Stimuler les investissements dans la nature pour lutter contre les crises climatiques, de biodiversité et de dégradation des terres

28 mai 2021

Les investissements annuels dans des solutions reposant sur la nature devront tripler d'ici 2030 et quadrupler d'ici 2050. Faute de quoi, le monde ne pourra lutter efficacement contre la triple menace des crises climatiques, de la biodiversité et de la dégradation des terres, affirme une nouvelle étude publiée sous l'égide de l’ONU.

Ces investissements sont aujourd’hui estimés à 133 milliards de dollars, la plupart provenant de sources publiques. Le rapport intitulé State of Finance for Nature appelle à augmenter ces investissements à 8.100 milliards de dollars d'ici 2050.

Sauver la nature maintenant

Selon Inger Andersen, la Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la perte de biodiversité coûtait déjà à l'économie mondiale 10% de sa production chaque année.

« Si nous ne finançons pas suffisamment les solutions fondées sur la nature, nous aurons un impact sur les capacités des pays à progresser dans d'autres domaines vitaux tels que l'éducation, la santé et l'emploi », a expliqué Mme Andersen. « Si nous ne sauvons pas la nature maintenant, nous ne pourrons pas parvenir à un développement durable », a-t-elle prévenu.

Le PNUE a produit ce rapport aux côtés du Forum économique mondial et de l'Initiative sur l'économie de la dégradation des terres (ELD), hébergés par l'agence de développement allemande GIZ en collaboration avec l’entreprise Vivid Economics.

Pour combler ce fossé en matière d’investissements, les partenaires appellent les gouvernements, les institutions financières et les entreprises à placer la nature au coeur de la prise de décision économique à l'avenir.

Cela nécessite une reconstruction plus durable après la pandémie de Covid-19, ainsi que d'autres mesures, telles que la réaffectation des subventions agricoles et des combustibles fossiles et la création d'autres incitations économiques et réglementaires.

Augmenter les capitaux privés

Bien que les investissements dans la nature favorise la santé de tous les êtres, améliore la qualité de vie et crée des emplois, ils ne représentent que 2,5% des dépenses de relance économique prévues après la pandémie. Par conséquent, les capitaux privés devront être augmentés pour combler le déficit d'investissement.

Des solutions telles que la gestion, la conservation et la restauration des forêts nécessiteront à elles seules quelque 203 milliards de dollars de dépenses annuelles totales dans le monde. Le rapport suggère de coupler les investissements dans la reconstruction avec le financement de la conservation, par exemple.

Le secteur privé a déjà développé plusieurs initiatives, mais les auteurs du rapport ont souligné la nécessité pour les entreprises et les institutions de s'engager à stimuler le financement et l'investissement, dans des solutions fondées sur la nature.

 

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