérer l'hygiène des enfants.

Services essentiels aux enfants dans le besoin

La situation catastrophique pourrait encore se détériorer et l'insécurité alimentaire s'aggraver au cours des prochains mois. L'UNICEF déploie tous ses efforts pour fournir à chaque enfant de la région des services essentiels en matière de santé, de nutrition, d'eau, d'assainissement, d'éducation et de protection. L’UNICEF travaille avec ses partenaires pour que tous les enfants souffrant de malnutrition sévère reçoivent un traitement salvateur avant qu'il ne soit trop tard. 

« Mais nous avons besoin de toute urgence d'un soutien financier renforcé de la part des donateurs pour étendre nos programmes essentiels pour les enfants au cours des prochains mois afin d'atteindre tous ceux qui en ont besoin », a dit Henrietta Fore. 

« Il est également impératif que les parties au conflit veillent à ce que les acteurs humanitaires, dont l'UNICEF, aient un accès libre et sûr sur le terrain afin d'éviter une famine généralisée et d'atteindre les personnes dans le besoin », a-t-elle ajouté, indiquant que « les équipes mobiles de santé et de nutrition doivent pouvoir accéder aux 21 districts difficiles à atteindre pour servir les enfants, et nous devons pouvoir mener en toute sécurité la prochaine campagne de vaccination contre la rougeole, la polio dans toutes les zones de la région du Tigré ».

La Directrice exécutive de l’UNICEF rappelle que « les parties au conflit ont l'obligation de protéger les enfants et de mettre fin aux attaques contre les civils et les infrastructures civiles, notamment les installations de soins de santé et d'approvisionnement en eau ».  

« Plus que tout, les enfants de la région et leurs familles ont besoin d'une cessation immédiate des hostilités afin qu'ils puissent obtenir en toute sécurité des services vitaux et commencer à reconstruire leur vie », a-t-elle conclu.

 

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