Le PAM fournit une aide immédiate aux familles prises dans l’urgence à Gaza

17 mai 2021

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU (PAM) a commencé à fournir une aide d’urgence à plus de 51.000 personnes dans le nord de Gaza, en réponse aux besoins humanitaires croissants des familles touchées par la récente escalade du conflit.

« Pour les personnes qui ont perdu ou fui leur maison, l’un des besoins les plus pressants en ce moment est la nourriture », a déclaré le Représentant du PAM en Palestine, Samer AbdelJaber.

En collaboration avec ses partenaires, le PAM fournit également une aide en espèces qui bénéficiera à la fois aux personnes sollicitant une aide pour la première fois et celles qui recevaient déjà une aide du PAM mais qui ont dû laisser leurs biens derrière elles et aller se réfugier chez des amis ou de la famille ailleurs.

« L’escalade militaire en cours a causé d’importantes souffrances et destructions », a fait valoir le PAM, qui lance « un appel pour une désescalade et une cessation immédiate des hostilités à Gaza et en Israël ».

Face à la détérioration de la situation sur le terrain, l’agence onusienne travaille actuellement avec ses partenaires pour renforcer la coordination et établir des protocoles. L’objectif est de déterminer les besoins d’aide alimentaire d’urgence pour les personnes cherchant à se mettre à l’abri dans les bâtiments des Nations Unies. 

La fermeture des points de passage vers Gaza redoutée

La plateforme électronique de bons d’alimentation du PAM est également utilisée par d’autres agences humanitaires pour fournir une aide non alimentaire et d’autres aides de base aux personnes touchées. 

« Le moyen le plus rapide et le plus efficace pour nous d’apporter une aide est l’argent liquide, sous forme de bons électroniques », a ajouté M. AbdelJaber. 

À Gaza, le PAM soutient régulièrement environ 260.000 personnes par le biais de transferts monétaires ou d’une assistance en espèces pour la nourriture, de rations alimentaires directes et de projets de soutien aux moyens de subsistance. 

La nourriture est disponible pour le moment et de nombreux magasins locaux sont encore ouverts, y compris ceux que nous avons déjà engagés pour notre soutien régulier par bons électroniques. 

Toutefois, le PAM redoute que la fermeture des points de passage vers Gaza puisse bientôt provoquer une pénurie de produits de base, notamment de denrées alimentaires. Un scénario qui pourrait faire grimper les prix des aliments. Les prix des produits frais sont déjà en hausse, car les agriculteurs ne peuvent pas accéder à leurs terres.

« Les habitants de Gaza vivent déjà au bord du gouffre et de nombreuses familles luttent pour mettre de la nourriture sur la table. Leur situation s’est encore détériorée au cours de l’année écoulée en raison des restrictions liées à la pandémie de Covid-19 », a alerté la Directrice régionale du PAM pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Corinne Fleischer. 

La moitié de la population de Gaza vit dans la pauvreté

Selon l’ONU, la majorité de la population ne peut pas résister à de nouveaux chocs et la situation actuelle pourrait déclencher « une crise qui pourrait s’étendre à toute la région ». D’autant que sur le terrain, plus des deux tiers des deux millions d’habitants de Gaza souffraient déjà d’insécurité alimentaire avant l’escalade actuelle du conflit.

La pauvreté et le chômage, les deux principaux moteurs de l’insécurité alimentaire dans la région, étaient déjà élevés avant l’apparition de la pandémie de Covid-19 et la récente détérioration des conditions de sécurité. Selon l’ONU, plus de la moitié de la population de Gaza (53%) vit dans la pauvreté et le taux de chômage est de 45%.

Face à cette urgence humanitaire, le PAM a besoin de plus de 31 millions de dollars supplémentaires pour pouvoir continuer à fournir une aide alimentaire régulière à plus de 435.000 personnes vulnérables à Gaza et en Cisjordanie au cours des six prochains mois. 

Pour répondre à la situation d’urgence actuelle, le PAM a besoin d’urgence de 14 millions de dollars pour pouvoir fournir une aide au cours des trois prochains mois à 160.000 personnes touchées à Gaza et à 60.000 personnes en Cisjordanie. Le PAM s’attend à ce que le nombre de personnes dans le besoin augmente encore.

Les tests et la vaccination contre la Covid-19 sévèrement touchés

De son coté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré lundi redouter que la récente escalade du conflit ait un impact sur toutes les vaccinations et tests Covid-19 dans l’enclave palestinienne, augmentant ainsi le risque d’une propagation du nouveau coronavirus.

« La récente escalade du conflit a provoqué des dizaines d’incidents impliquant des personnels soignants et des infrastructures de santé et qui plus est, les tests et la vaccination contre la Covid-19 ont été sévèrement touchés, ce qui crée des risques sanitaires pour le monde entier », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, lors du point de presse bi-hebdomadaire de l’OMS à Genève.

Dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, 332.668 cas confirmés de Covid-19 dont 3.696 décès ont été signalés. Et à la date du 26 avril 2021, un total de 412.678 doses de vaccin y ont été administrées. En Israël, l’OMS fait état de 839.118 cas confirmés dont 6.381 décès. Et un total de 10.444.666 doses de vaccin ont été administrées dans ce pays.

Protéger les infrastructures de santé

« La situation sanitaire est très préoccupante », a dit le chef de l’OMS, rappelant qu’au cours du week-end, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a averti que la situation dans le territoire palestinien occupé et en Israël pourrait potentiellement « déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable ».

Pour l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU, la protection des infrastructures médicales et des personnels de santé est un « impératif en toutes circonstances ». « Il est essentiel que les normes humanitaires internationales soient totalement respectées. En particulier, les travailleurs et les infrastructures de santé doivent toujours être protégés », a insisté le Dr Tedros.

L’OMS en appelle aux dirigeants de toutes les parties « à veiller au respect de ces lois humanitaires vitales ». « Toutes les attaques sur tout ce qui est lié à la santé doivent cesser immédiatement et l’accès aux soins doit être garanti », a souligné pour sa part le Directeur du programme de réponse d’urgence de l’OMS, Michael Ryan.

 

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