Gaza-Israël : « Chaque jour sans cessez-le-feu est un jour avec plus de vies perdues »

19 mai 2021

Les Nations Unies ont appelé, mardi, à l’établissement d’une trêve humanitaire pour permettre à l’aide d’entrer dans la bande de Gaza.

L’ONU avait salué, mardi matin, l’ouverture par les autorités israéliennes du passage de Kerem Shalom afin que l’aide humanitaire puisse entrer dans la bande de Gaza. Quelques heures après sa réouverture, le point de passage avait été refermé en raison de tirs d’obus.

« Les hostilités doivent cesser », a déclaré le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, Mark Lowcock, dans un communiqué. M. Lowcok a appelé à l'ouverture durable du point de passage de Kerem Shalom pour l'entrée de fournitures d'urgence et humanitaires essentielles, y compris du carburant, et à l'ouverture du point de passage d'Erez pour permettre l'évacuation du personnel international non essentiel et l'entrée du personnel humanitaire international nécessaire.

Depuis le début de l’escalade le 10 mai, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a pu vérifier la mort de 213 Palestiniens, dont 62 enfants. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), plus de 58.000 personnes ont été déplacées par les hostilités à Gaza et nombre d’entre elles cherchent à s’abriter dans les écoles de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

« Le monde devrait être profondément préoccupé par la détérioration des conditions humanitaires à Gaza », ont déclaré, de leurs côtés, cinq experts des droits de l’homme indépendants de l’ONU. Ces derniers se sont déclarés alarmés par l’état du système de soins de santé à Gaza qui est « à plat ventre » et tente de soigner les plus de 2.000 Palestiniens blessés lors des dernières violences.

« Il n'y a pas d'endroit sûr à Gaza, où 2 millions de personnes ont été isolées de force du reste du monde, depuis plus de 13 ans », a déploré M. Lowcock. Pour le Coordinateur des secours d’urgence de l’ONU, toutes les parties au conflit doivent convenir d'une « pause humanitaire ». Un avis partagé par la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Henrietta Fore, qui a appelé dans un communiqué à l’établissement de corridors humanitaires.

« Une trêve humanitaire est absolument nécessaire maintenant. Cela ne peut pas attendre », a, pour sa part, déclaré Tamara Alrifai, la Directrice de la communication stratégique de l'UNRWA. « Chaque jour sans cessez-le-feu est un jour avec plus de vies perdues, plus de maisons et de moyens de subsistance détruits. C'est inacceptable », a-t-elle ajouté dans un communiqué publié par l’agence onusienne.

Ce dont a besoin l’ONU ? Un financement et un accès humanitaires

Dans l’immédiat, les Nations Unies plaident pour deux actions immédiates : un financement adéquat pour une réponse humanitaire rapide et un accès humanitaire à Gaza.

OCHA espère obtenir 14 millions de dollars du fonds humanitaire pour le territoire palestinien occupé. M. Lowcock a exhorté les bailleurs de fonds à alimenter financièrement ce fond sans délai. Le Coordinateur des secours d’urgence lancera ensuite avec le Secrétaire général de l’ONU un appel de fonds plus large.

L’autre besoin primordial est l'accès à Gaza. « Sans cela, la communauté humanitaire est incapable de répondre dans la mesure nécessaire », a prévenu M. Lowcock. « Les points de passage avec Gaza doivent être ouverts et rester en tant que tels pour l'entrée des fournitures essentielles et humanitaires, y compris du carburant pour les services de base et des fournitures pour freiner la propagation de la Covid-19 », a-t-il précisé. Pour OCHA, l'ouverture des points de passage assurera également la sortie des patients qui ont besoin de soins vitaux et l'entrée d'équipes chirurgicales spéciales d'urgence pour soigner les blessés.

Mardi, l’UNRWA avait indiqué ne pas avoir reçu d'approbation pour un tel accès humanitaire à Gaza bloqué depuis plus d’une semaine. « Il n'y a aucune raison d'empêcher l'accès et d'affaiblir l'assistance critique aux personnes les plus touchées dans Gaza », a déclaré le Commissaire-général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, sur Twitter. « Plus que jamais, une trêve humanitaire et un accès humanitaire doivent être accordés », a-t-il ajouté.

 

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