Ethiopie : plus d’un million de personnes assistées par le PAM au Tigré

1 juin 2021

En Ethiopie, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies a fourni une aide alimentaire d’urgence à plus d’un million de personnes depuis le début de ses distributions en mars dernier dans les zones nord-ouest et sud de la région du Tigré.

C’est une mère de famille de 43 ans qui est devenue, lundi, la millionième personne à recevoir du blé, des pois cassés et de l’huile végétale du PAM. Mère de sept enfants, Aster Beyene a perdu sa maison et ses cultures il y a deux mois à cause du conflit.

« Jusqu’à présent, j’ai dû compter sur le peu de nourriture que je pouvais obtenir de mes voisins. Au moins, maintenant, nous sommes soulagés de la faim dont nous souffrons », a déclaré Aster, originaire d’Adi Millen, un village rural isolé situé à 50 kilomètres de Shire, dans la zone nord-ouest.

Le PAM est responsable de l’aide alimentaire d’urgence dans les zones nord-ouest et sud du Tigré. Il a ainsi fourni de la nourriture aux 4.500 villageois, clôturant ainsi la première série de distributions de nourriture, qui aura lieu toutes les six semaines dans le Tigré.

Le PAM veut atteindre 2,1 millions de personnes

Depuis le mois d’avril, l’Agence onusienne a réussi à accéder aux 13 woredas (districts) du nord-ouest et à aider 885.000 personnes.

Les distributions du PAM ont commencé fin mars dans trois woredas de la zone Sud, où 168.000 personnes ont jusqu’à présent reçu des aliments d’urgence du PAM. Ce qui porte le total à 1,05 million de personnes. En mars, avant que le PAM ne soit affecté aux zones Nord-Ouest et Sud, le PAM avait déjà aidé 33.000 personnes dans la zone Est.

Sur le plan nutritionnel, le PAM a distribué 315.000 rations alimentaires d’urgence aux enfants et aux femmes dans 31 woredas depuis février. Pour le seul mois de mai, l’Agence onusienne a atteint près de 100.000 enfants et femmes enceintes ou allaitantes dans toutes les zones, à l’exception de la zone occidentale.

L’agence onusienne entend intensifier ses opérations pour atteindre 2,1 millions de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire dans pas moins de 70 woredas de la région éthiopienne du Tigré. Le PAM a donné cette semaine le coup d’envoi du deuxième cycle de six semaines d’aide alimentaire d’urgence.

Des personnes déplacées dans un centre de santé au Tigré, en Ethiopie.
© UNICEF/Mulugeta Ayene
Des personnes déplacées dans un centre de santé au Tigré, en Ethiopie.

L’accès, en particulier dans les zones rurales, reste le principal défi

Les opérations commencent par Korem et Ofla, deux des cinq nouveaux woredas de la zone méridionale récemment ajoutés aux zones opérationnelles du PAM. Au cours des premiers jours d’opération, le PAM prévoit ainsi d’aider environ 80.000 personnes sur une population cible de près de 200.000 personnes.

Au total, 5,2 millions de personnes, soit plus de 90% de la population du Tigré, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence en raison du conflit qui sévit depuis novembre dernier. En attendant les résultats d’une nouvelle étude de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) sur les niveaux de la faim dans le Tigré, le PAM est très préoccupé par le nombre de personnes qui ont besoin d’un soutien nutritionnel et d’une aide alimentaire d’urgence.

L’agence onusienne fait donc tout son possible pour atteindre 2,1 millions de personnes dans le besoin au cours des prochains mois. Mais le PAM estime que l’accès, en particulier dans les zones rurales, reste le principal défi.

Le PAM a besoin de 203 millions de dollars pour continuer à intensifier son intervention dans le Tigré afin de sauver des vies et des moyens de subsistance jusqu’à la fin de l’année.

Poursuite des violations des droits de l’enfant (UNICEF)

Les enfants du nord de l’Éthiopie ont un besoin urgent de protection et d’assistance, a alerté de son côté le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), ajoutant que plus de 6.000 enfants non accompagnés ou séparés ont jusqu’à présent été identifiés et enregistrés.

« Nous craignons qu’il y ait beaucoup plus d’enfants qui ont besoin d’aide dans des zones que nous ne pouvons pas atteindre en raison de l’insécurité ou des restrictions d’accès imposées par les parties au conflit », a déclaré dans un communiqué la Directrice exécutive de l’UNICEF, Henrietta Fore. Sur le terrain, la recherche et la réunification des familles sont entravées par le manque de télécommunications, la présence limitée de travailleurs sociaux et l’accès limité à travers les lignes de contrôle.

D’une manière générale, l’agence onusienne estime que l’ampleur et la gravité des violations des droits de l’enfant qui ont lieu dans tout le Tigré ne montrent aucun signe d’apaisement, près de sept mois après le début des combats dans le nord de l’Éthiopie. « Les partenaires de l’UNICEF continuent de signaler des arrestations et des détentions arbitraires », a ajouté Mme Fore.

Une façon de rappeler l’« anxiété et la détresse profondes » des enfants de cette région éthiopienne du Tigré. Les enfants, les parents et les soignants disent craindre des représailles ou des attaques. « Les adolescents redoutent d’être recrutés et utilisés par les parties au conflit », a mis en garde l’agence onusienne.

1,6 million de déplacés dont plus de 720.000 enfants

Par ailleurs, les femmes et les filles sont toujours « soumises à des actes de violence sexuelle effroyables ». Plus de 540 survivantes ont reçu de l’aide par le biais des programmes de l’UNICEF depuis le début des combats en novembre 2020. Mais sur place, le manque général de sécurité et la peur des représailles empêchent « un nombre incalculable de personnes » de recevoir les soins et les services dont elles ont besoin de toute urgence.

Selon l’UNICEF, au moins 1,6 million de personnes, dont plus de 720.000 enfants, ont été déplacées par les combats dans toute la région. L’Agence onusienne regrette les conditions de vie dans les sites de déplacement et les camps de réfugiés « surpeuplées. Des sites « insalubres et dangereux ». Ce qui, selon l’UNICEF, amplifie « les risques de violence sexiste, d’abus ou d’exploitation, et de maladies hydriques ».

« Une grande partie du Tigré reste inaccessible aux travailleurs humanitaires », a fait valoir Mme Fore. Depuis début avril, au moins 31 missions d’équipes mobiles de santé, de nutrition et d’eau soutenues par l’UNICEF et ses partenaires ont été bloquées, soit en raison de l’insécurité, soit parce qu’elles ont été harcelées et se sont vu refuser le passage.

Plus généralement, les enfants paient « un prix terrible à ce conflit ». L’agence onusienne appelle donc toutes les parties à respecter leur obligation fondamentale de permettre un accès sans entrave et durable aux civils ayant besoin d’aide, en particulier aux enfants.

« Par-dessus tout, nous appelons toutes les parties à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les enfants de la violence, de l’exploitation et des abus, et pour empêcher qu’ils ne soient séparés de leurs parents ou des personnes qui s’occupent principalement d’eux », a plaidé la cheffe de l’UNICEF.

 

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