Arrestation des dirigeants de la transition au Mali : l’ONU et ses partenaires condamnent une « tentative de coup de force »

25 mai 2021

Les Nations Unies et leurs partenaires ont exprimé leurs profondes préoccupations concernant la situation au Mali après l’arrestation lundi des dirigeants civils de la transition.

Neuf mois après le dernier coup d’Etat au Mali, des militaires ont arrêté le Président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, et certains de leurs collaborateurs. Les deux dirigeants ont été amenés lundi soir au camp militaire de Kati à une quinzaine de kilomètres de la capitale Bamako.

« Cette action inconsidérée est lourde de conséquences pour le Mali et la région dans son ensemble », a déclaré, mardi, Olivier Salgado, le porte-parole de la MINUSMA, sur Twitter.

La mission onusienne cherche à obtenir dans les meilleurs délais l'accès à toutes les personnes actuellement détenues par les militaires à Kati « afin de s'assurer de leurs conditions de détention et d'obtenir des garanties quant au respect de leurs droits fondamentaux et des libertés qui y sont liées, tels que consacrés par le droit international des droits de l'homme », a dit le porte-parole.

Le chef de l’ONU profondément préoccupé

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonioo Guterres, ainsi que le Comité local de suivi de la transition - composé de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union Africaine (UA) et de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) - ainsi que la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne (UE), se sont déclaré profondément préoccupés par ces arrestations.

M. Guterres a appelé au calme et à la libération inconditionnelle des dirigeants de la transition. « Mon Représentant spécial travaille avec la CEDEAO, l'UA et les acteurs internationaux soutenant la transition politique en cours », a déclaré, mardi, le Secrétaire général de l’ONU sur Twitter.

Dans un communiqué conjoint publié le jour des arrrestations, les membres du Comité local de suivi de la transition ont fermement condamné « la tentative de coup de force » survenue à la suite de la publication du décret portant nomination des membres du gouvernement par le Président de la transition sur proposition du Premier ministre. Selon les informations rapportées par la presse, un désaccord sur les nominations seraient à l’origine des arrestations.

L’ONU et ses partenaires ont exigé la libération immédiate et inconditionnelle des deux dirigeants de la transition et souligné que les éléments militaires qui les détiennent seront tenus personnellement responsables de leur sécurité. Ils ont réaffirmé leur ferme soutien aux autorités de la transition et demandé que la transition reprenne son cours pour se conclure dans les délais prévus. « La communauté internationale rejette par avance tout acte imposé par la contrainte, y compris des démissions forcées », ont-ils assuré.

Une délégation de la CEDEAO mené par l’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan était attendue mardi à Bamako. Une visite saluée par les membres du Comité local de suivi de la transition qui ont demandé à tous les acteurs concernés d’« apporter leur pleine coopération aux efforts déployés en vue de la reprise immédiate du cours normal de la transition ». « L’action inconsidérée conduite (lundi) porte en elle le risque d’un affaiblissement de la mobilisation de la communauté internationale en faveur du Mali », ont-ils prévenu.

Le Ministre des affaires étrangères français, Jean-Louis le Drian, a annoncé, mardi, que Paris allait demander une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation au Mali.

 

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